Accorder, pardonner
χαρίζομαι signifie faire grâce, donner librement, accorder, pardonner, avec l’idée d’un don gratuit enraciné dans la χάρις (grâce). Le verbe n’exprime pas simplement “donner” au sens neutre; il met en avant la gratuité et la bienveillance : on accorde sans exigence de paiement. Logiquement, le verbe est souvent utilisé pour parler du pardon : pardonner, c’est “faire grâce” à une offense, remettre une dette. Il peut aussi être utilisé pour parler de dons accordés par Dieu : Dieu accorde, fait grâce, donne. Le mot sert alors à structurer une logique de grâce : on ne reçoit pas parce qu’on mérite, mais parce que Dieu est bon. Dans les passages sur le pardon communautaire, χαρίζομαι met en évidence un modèle : comme Dieu a fait grâce, ainsi l’Église fait grâce. Le verbe relie donc vertical et horizontal : la grâce reçue devient grâce donnée. Il souligne aussi que le pardon n’est pas une simple émotion; c’est un acte : on remet, on accorde. Ainsi, χαρίζομαι est un verbe de relation restaurée : on ouvre une issue à partir de la grâce, et on change le statut d’une dette. En somme, le mot décrit un acte gracieux qui donne, remet et rétablit, à partir d’une bienveillance qui ne dépend pas du mérite.
La Bible décrit le pardon comme un acte d’alliance : Dieu couvre la faute, remet la dette, et restaure la relation. Dans l’AT, la grâce de Dieu se manifeste par le pardon et par la fidélité : Dieu pardonne parce qu’il est miséricordieux et fidèle à son alliance. La pensée sémitique comprend aussi la remise comme libération : remettre une dette, relâcher, libérer. Les images du jubilé et des dettes remises montrent que la grâce n’est pas abstraite : elle change la situation. Dans ce cadre, χαρίζομαι rejoint le langage de la bonté gratuite : accorder sans marchandage. Le NT centre cette grâce sur le Messie : Dieu fait grâce en Christ, et le peuple est appelé à vivre ce même mouvement de remise et de restauration. Ainsi, le verbe s’inscrit dans une logique biblique de réconciliation : la relation brisée est rétablie par un acte de grâce. Il rappelle aussi que la grâce n’est pas naïve : elle traite une offense réelle, mais elle ouvre une issue. Le mot résonne donc avec l’imaginaire d’alliance : pardon, remise, libération, et relation restaurée par la bonté de Dieu.
Aujourd’hui, “faire grâce” peut sembler archaïque, ou être confondu avec “excuser” comme si l’offense n’était pas réelle. χαρίζομαι, bibliquement, signifie plutôt accorder gratuitement et remettre une dette : l’offense est réelle, mais la relation est restaurée par grâce. Clarification : pardonner n’est pas nier; c’est remettre. Le mot aide aussi à comprendre le lien entre grâce de Dieu et pardon entre personnes : le NT fonde souvent le pardon horizontal sur le pardon reçu. En prédication exégétique, χαρίζομαι permet de décrire la dynamique : Dieu accorde, remet, et rétablit; puis la communauté est appelée à accorder, remettre, et rétablir. Cela corrige un contresens moderne : soit réduire le pardon à un sentiment (“je ne suis plus fâché”), soit le réduire à un oubli. Le verbe décrit un acte qui change le statut : la dette est remise. Ainsi, χαρίζομαι met en avant la gratuité active de la grâce : une bienveillance qui agit et qui restaure.
Accorder par grâce : donner gratuitement, faire grâce, pardonner (lié à charis).
Accorder gratuitement ; faire grâce ; pardonner.
Transformer la grâce en dû ; oublier que le pardon est enraciné en Christ.
Pardonner ; accorder une faveur ; remettre une dette.
réclamer, condamner
faire grâce, pardonner, accorder
didōmi (donner) : plus neutre ; aphiēmi (pardonner) : autre verbe
faire grâce
Col 2.13; Ep 4.32; Rm 8.32
G5483
χάρις
kha-RI-zo-maï
charizomai