Mt 4,2; Mt 5,6; Jn 6,35
G3983
Avoir faim; être affamé (manquer)
L’arrière-plan biblique associe faim/faim de Dieu : le peuple a faim au désert et apprend la dépendance; la Parole nourrit. Chercher la justice, c’est désirer la volonté de Dieu et son règne. L’image : Dieu rassasie ceux qui viennent à lui, pas ceux qui se suffisent.
πεινάω signifie avoir faim, manquer de nourriture, et dans les évangiles le verbe sert à relier besoin réel et révélation. En Mt 4,2, la faim de Jésus situe la tentation : vulnérabilité corporelle → proposition de détour; le mot rend le test concret. En Mt 5,6, “avoir faim” de justice structure une béatitude : désir intense → promesse de satisfaction. En Jn 6,35, la faim devient métaphore orientée vers Jésus : celui qui vient n’aura pas faim; le terme permet un déplacement du besoin physique vers la foi. πεινάω fonctionne donc comme moteur : ce que l’on cherche pour combler la faim révèle où l’on met sa confiance.
On moralise la faim (comme vertu) ou on la spiritualise en oubliant le concret. Peinaō est d’abord un besoin réel, utilisé ici comme image : désirer la justice comme on désire la nourriture. Clarification : ce n’est pas un simple intérêt intellectuel, mais une faim profonde que Dieu promet de rassasier.
Dans Mt 5,6, la faim (et soif) de justice décrit un désir profond de la volonté de Dieu : ceux qui la recherchent seront rassasiés par Dieu.
Registre besoin/désir : le mot décrit une privation physique (faim) ou, selon contexte, un désir intense orienté vers une réalité morale/spirituelle (“faim de justice”). Dans Matthieu, les deux apparaissent (désert, Béatitudes). Le registre peut donc être corporel (manque) ou éthique (aspiration).
Pour enseignants : tenir ensemble le sens concret (secourir les affamés, Mt 25) et le sens spirituel (désirer la justice). Application : prier pour un “appétit” de Dieu et agir envers les besoins matériels.
avoir faim; être affamé; manquer
Le co-texte précise le sens : en Mt 4,2 (désert, jeûne), c’est une faim physique réelle. En Mt 5,6, l’objet “justice” impose une image : désir profond d’être ajusté à Dieu. Donc ne pas traduire automatiquement par “manquer de nourriture”. Règle : regarder l’objet (pain/justice) et le cadre narratif (désert/enseignement) pour choisir le sens.
Bien distinguer faim physique vs désir spirituel (Mt 5,6). Ne pas moraliser la faim : la Bible la présente aussi comme détresse réelle.
limos (famine) : autre terme; dipsaō (avoir soif) : parallèle fréquent.
- Mt 25,31–46 — “avoir faim” (G3983) : la faim est un besoin concret des plus petits, critère de miséricorde au jugement. L’indice est la liste faim/soif/étranger/nu. - Mt 25,31–46 — Option A (faim = métaphore spirituelle) / Option B (faim = besoin matériel réel) : le co-texte tranche vers B : les actions demandées sont tangibles (donner à manger), donc l’enjeu est la compassion concrète.