🇬🇷

autrui — ἀλλότριος — allotrios

Sens (principal)

Adjectif : d’autrui, étranger, qui appartient à un autre ou qui relève d’une autre autorité.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

Dans les évangiles, ἀλλότριος (« d’autrui / étranger ») sert à marquer une frontière nette : ce qui n’appartient pas au même propriétaire, au même troupeau, ou à la même maison. La nuance n’est pas d’abord psychologique (“je me sens étranger”), mais relationnelle et objective : quelqu’un est “autre” parce qu’il n’est pas de ce groupe-là, ou parce qu’il vient d’ailleurs. Le mot fonctionne souvent par contraste implicite : les siens vs ceux d’autrui, la voix reconnue vs la voix étrangère, l’autorité légitime vs l’intrusion. La logique du passage contraint la lecture : l’adjectif qualifie ce qui ne doit pas être confondu avec ce qui est propre, sûr, ou donné par Dieu. Il peut signaler une menace (celui qui n’est pas le vrai berger) ou simplement l’altérité (quelqu’un qui n’est pas du même cercle). Le contexte précis décide si “autrui” est neutre ou négatif : présence d’un avertissement, d’une opposition, d’un appel à discerner. Dans ce cadre, la valeur du mot est de rendre visible une ligne de séparation : ce qui relève du bon ordre (les siens) et ce qui vient d’une autre source. La compréhension doit suivre le mouvement du texte, pas une définition générale.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans l’Ancien Testament, l’idée d’“étranger” ou de “ce qui est d’autrui” touche souvent l’alliance, l’appartenance et la fidélité. Le peuple appartient à l’Éternel, et ce qui est “étranger” peut désigner ce qui n’a pas droit de cité dans le sanctuaire, ce qui ne relève pas de l’ordre de Dieu, ou ce qui vient d’une autre allégeance. Sans forcer un écho précis, ce repère suffit : l’univers biblique pense en termes d’appartenance. On peut être “étranger” par origine, mais aussi parce qu’on sert d’autres dieux, d’autres voies, d’autres voix. Dans un contexte évangélique (berger, troupeau, maison), ἀλλότριος se laisse éclairer par cette logique : discerner ce qui vient de Dieu et ce qui vient d’ailleurs. L’arrière-plan AT n’est pas ici un décor, mais un repère de lecture : Dieu reconnaît les siens, et les siens apprennent à reconnaître sa voix. Si un rappel AT est utile, il reste bref : l’Écriture oppose souvent la parole de Dieu aux paroles étrangères, la vraie conduite à la conduite d’un autre maître. Le sens visé par le passage se comprend alors comme un appel à la distinction : ne pas traiter comme “propre” ce qui est “d’autrui”.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Aujourd’hui, “étranger” évoque facilement le ressenti (“je me sens étranger”) ou une catégorie sociale, et “d’autrui” peut paraître purement juridique. Le risque est de réduire ἀλλότριος à une impression intérieure, ou de le moraliser trop vite (“les étrangers = les méchants”). Or, dans le récit évangélique, le mot décrit d’abord une appartenance : est-ce de la même maison, du même troupeau, de la même autorité, ou non ? La clarification utile est donc : ici, “étranger” signifie “qui n’est pas du même ensemble”, et cela sert le discernement dans la scène. Selon le passage, cette altérité peut être simplement factuelle (quelqu’un qui n’est pas des nôtres) ou critique (une voix concurrente qui ne conduit pas vers Dieu). Le texte lui-même indique la tonalité par le contraste : suivre/éviter, écouter/fuir, reconnaître/ne pas suivre. La bonne lecture consiste à repérer ce qui est qualifié “d’autrui” et pourquoi : un discours, une autorité, une conduite. On reste exégétique : on n’ajoute pas une théorie générale sur les “étrangers”, on suit l’opposition construite par le passage. Ainsi, le mot ne parle pas d’abord d’émotions, mais d’origine et de fidélité : ce qui vient d’un autre et ne doit pas être reçu comme ce qui est donné par Dieu.

Courte description — (aide remplissage)

Adjectif d’altérité et d’appartenance. Le terme sert à marquer ce qui n’est pas « des siens », ce qui vient d’ailleurs ou dépend d’un autre maître.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans ses contextes néotestamentaires, le terme désigne ce qui n’est pas du bon troupeau, de la bonne maison ou de la juste possession. Il sert au discernement entre ce qui est propre et ce qui vient d’un autre.

Pièges lexicaux

Ne pas réduire le mot à une émotion de distance intérieure. Le terme parle d’abord d’origine, d’autorité ou de possession objective.

Usage biblique (mini)

Le mot sert à exprimer une altérité d’origine, de possession ou d’autorité. Il devient souvent un mot de discernement.

Antonymes / contrastes (FR)

propre ; des siens ; légitime ; fidèle

Synonymes / proches (FR)

étranger ; d’un autre ; qui appartient à autrui

À ne pas confondre avec…

Des termes désignant simplement le païen ou l’étranger ethnique. Ici, la nuance porte surtout sur l’appartenance à un autre.

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Narratif (objet / lieu / rôle)
Nature
Adjectif
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

autrui

Versets clés (liste)

Jn 10,5 ; Lc 16,12

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G0245

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Prononciation — (aide remplissage)

al-lo-tri-os

Translit. — NOYAU

allotrios

Vérifiable
Champs sémantiques
JusticeRoyaume
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Option A : simplement étranger / autre. Option B : ce qui appartient à un autre et ne doit pas être confondu avec ce qui est propre ou confié. Le co-texte permet de préciser la nuance : en Jean 10, il s’agit d’une voix étrangère qu’on ne suit pas ; en Luc 16, d’un bien appartenant à autrui. Le mot doit donc être lu à partir de la relation d’appartenance ou d’autorité visée. Il ne faut pas le psychologiser comme simple sentiment d’étrangeté.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Jn 10,5 : le mot désigne une voix étrangère que les brebis ne suivent pas. Le co-texte du berger, de la porte et de la reconnaissance de la voix fait ressortir une altérité d’autorité. - Lc 16,12 : la nuance porte sur un bien appartenant à autrui. Le contexte de gestion et de fidélité fait ressortir l’idée de possession non propre et de responsabilité confiée.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot active un registre d’appartenance, de possession et de discernement. Selon le passage, il touche soit à la voix qu’on ne doit pas suivre, soit au bien qui n’est pas le sien. L’univers du terme est donc relationnel et parfois quasi juridique : qui appartient à qui, et sous quelle autorité ?