Folie; déraison; fureur insensée (selon contexte)
ἄνοια exprime un manque de bon jugement : “non-sens”, folie. Dans Lc 6,11, le mot est lié à une réaction après un acte de guérison : au lieu de se réjouir, certains sont remplis de ἄνοια et cherchent quoi faire contre Jésus. La logique grecque souligne donc une disproportion : l’action de bien entraîne une rage irrationnelle, révélant un cœur fermé. Le terme sert à diagnostiquer l’état intérieur : la colère n’est pas seulement émotion, elle est déraison. Dans un contexte de fausse piété (2 Tm 3), la folie devient manifeste : elle n’a pas de fondement et finit par être exposée. Ainsi, ἄνοια fonctionne comme marqueur d’aveuglement moral : on perd la mesure, on ne voit plus le bien, et on s’enferme dans l’opposition. Le grec relie la folie à des choix : la déraison produit des actes. Le mot met donc en lumière que le rejet de la vérité peut devenir “fureur” insensée.
Dans la Bible hébraïque, la “folie” est souvent une catégorie morale : l’insensé refuse Dieu, rejette la sagesse, agit sans crainte de Dieu. Cette folie conduit à la violence et à l’injustice. L’emportement aveugle face au bien rappelle aussi l’endurcissement : quand le cœur est fermé, même une œuvre de Dieu devient une menace. L’arrière-plan prophétique montre des oppositions irrationnelles aux prophètes, où la haine l’emporte sur la vérité. L’image dominante est celle du cœur sans discernement : il ne reconnaît plus le bien et s’agite contre Dieu. Cette perspective aide à lire Lc 6 : l’hostilité n’est pas “raisonnable”, elle révèle une idolâtrie de la règle et de l’honneur. La folie biblique est donc un refus d’alliance : ne pas écouter, ne pas recevoir la visitation de Dieu. Le mot renvoie ainsi à un besoin de repentance : retrouver un cœur sage et humble.
On peut entendre “fureur” comme une simple colère légitime. Le texte emploie ἄνοια pour souligner une déraison : une réaction disproportionnée et aveugle face au bien. Clarification : ce n’est pas un diagnostic médical moderne; c’est un jugement moral sur une attitude. Le contresens serait d’utiliser ce mot pour stigmatiser, alors qu’il sert à décrire l’aveuglement du cœur. Il aide à comprendre la dynamique : quand on refuse Jésus, on peut devenir hostile même à ce qui est bon. Le terme invite donc à discerner la colère qui vient d’un cœur fermé et à chercher la sagesse qui reconnaît la grâce. Il montre que l’opposition religieuse peut être irrationnelle et destructrice.
Nom : déraison/folie, parfois avec nuance d’emportement aveugle (“fureur” insensée). Décrit un état où le jugement est altéré, conduisant à des actes irrationnels.
Selon le passage, ἄνοια signifie folie/déraison; en Lc 6,11, elle décrit une rage insensée contre Jésus après un acte de bien.
Toujours préciser le contexte : en Lc 6, c’est une rage/hostilité irrationnelle; ailleurs, cela peut viser une folie morale. Ne pas confondre avec une maladie mentale moderne : c’est un terme moral/comportemental dans le texte. Ne pas utiliser pour insulter : rester descriptif.
Peut désigner une folie/déraison qui mène à l’opposition et à la rage (Lc 6) ou une conduite insensée exposée à la honte (2 Tm 3).
sagesse; discernement; maîtrise de soi
folie; démence; déraison; emportement
ἄφρων (insensé) ; μανία (folie/délire) ; θυμός (colère).
fureur
Lc 6,11; 2 Tm 3,9
G0454
anoia — « a-noï-a » (approx.)
anoia
Registre du jugement et du comportement : absence de bon sens, conduite irrationnelle, emportement. Selon le passage, peut viser soit une “folie” intellectuelle/morale, soit une rage aveugle qui fait perdre la mesure.