Avoir faim; être affamé (manquer)
πεινάω signifie avoir faim, manquer de nourriture, et dans les évangiles le verbe sert à relier besoin réel et révélation. En Mt 4,2, la faim de Jésus situe la tentation : vulnérabilité corporelle → proposition de détour; le mot rend le test concret. En Mt 5,6, “avoir faim” de justice structure une béatitude : désir intense → promesse de satisfaction. En Jn 6,35, la faim devient métaphore orientée vers Jésus : celui qui vient n’aura pas faim; le terme permet un déplacement du besoin physique vers la foi. πεινάω fonctionne donc comme moteur : ce que l’on cherche pour combler la faim révèle où l’on met sa confiance.
L’arrière-plan biblique associe faim/faim de Dieu : le peuple a faim au désert et apprend la dépendance; la Parole nourrit. Chercher la justice, c’est désirer la volonté de Dieu et son règne. L’image : Dieu rassasie ceux qui viennent à lui, pas ceux qui se suffisent.
On moralise la faim (comme vertu) ou on la spiritualise en oubliant le concret. Peinaō est d’abord un besoin réel, utilisé ici comme image : désirer la justice comme on désire la nourriture. Clarification : ce n’est pas un simple intérêt intellectuel, mais une faim profonde que Dieu promet de rassasier.
Avoir faim / souffrir la faim : besoin physique; parfois image du besoin spirituel. (Mt 5,6)
Dans Mt 5,6, la faim (et soif) de justice décrit un désir profond de la volonté de Dieu : ceux qui la recherchent seront rassasiés par Dieu.
Bien distinguer faim physique vs désir spirituel (Mt 5,6). Ne pas moraliser la faim : la Bible la présente aussi comme détresse réelle.
Littéral : Jésus a faim (Mt 4,2). Éthique/spirituel : faim et soif de justice (Mt 5,6). Compassion : nourrir les affamés (Mt 25).
être rassasié
avoir faim; être affamé; manquer
limos (famine) : autre terme; dipsaō (avoir soif) : parallèle fréquent.
avoir faim
Mt 4,2; Mt 5,6; Jn 6,35
G3983
lié à penēs (pauvre) selon lueur (idée de manque)
pi-nah’-o
peinaō
Le co-texte précise le sens : en Mt 4,2 (désert, jeûne), c’est une faim physique réelle. En Mt 5,6, l’objet “justice” impose une image : désir profond d’être ajusté à Dieu. Donc ne pas traduire automatiquement par “manquer de nourriture”. Règle : regarder l’objet (pain/justice) et le cadre narratif (désert/enseignement) pour choisir le sens.
- Mt 25,31–46 — “avoir faim” (G3983) : la faim est un besoin concret des plus petits, critère de miséricorde au jugement. L’indice est la liste faim/soif/étranger/nu. - Mt 25,31–46 — Option A (faim = métaphore spirituelle) / Option B (faim = besoin matériel réel) : le co-texte tranche vers B : les actions demandées sont tangibles (donner à manger), donc l’enjeu est la compassion concrète.
Registre besoin/désir : le mot décrit une privation physique (faim) ou, selon contexte, un désir intense orienté vers une réalité morale/spirituelle (“faim de justice”). Dans Matthieu, les deux apparaissent (désert, Béatitudes). Le registre peut donc être corporel (manque) ou éthique (aspiration).