🇬🇷

respect — ἐντρέπω — entrepo

Sens (principal)

Verbe : avoir égard, respecter, être repris par la honte ou se laisser toucher moralement.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

Le verbe affiché sur cette fiche (ἐντρέπω / ἐντρέπομαι) porte l’idée de “respecter”, “avoir égard”, “éprouver de la honte” ou “se laisser toucher”, selon la construction. Logiquement, il décrit un mouvement intérieur face à quelqu’un : on se retient, on change d’attitude, on renonce à mépriser, parce qu’on reconnaît un poids moral. Dans une argumentation, ce verbe sert souvent à marquer un point de bascule : au lieu de persister dans l’indifférence, on “a du respect” (ou on “a honte”) et on réagit autrement. Le grec est sensible au co-texte : selon la phrase, l’accent peut tomber sur (A) la honte qui ramène à la réalité, (B) l’égard envers une personne, ou (C) le fait d’être impressionné au point de se corriger. Le garde-fou est de ne pas confondre ce verbe avec une simple politesse. Il concerne une réponse morale : reconnaître une autorité, une dignité, ou une vérité qui oblige. Ainsi, dans un récit ou une parabole, il peut décrire l’attente qu’un auditeur “respecte” enfin un envoyé, ou qu’une personne “se laisse reprendre”. La logique de ce verbe met alors en lumière un enjeu : le problème n’est pas seulement l’information reçue, mais la disposition du cœur. En ce sens, ἐντρέπω fonctionne comme un indicateur de conscience : le texte montre qu’il existe un moment où l’on devrait être touché, s’arrêter, et changer. Cela rend la lecture plus fine : on repère la dynamique intérieure que l’auteur veut faire apparaître, et l’on comprend que le récit vise une réponse, pas seulement une compréhension intellectuelle.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

L’arrière-plan biblique connaît deux thèmes proches : la crainte respectueuse (honorer Dieu et ceux qu’il envoie) et la honte qui révèle la faute. Dans l’Ancien Testament, “respecter” n’est pas une formalité sociale : c’est reconnaître une place dans l’ordre de l’alliance. On honore Dieu, on honore la parole, on honore l’autre comme porteur d’une dignité. Et quand cette reconnaissance manque, les prophètes dénoncent l’endurcissement : on ne rougit plus, on n’a plus honte, on méprise la parole. Dans ce cadre, un verbe comme ἐντρέπω peut éclairer une dynamique biblique : Dieu parle, Dieu envoie, et il attend une réponse du cœur. Un mot de vie auprès de Dieu, ici, est de redécouvrir une “honte saine” : non pas une culpabilité écrasante, mais un réveil intérieur qui dit “je ne peux pas continuer ainsi”. La pensée hébraïque relie cela à la repentance : le cœur se retourne, non par pression extérieure seulement, mais parce qu’il reconnaît la vérité et la sainteté. Pour un lecteur occidental moderne, ce repère est important, car la honte est souvent soit idolâtrée (manipulation), soit rejetée (plus rien n’a de poids). L’Écriture propose une voie : Dieu ne manipule pas, mais il réveille. Respecter, c’est se laisser instruire; avoir honte, c’est retrouver une conscience. Ainsi, ce verbe peut devenir un appel : retrouver l’égard pour Dieu et pour la parole, et accepter que la vérité puisse nous arrêter et nous réorienter vers la vie.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Dans un cadre moderne, “respect” est souvent un code social, et “honte” un sentiment à éviter à tout prix. La clarification est que, dans la Bible, le respect et la honte peuvent être des signaux moraux. ἐντρέπω ne vise pas une politesse extérieure, mais une réaction intérieure : être touché, se retenir, reconnaître une dignité, ou rougir d’une faute. Un contresens moderne serait de lire ce verbe comme une injonction à se soumettre aveuglément. Le texte biblique ne sacralise pas les abus d’autorité. Il parle plutôt d’une conscience qui se réveille face à la vérité. Un autre contresens serait d’évacuer toute honte, comme si aucune conduite n’avait de gravité. L’Évangile montre que certaines attitudes méritent d’être interrompues : l’endurcissement, le mépris, l’injustice. Pour aujourd’hui, ce verbe clarifie une question pratique : qu’est-ce qui, dans ma vie, devrait provoquer un arrêt intérieur ? Est-ce que je garde une capacité de “rougir” devant le mal, ou suis-je devenu insensible ? Et inversement, est-ce que je confonds honte toxique (écrasement) et honte salutaire (réveil) ? Lire ἐντρέπω en contexte aide à discerner cela. Il invite à une posture de cœur : être capable d’avoir égard, de se laisser corriger, et de changer. Cette clarification rend le texte plus actuel sans l’anachroniser : la Bible ne cherche pas à produire des gens humiliés, mais des gens réveillés, capables de respecter Dieu et d’honorer la vérité.

Courte description — (aide remplissage)

Verbe qui dit le respect, l’égard ou la honte qui réveille la conscience.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

Dans les passages liés à cette fiche, ἐντρέπω décrit soit l’égard qu’on aurait dû avoir pour l’envoyé, soit la honte restauratrice qui doit réveiller un frère désordonné.

Pièges lexicaux

Ne pas réduire le terme à une politesse extérieure. Le verbe touche à la réponse du cœur.

Usage biblique (mini)

Le mot sert à montrer qu’une personne peut être amenée à reconnaître une vérité ou une dignité qu’elle ne doit pas mépriser.

Antonymes / contrastes (FR)

mépriser ; s’endurcir ; rester insensible

Synonymes / proches (FR)

avoir égard ; respecter ; rougir ; se laisser reprendre

À ne pas confondre avec…

Une honte toxique ou une humiliation vide. Ici, le terme peut marquer une réaction qui ramène à la vérité.

Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Sagesse / cœur
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

respect / avoir honte

Versets clés (liste)

Mc 1,27; Lc 4,36; Lc 8,31

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G1788

Lien Strong (lueur) — NOYAU
Prononciation — (aide remplissage)

en-tré-pô

Translit. — NOYAU

entrepo

Vérifiable
Champs sémantiques
JusticeRévélation
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Selon le contexte, le verbe peut viser soit le respect dû à une personne, soit une honte salutaire qui fait réagir. Il ne s’agit pas d’une simple gêne sociale, mais d’une réaction morale.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Lc 20,9–19 : l’idée de respect attendu envers le fils révèle la culpabilité des vignerons. - 2 Th 3,11–18 : la nuance touche la honte salutaire qui doit conduire à un changement sans exclure la fraternité.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Le mot active un registre de conscience morale et de relation juste. Il décrit le moment où quelqu’un devrait être arrêté, touché ou corrigé dans son attitude.

✅ Vérification des pensées — Pensée grecque (logique / structure) | Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) | Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots chacune