Même si; quand bien même (conjonction).
La conjonction κἄν (contraction de καὶ + ἐάν) signifie « même si », « quand bien même ». Logiquement, elle introduit une concession : une condition est posée, mais elle est déclarée incapable de changer l’affirmation principale. La structure est donc : même si X arrive, Y demeure. Dans Mc 14,29, cette tournure sert à exprimer une détermination comparée : Pierre se distingue des autres et affirme une fidélité qui tiendra même si tous tombent. Le mot construit ainsi une parole absolue, en installant un scénario extrême pour renforcer l’engagement. Dans la logique narrative, cela prépare une tension : plus l’affirmation est forte, plus la chute, lorsqu’elle survient, devient parlante. κἄν devient donc un outil rhétorique : il met à nu l’assurance de soi et la comparaison. Le co-texte reste le garde-fou : on doit repérer la proposition conditionnelle et le contraste qu’elle crée avec la proposition principale. Selon le passage, la concession peut exprimer une vraie fidélité ou une bravade. Ici, la suite du récit oriente vers une confiance mal placée. Ainsi, κἄν ne porte pas une théologie par lui-même, mais il organise la logique de l’énoncé : il montre ce que l’orateur estime « non négociable », et il clarifie la force de sa déclaration. Dans Marc, ce petit mot contribue donc à révéler un cœur : une parole de fermeté qui sera ensuite confrontée à la réalité, ouvrant la voie à une compréhension plus humble de la fidélité et de la grâce.
L’Écriture connaît des tournures concessives qui expriment une loyauté proclamée malgré un scénario adverse : « même si… ». Dans les Psaumes, on voit parfois une confiance déclarée malgré la menace. Mais l’Ancien Testament connaît aussi le danger de la confiance en soi : l’homme promet plus qu’il ne peut tenir, puis il tombe. Dans ce contexte, κἄν dans la bouche de Pierre éclaire une tension biblique. Pierre exprime une fidélité absolue, mais le récit va montrer que la force humaine est fragile. La pensée biblique rappelle que la fidélité véritable est fondée sur Dieu, pas sur une bravoure personnelle. L’arrière-plan du juste dépendant de Dieu, qui crie vers l’Éternel dans l’épreuve, contraste avec une assurance qui se compare aux autres. « Même si tous… moi non » révèle une logique de distinction. Cela rejoint une sagesse biblique : l’orgueil précède la chute. Pour un lecteur occidental moderne, ce repère est éclairant, car il évite de lire la scène comme un simple défaut de caractère. Le récit expose une réalité spirituelle : l’homme peut aimer Jésus sincèrement et pourtant surestimer ses forces. La tournure concessive rend la lecture nette : Pierre se construit un scénario et s’y voit victorieux. La suite montrera que la fidélité réelle passe par une humilité, une vigilance, et une dépendance. Ainsi, κἄν devient un petit marqueur qui met en lumière une leçon biblique constante : la loyauté proclamée doit être portée par Dieu, sinon elle se brise. Le texte prépare donc une restauration : après l’échec, Pierre apprendra un autre type de fidélité, enracinée dans la grâce.
Un lecteur moderne comprend « même si » comme une formule de détermination admirable : « quoi qu’il arrive, je tiendrai ». La clarification, dans Mc 14, est que κἄν sert à révéler une assurance comparée : Pierre se distingue des autres disciples et affirme une fidélité supérieure. Le texte ne s’arrête pas à la forme de la phrase; il la confronte à la réalité. Un contresens moderne serait donc de transformer cette déclaration en modèle de courage. Le récit la présente plutôt comme une confiance mal évaluée. Un autre contresens serait de lire la chute de Pierre comme une simple hypocrisie. L’Évangile montre plutôt une fragilité humaine : on peut vouloir bien faire et s’effondrer sous pression. Pour aujourd’hui, la clarification reste exégétique : repérer que κἄν introduit une concession extrême, puis observer la fonction narrative : préparer le contraste entre la parole et l’événement. Ce mot souligne aussi un mécanisme moderne : l’identité construite par comparaison (« même si tous… ») est instable. La scène invite à une lecture plus humble de la fidélité. La vraie persévérance ne dépend pas seulement d’une promesse, mais d’une vigilance et d’une dépendance envers Dieu. κἄν, ici, ne sert pas à faire de la grammaire. Il sert à exposer le cœur : une détermination affichée qui sera éprouvée. Le texte n’humilie pas Pierre pour le plaisir; il prépare une restauration, où la fidélité sera moins une bravade et plus une réponse à la grâce. Lire ce petit mot avec cette logique rend la scène plus claire et plus vraie.
Dans le passage de Marc, κἂν introduit une concession : il marque « même si », soulignant que la condition hypothétique n’altère pas la certitude de la déclaration suivante.
Dans Marc, κἂν introduit une condition concessive : “même si…”, selon la phrase.
N/A : mot-outil; éviter sur-interprétation.
Marque une concession conditionnelle dans une phrase.
même si; quand bien même
même si
Mc 14,29 (proche, selon occurrence)
G5151
kan
Conjonction conditionnelle : “même si”. Règle : repérer la proposition conditionnelle et le contraste (déclaration qui tient malgré…).
Souvent met en relief un contraste entre parole et réalité (si c’est Pierre).
Registre argument/engagement : exprime une concession (“même si…”). Dans Marc, peut souligner une détermination proclamée (ex. Pierre) ou un enseignement.