tristesse; chagrin; affliction (douleur intérieure)
λύπη signifie tristesse, peine, affliction intérieure. Dans Lc 22,45, Luc précise que les disciples sont “endormis de tristesse”. Le mot n’est donc pas un diagnostic psychologique inventé : il est donné par le texte pour expliquer leur état. Exégétiquement, λύπη relie la faiblesse (sommeil) à une cause : la tristesse pèse au point d’éteindre la vigilance. Cela éclaire l’exhortation répétée de Jésus à prier : le danger n’est pas seulement externe (arrestation), il est interne (accablement). Le terme fonctionne aussi comme contraste narratif : Jésus est en agonie et prie; les disciples, sous le poids de la tristesse, s’endorment. Luc montre ainsi une dissymétrie : Jésus veille, eux fléchissent. La logique du passage n’est pas de condamner sans nuance, mais de révéler le besoin de vigilance dans l’épreuve. λύπη devient alors un élément de la scène : elle explique le comportement des disciples et accentue l’isolement de Jésus dans la prière. Le mot s’inscrit dans une théologie de l’épreuve : la tristesse peut devenir un lieu de tentation (cesser de prier, s’abandonner), d’où l’ordre de veiller et de prier.
La Bible connaît la tristesse comme expérience réelle du cœur, souvent liée à l’épreuve, à la peur ou à la perspective de perte. Les Psaumes décrivent la “lourdeur” de l’âme, la nuit de l’affliction, et la tentation de se taire plutôt que de crier à Dieu. La pensée sémitique ne nie pas la tristesse; elle la met en relation avec la prière : on déverse son cœur devant Dieu. Dans Luc 22, les disciples sont accablés, et leur tristesse se traduit par le sommeil, ce qui rappelle un motif biblique : quand le cœur est lourd, la vigilance fléchit. Le contraste avec Jésus renvoie à une autre dynamique biblique : le juste en détresse prie, il lutte devant Dieu et s’en remet à sa volonté. Ainsi, λύπη, dans ce passage, n’est pas seulement émotion; elle devient un enjeu spirituel : la tristesse peut enfermer, ou conduire à chercher Dieu. Luc montre que, dans l’heure de l’épreuve, la tristesse des disciples les rend vulnérables, tandis que la prière de Jésus demeure le lieu d’obéissance.
Dans une lecture moderne, “tristesse” peut être psychologisée ou au contraire minimisée (“ils sont juste fatigués”). Luc la nomme explicitement : endormis de tristesse. Clarification : le texte ne demande pas de juger moralement une émotion, mais de voir comment l’accablement affecte la vigilance. Pour la prédication exégétique, λύπη aide à lire la scène : la tristesse explique le sommeil, et le sommeil expose à la tentation, d’où la répétition de l’appel à prier. On reste dans le récit : Jésus lutte dans la prière, les disciples fléchissent, et le texte révèle la fragilité humaine dans l’heure de la passion. Cela permet de comprendre la tension sans faire une application thérapeutique : l’enjeu est l’obéissance et la vigilance au moment où l’histoire du salut se joue.
Nom : tristesse / chagrin / peine (douleur intérieure). Le co-texte précise si c’est une affliction, un deuil, ou une tristesse liée à la repentance.
Dans le passage, λύπη désigne une tristesse/peine ressentie. Le co-texte précise si elle est liée à une perte, à une épreuve, ou à une repentance.
Le co-texte précise : tristesse ‘selon Dieu’ (repentance) vs tristesse ‘selon le monde’. Ne pas moraliser toute peine.
Utilisé pour la peine/tristesse ressentie; selon les textes, peut être opposé à la joie/consolation, ou distingué (tristesse “selon Dieu” qui mène à la repentance vs tristesse “selon le monde”).
joie; consolation
tristesse; chagrin; peine; affliction
πένθος (deuil) : autre terme; κλαίω (pleurer) : geste visible; λύπη = peine intérieure.
tristesse
Jn 16,20-22; 2 Co 7,10; 1 P 1,6
G3077
λύπη
lupe
Nom : tristesse/chagrin. L’indice est la cause (perte, péché, repentance). Ne pas confondre avec ‘peur’ ou ‘colère’. Parfois, le NT distingue une tristesse selon Dieu (qui conduit à la repentance) d’une tristesse du monde (qui mène à la mort). Lire le contexte avant de qualifier.
- Peut être une tristesse ‘selon Dieu’ (qui mène à la repentance) ou ‘selon le monde’ (qui mène à la mort), selon le co-texte. - Peut aussi être une peine liée à une épreuve, transformée en joie par la promesse (Jn 16).
Registre émotion/cœur : douleur intérieure, peine. Dans les lettres, peut être pastoral (peine) ou spirituel (tristesse conduisant à repentance).