Passage principal pour le lien de Jean : Jn 10,10, à lire avec 10,9–11. Autres occurrences G2380 selon Lueur : Mt 22,4 ; Mc 14,12 ; Lc 15,23.27.30 ; Lc 22,7 ; Ac 10,13 ; Ac 11,7 ; Ac 14,13.18 ; 1Co 5,7 ; 1Co 10,20 (deux occurrences). Arrière-plan thématique AT : Ex 12,3–14, sans équivalence automatique entre codes hébreux et grecs.
G2380
Mettre à mort, notamment abattre un animal ; dans un cadre cultuel, immoler ou offrir en sacrifice. En Jean 10,10 : tuer, dans l’action destructrice du voleur, sans rite sacrificiel exprimé.
Dans l’univers biblique d’Israël, la mise à mort d’un animal peut appartenir à un repas ou à un rite, et ces cadres ne se confondent pas. Exode 12,3–14 décrit la première Pâque : chaque maison prépare un agneau ou un chevreau, l’animal est égorgé, son sang marque les portes et sa chair est mangée. Le récit rattache ces gestes à la délivrance et au mémorial de l’action de Dieu. Cet arrière-plan éclaire les passages où le Nouveau Testament parle d’immoler la Pâque, puis la formule de Paul : Christ, notre Pâque, a été immolé. La signification vient de cet ensemble, pas du seul fait de tuer un animal. Le veau préparé dans Luc 15 appartient, lui, à la joie d’un repas familial. En Jean 10, le voleur tue les brebis dans une image de destruction opposée au soin de Jésus. Ces distinctions évitent d’appeler sacrifice toute mise à mort. L’arrière-plan hébraïque éclaire les usages, sans imposer au verbe grec une racine hébraïque ni un sens religieux uniforme.
Le verbe thuō décrit une action de mise à mort, mais son cadre précise ce que cette action signifie. En Jean 10,10, il se trouve entre dérober et détruire. Le sujet est le voleur, opposé à Jésus qui vient donner la vie aux brebis. « Tuer », dans l’Ostervald, ou « égorger », dans la Segond, rend donc l’action destructrice de ce personnage. Rien dans cette phrase ne présente une offrande religieuse. En Luc 15, le père fait tuer le veau gras pour le repas qui célèbre le retour du fils : la finalité est le festin. En Marc 14,12, la mention de la Pâque situe au contraire le verbe dans un cadre rituel, d’où « immoler ». Paul reprend ce langage en disant que Christ, notre Pâque, a été immolé. Le sens sacrificiel existe donc réellement, mais il est sélectionné par ces passages. Le sujet, l’objet et la finalité restent les repères décisifs. Une même entrée lexicale peut ainsi rassembler plusieurs emplois sans leur donner partout la même portée.
Aujourd’hui, sacrifier peut signifier renoncer à des vacances, à du temps ou à un avantage personnel. Ce sens courant n’explique pas automatiquement thuō dans les textes bibliques. Le verbe renvoie ici à une mise à mort, qui peut être un abattage pour manger ou une immolation dans un rite. Le contexte permet de choisir les mots français. Dans Jean 10,10, « tuer » est clair : le voleur détruit la vie du troupeau, tandis que Jésus vient la donner en abondance. Traduire par « sacrifier » ferait apparaître une intention cultuelle que la phrase ne formule pas. Dans Marc 14,12, en revanche, la Pâque rend le sens d’immolation pertinent ; dans 1 Corinthiens 5,7, Paul l’applique explicitement au Christ. Le titre d’une fiche peut donc mentionner tuer et sacrifier, à condition de montrer où chaque sens convient. Cette distinction respecte aussi la scène du veau gras de Luc 15 : le père prépare un festin pour le fils retrouvé. Il n’est pas nécessaire d’en faire une offrande religieuse pour comprendre la générosité du repas.
En Jean 10,10, θύω appartient à la série « dérober, tuer et détruire » dans l’Ostervald. Le voleur s’en prend aux brebis ; Jésus vient leur donner la vie dans l’abondance. La Segond traduit ici « égorger ». Le mot exprime la mise à mort dans cette image pastorale, non une offrande à Dieu. « Sacrifier » reste un sens correct du même verbe ailleurs, lorsque le texte indique un cadre cultuel.
Le verbe traverse plusieurs univers concrets : préparation d’un repas, mise à mort dans l’image d’un troupeau, rite pascal et offrande cultuelle. En Jean 10,10, le registre est pastoral et destructeur ; dans les passages de Pâque, le cadre devient sacrificiel. Les acteurs, l’objet et la finalité donnent à l’action sa portée.
En Jean 10,10, garder le contraste entre le voleur qui ôte la vie et Jésus qui la donne ; le verset 11 parle du bon berger qui donne sa propre vie. Ne pas appeler l’action du voleur un sacrifice. Pour expliquer le sens sacrificiel de θύω, prendre un passage qui le porte explicitement, comme Marc 14,12 ou 1 Corinthiens 5,7, et distinguer ces contextes de Jean 10.
Tuer ; abattre ; égorger (selon le passage). Dans un cadre cultuel : immoler ; sacrifier ; offrir en sacrifice. Ces équivalents ne sont pas interchangeables dans tous les emplois.
Identifier d’abord qui tue, ce qui est mis à mort et le but indiqué dans la phrase. En Jean 10,10, la série dérober / tuer / détruire et l’image des brebis sélectionnent la lecture destructrice. En Luc 15, le festin explique l’abattage du veau. En Marc 14,12, la Pâque établit le cadre rituel ; en 1 Corinthiens 5,7, Paul nomme Christ comme notre Pâque. « Sacrifier » est donc un sens valide, mais ne doit pas être reporté sur chaque occurrence. Distinguer les traductions Ostervald contrôlées des équivalents fournis par la Segond balisée.
Ne pas lire « sacrifier à Dieu » dans Jean 10,10. Ne pas transformer le veau gras de Luc 15 en offrande cultuelle sans indication du récit. Inversement, ne pas effacer le cadre sacrificiel explicite de la Pâque ou de 1 Corinthiens 5,7. Ne pas attribuer au seul verbe une doctrine complète du sacrifice, ni assimiler tout sacrifice à un culte approuvé par Dieu.
θύω (G2380), verbe « tuer / sacrifier », se distingue de θυσία (G2378), nom « sacrifice ». Ne pas confondre non plus la mise à mort par le voleur (Jn 10,10), l’animal préparé pour un repas (Lc 15) et le sacrifice pascal (Mc 14,12). Le français « se sacrifier » au sens de renoncer à son confort n’est pas automatiquement le sens de ce verbe.
Le noyau de mise à mort reçoit sa précision du passage : abattre pour un festin (Lc 15), tuer dans une action prédatrice (Jn 10), immoler la Pâque (Mc 14 ; Lc 22), offrir un sacrifice (Ac 14 ; 1Co 10). En 1Co 5,7, Paul applique le langage de la Pâque au Christ. Ces emplois justifient la double entrée tuer / sacrifier, sans rendre les deux sens simultanés partout.