Nom : captivité, état d’asservissement ou de déportation dans lequel une personne est emmenée ou retenue prisonnière.
αἰχμαλωσία désigne la captivité, c’est-à-dire l’état d’être emmené ou retenu prisonnier. Dans Apocalypse 13,10, le terme n’est pas utilisé pour développer une image vague d’oppression, mais pour formuler une règle de jugement dans un contexte de violence impériale. Exégétiquement, cela est décisif. Le mot entre dans une construction frappante : celui qui mène en captivité ira en captivité. La logique du passage repose donc sur une réversibilité du mal exercé. Le terme garde une base très concrète : captivité, déportation, perte de liberté. Mais il est inséré dans une parole qui soutient la persévérance des saints. Le texte ne cherche pas d’abord à analyser les mécanismes politiques ; il affirme que la violence ne demeure pas hors jugement. Il faut éviter deux erreurs : spiritualiser la captivité jusqu’à lui faire perdre sa dureté concrète, ou au contraire oublier que l’Apocalypse l’emploie dans une parole théologique de rétribution. Ainsi, αἰχμαλωσία devient un mot de domination subie ou infligée, replacé sous la justice de Dieu. Il rend visible la gravité du mal et, en même temps, la certitude que ce mal n’échappe pas au jugement. Le terme sert donc autant la description de l’oppression que l’assurance du juste retour de mesure.
L’arrière-plan biblique de la captivité est celui de l’exil, de la déportation et de la domination étrangère. Dans l’Ancien Testament, la captivité n’est pas une image légère : elle signifie la perte de liberté, l’humiliation du peuple et parfois le jugement de Dieu dans l’histoire. Cet horizon éclaire profondément Apocalypse 13,10. Le lecteur biblique entend dans ce mot tout le poids des peuples emmenés, dispersés, soumis à des puissances hostiles. Pourtant, la Bible montre aussi que Dieu n’oublie ni les captifs ni les oppresseurs. Il juge les empires, limite leur arrogance et garde les siens au milieu de l’épreuve. Ce repère est précieux pour comprendre la tonalité du passage : la captivité fait partie du réel douloureux que subissent les saints, mais elle n’échappe pas au regard de Dieu. Pour un lecteur moderne, cela empêche de banaliser le terme. La captivité biblique parle de domination concrète, historique, collective, et non d’un simple malaise intérieur. Ainsi, αἰχμαλωσία, dans l’univers de l’Apocalypse, rejoint la mémoire longue des oppressions supportées par le peuple de Dieu et replacées sous la justice souveraine du Seigneur.
Pour un lecteur moderne, la captivité peut évoquer soit un épisode lointain de guerre, soit une métaphore psychologique un peu floue. Le texte d’Apocalypse 13,10 demande davantage de précision. αἰχμαλωσία désigne la captivité réelle : être conduit prisonnier, tomber sous la domination d’un pouvoir violent. La clarification utile est donc de ne pas édulcorer le mot. En même temps, le verset ne se contente pas de décrire un malheur ; il inscrit la captivité dans une formule de jugement qui révèle que la violence exercée revient sur l’oppresseur. Un contresens fréquent serait de lire le passage comme une simple loi mécanique de vengeance. Le texte parle plutôt d’une justice divine qui encadre l’histoire et soutient l’endurance des saints. Un autre contresens serait de transformer la captivité en symbole purement intérieur. L’Apocalypse garde ici toute la dureté concrète de la domination subie. Ainsi, αἰχμαλωσία aide le lecteur à entendre la gravité de l’oppression et, en même temps, la certitude que Dieu n’abandonne pas son peuple au triomphe définitif de la violence. Le terme met donc ensemble réalisme du mal et espérance judiciaire.
Nom désignant la captivité ou le fait d’être emmené prisonnier. Dans Apocalypse 13, le mot sert dans une formule de jugement qui souligne la réciprocité du mal exercé.
Dans Apocalypse 13,10, la captivité désigne la destinée de celui qui pratique l’oppression. Le terme sert à affirmer que la domination violente n’échappera pas au jugement.
Ne pas adoucir le mot en simple image de difficulté. Ne pas non plus perdre la logique de rétribution présente dans Apocalypse 13,10.
Le mot sert à parler d’un état d’asservissement ou du fait d’être conduit prisonnier. Dans l’Apocalypse, il devient un mot de jugement et de persévérance.
libération ; délivrance ; relâche
captivité ; détention ; déportation
Le simple fait de demander ou de choisir : ici, le mot parle de captivité subie ou infligée, non d’une décision ou d’une requête.
captivité
Ap 13,10
G0161
αἰχμαλωσία
aï-kh-ma-lo-si-a
aichmalosia
Option A : captivité comme état ou destin de prisonnier. Option B : image générale de domination. En Apocalypse 13,10, le co-texte fait préférer l’option A, car le mot entre dans une formule solennelle de rétribution : celui qui mène en captivité va en captivité. Le passage met en avant la logique de jugement et de retour de mesure. Le terme doit donc être lu dans le cadre de l’endurance des saints face à une domination violente.
- Ap 13,10 : le terme entre dans une formule de jugement qui vise l’oppresseur. Le co-texte de persécution et d’endurance fait ressortir une captivité concrète replacée sous la justice de Dieu. - La nuance dominante n’est donc pas seulement l’état du prisonnier, mais la logique du retour de mesure : la violence exercée mène elle-même à la captivité.
Le mot active un registre de domination, de violence et de jugement. Il appartient à l’univers des empires oppressifs, de la contrainte imposée et de la mesure qui revient sur l’oppresseur. Dans l’Apocalypse, ce registre soutient l’appel à la persévérance des saints.