tuer; assassiner; commettre un meurtre
Dans les évangiles, φονεύω (“tuer”, “commettre un meurtre”) renvoie à l’acte de mettre à mort, avec une tonalité morale et juridique : il s’agit du meurtre, pas d’une simple “mort” neutre. La logique du passage contraint la nuance : le verbe apparaît souvent en lien avec le commandement (“tu ne tueras point”) et dans des enseignements où Jésus va à la racine : la violence commence dans le cœur (colère, mépris). Exégétiquement, φονεύω sert donc à relier acte extérieur et disposition intérieure. Le mot est net : tuer est interdit. Mais Jésus montre que l’interdit ne vise pas seulement à éviter un acte final ; il vise à purifier les sources. La nuance utile est donc : meurtrir jusqu’à la mort, ôter la vie injustement. Pour comprendre, il faut suivre le co-texte : le passage traite-t-il de jugement, de colère, de réconciliation, de complot ? Dans les récits de passion, le verbe peut aussi éclairer la décision des autorités : elles cherchent à tuer. Là, le mot révèle la gravité : on vise la mort du juste. Exégétiquement, φονεύω met le lecteur devant une frontière : la vie humaine a une valeur donnée par Dieu, et l’acte de tuer est un affront. Le verbe sert à rendre l’enseignement concret : la justice de Dieu ne s’arrête pas au geste, elle concerne le cœur. Le lecteur doit donc entendre la continuité : meurtre et mépris appartiennent à une même logique de destruction. Mais il faut aussi respecter la différence : colère n’est pas meurtre, mais elle en est une racine possible. Ainsi, φονεύω devient un repère d’éthique du royaume : la vie est sacrée, et le disciple est appelé à une justice plus profonde que l’absence de crime. Le mot est dur, pour rendre la limite claire et appeler à la réconciliation et à la paix.
Dans l’Ancien Testament, l’interdit de tuer est central : “tu ne commettras pas de meurtre” protège la vie, parce que l’homme est créé à l’image de Dieu. Le repère principal est simple : la vie appartient à Dieu, et l’homme n’a pas le droit d’ôter la vie injustement. L’AT distingue aussi meurtre et autres cas (guerre, jugement), mais le commandement vise la violence injuste. Ce repère éclaire φονεύω : le verbe renvoie à cette interdiction d’alliance. L’AT montre également que Dieu juge le sang versé : le meurtre crie vers Dieu, et la justice est demandée. Si un écho est utile, il reste bref : la valeur de la vie et la condamnation du sang innocent. Ainsi, quand Jésus reprend le commandement, il s’inscrit dans cette continuité, mais il le radicalise en visant le cœur : colère et mépris sont déjà une rupture de l’esprit du commandement. L’exégèse reste sobre : on suit l’enseignement, mais l’arrière-plan AT donne la gravité : tuer n’est pas seulement un acte social, c’est une offense à Dieu et à son image. Et la vocation du peuple est la paix et la justice. φονεύω devient donc un repère d’univers biblique : protection de la vie, justice pour le sang innocent, et appel à une droiture qui commence dans le cœur. Le royaume de Dieu s’oppose à la logique de mort ; il appelle à la réconciliation et à la vie.
Pour un lecteur moderne, “tuer” peut être compris en termes pénaux, mais on peut aussi chercher des exceptions, des débats d’éthique. Le risque est de se perdre dans des cas limites et de manquer le point du passage évangélique. La clarification utile est : φονεύω désigne le meurtre, l’acte injuste d’ôter la vie, et Jésus s’en sert souvent pour aller au cœur : la violence commence dans les dispositions intérieures. Exégétiquement, cela signifie que la justice du royaume ne se réduit pas à “ne pas commettre un crime”. Elle vise une transformation du cœur : colère, insultes, mépris sont déjà une logique de mort. Cela évite un contresens moderne : croire que Jésus parle seulement de droit pénal. Il parle d’éthique profonde. On reste descriptif : le passage appelle souvent à la réconciliation, à réparer rapidement, à éviter l’escalade. Ainsi, φονεύω sert de borne : voilà le terme final de la violence. Et Jésus dit : ne va pas jusque-là ; arrête-toi à la racine. Pour le lecteur moderne, c’est une parole très actuelle : la violence n’est pas seulement physique, elle peut être verbale et intérieure, et elle détruit. Mais on garde la sobriété exégétique : le texte ne confond pas insultes et meurtre ; il montre une continuité de logique. Le royaume appelle à une paix active. φονεύω, par sa force, rend la valeur de la vie visible et rappelle que la vocation du disciple est de choisir la vie, la vérité, et la réconciliation.
tuer
G5407
phoneuo