Verbe : prendre au piège, capturer à la manière d’un chasseur ; dans Mc 12, surprendre quelqu’un par ses propres paroles afin de pouvoir l’accuser.
ἀγρεύω appartient au vocabulaire de la capture. Dans Mc 12, ce verbe est appliqué aux paroles de Jésus : ses adversaires viennent pour le prendre dans un piège verbal. La logique du mot est très forte, car elle transforme la controverse en scène de chasse. Les pharisiens et les hérodiens ne viennent pas apprendre, mais capturer. Exégétiquement, cette nuance éclaire toute la scène. Les flatteries initiales ne sont pas de l’admiration, mais l’approche silencieuse du chasseur. La question sur l’impôt à César n’est pas un problème de conscience posé honnêtement ; elle est une tentative de provoquer une réponse exploitable, soit contre Rome, soit contre le peuple. Ainsi, ἀγρεύω met en lumière l’intention cachée. Le verbe ne décrit pas encore la faute de Jésus, mais le projet des autres. Cela est décisif pour lire correctement la péricope : avant même la réponse de Jésus, le lecteur sait que la question est viciée. Le mot travaille donc comme un révélateur de ruse. Jésus ne se contente pas de répondre intelligemment ; il déjoue une chasse. La sagesse de sa réponse prend alors toute sa force : elle n’évite pas seulement une difficulté, elle expose et neutralise un piège.
Dans l’univers biblique, la ruse des impies est souvent décrite par des images de piège, de filet, de fosse ou de chasse. Les psaumes et les proverbes montrent fréquemment les méchants tendant des filets aux justes. Cet arrière-plan éclaire très bien ἀγρεύω dans Mc 12. Même si le verbe est grec, la scène respire un imaginaire biblique familier : on cherche à faire tomber le juste par des paroles calculées. Le piège n’est pas physique, mais la logique reste la même. Les adversaires construisent un filet verbal. Le lecteur biblique reconnaît alors une constante de l’histoire du peuple de Dieu : la vérité n’est pas seulement contredite, elle est piégée. Jésus se tient dans cette ligne du juste contesté, mais avec une autorité supérieure. Le mot de vie tient dans ce renversement : ceux qui tendent un piège ne maîtrisent pas la vérité. Pour un lecteur moderne, ἀγρεύω rappelle que toutes les questions ne sont pas sincères. Certaines sont construites pour piéger, non pour comprendre. La Bible apprend à discerner cette différence sans perdre la vérité ni entrer soi-même dans la ruse.
Dans un usage moderne, « surprendre » peut avoir un sens léger ou presque positif. On peut surprendre quelqu’un par une bonne nouvelle ou par une remarque inattendue. ἀγρεύω, dans Mc 12, va beaucoup plus loin. Le mot évoque l’idée de prendre une proie au piège. La clarification est donc importante : les adversaires de Jésus ne cherchent pas un débat loyal, mais une faute exploitable. Ils fabriquent une situation fermée où toute réponse pourrait se retourner contre lui. Cela aide le lecteur moderne à éviter un contresens fréquent : penser que Jésus répond simplement à une question délicate sur la politique. En réalité, il répond dans un contexte de chasse verbale. Le verbe met à nu l’intention et rétablit la vraie lecture de la scène. Il rappelle aussi qu’une parole peut devenir un instrument d’attaque quand elle n’est plus au service de la vérité. Pour le lecteur contemporain, ἀγρεύω aide à repérer la différence entre une question difficile et une question piégée. Le texte montre alors non seulement la sagesse de Jésus, mais sa liberté. Il ne tombe pas dans la nasse fabriquée autour de lui ; il révèle la ruse, puis recentre tout sur Dieu.
Verbe de chasse détourné vers le langage : prendre quelqu’un dans un piège de paroles.
Dans Mc 12,13, ἀγρεύω signifie chercher à prendre Jésus au piège par ses paroles afin de pouvoir l’accuser.
Ne pas banaliser en « surprendre » seulement. Le mot comporte l’idée d’intention, de piège et de capture dirigée.
Le mot sert à montrer qu’une parole peut devenir terrain de chasse quand des adversaires cherchent non la vérité, mais la faute exploitable.
libérer ; parler franchement ; répondre sans ruse
piéger ; attraper ; tendre un piège ; capturer
surprendre / prendre au piège
Mc 12,13
G0064
agreuo
Le verbe doit être lu dans un cadre de piège verbal. Le co-texte de l’envoi des pharisiens et hérodiens, de la flatterie préparée et de la question sur César impose l’idée d’attraper Jésus dans ses paroles. Il ne s’agit pas d’une surprise neutre, mais d’une chasse argumentative. Le sens retenu est donc celui d’un guet-apens verbal destiné à produire une accusation.
- Mc 12,13–17 : le verbe garde une nuance de capture hostile. Les adversaires cherchent non une réponse vraie, mais une parole qu’ils pourront retourner contre Jésus.
Le mot active un registre de ruse, de conflit public et d’accusation. Il transpose l’univers de la chasse dans celui de la controverse religieuse et politique.