Verbe : goûter, faire l’expérience réelle d’une saveur ou, par extension, d’une réalité vécue personnellement.
γεύομαι signifie goûter, expérimenter, prendre part à une saveur, et par extension faire l’expérience réelle de quelque chose. Logiquement, goûter n’est pas connaître par ouï-dire : c’est entrer en contact. Dans le NT, le verbe peut être utilisé littéralement (goûter un aliment) ou figurativement : goûter la bonté du Seigneur, goûter la mort, goûter le don céleste. Ainsi, γεύομαι sert à exprimer une expérience concrète et personnelle : ce qui est goûté est réellement rencontré. Le mot met en relief une participation : goûter, c’est recevoir un avant-goût, parfois partiel mais réel. En somme, γεύομαι décrit l’expérience : entrer en contact avec une réalité et en recevoir un goût, ce qui peut ouvrir à une pleine participation ou rendre responsable si l’on rejette ensuite.
La Bible utilise le langage du goût pour exprimer l’expérience de Dieu : “goûtez et voyez combien le Seigneur est bon”. La pensée sémitique comprend que la connaissance de Dieu est expérimentale : elle passe par la rencontre, pas seulement par des concepts. Les images de nourriture, de miel, de pain, expriment la bonté et la parole de Dieu. Ainsi, γεύομαι résonne avec cette sagesse : goûter, c’est expérimenter la grâce. L’AT connaît aussi la responsabilité : celui qui a goûté la bonté et se détourne est sans excuse. Dans le NT, l’idée d’un avant-goût du monde à venir (dons, Esprit) prolonge l’imaginaire : Dieu fait goûter dès maintenant une réalité future. La pensée sémitique aide donc à entendre le verbe comme rencontre : la foi n’est pas seulement information, elle est goût de la bonté de Dieu, qui appelle gratitude et fidélité.
Aujourd’hui, “expérience” peut être réduite à une émotion subjective. γεύομαι, bibliquement, signifie une expérience réelle : goûter, rencontrer, participer. Clarification : ce n’est pas seulement “ressentir”, c’est recevoir un contact concret avec la bonté de Dieu. En prédication exégétique, γεύομαι permet de parler d’un avant-goût : la vie chrétienne donne déjà une expérience réelle du Royaume, sans être encore l’accomplissement total. Le mot corrige aussi un contresens moderne : croire qu’on peut rester spectateur. Goûter engage : on a expérimenté, donc on est responsable. Ainsi, γεύομαι met en avant une foi vécue : goûter la grâce, en être transformé, et persévérer.
Verbe d’expérience concrète. Il peut parler d’un goût réel ou d’un contact vécu avec une réalité plus profonde.
Dans les passages liés à cette fiche, γεύομαι désigne soit l’acte concret de goûter, soit l’expérience réelle d’une réalité spirituelle ou existentielle.
Ne pas réduire le mot à une simple impression subjective. Il implique un contact réel, même lorsqu’il est figuré.
Le mot sert à dire qu’une réalité a été réellement rencontrée, goûtée ou éprouvée.
ignorer ; rester extérieur ; ne pas expérimenter
goûter ; expérimenter ; prendre part
Une connaissance purement théorique. Ici, le verbe met en avant l’expérience réelle.
goûter
Lc 14,24 ; Ac 10,10 ; Hé 6,4–5
G1089
γεύομαι
gué-ou-maï
geuomai
Option A : goûter littéralement un aliment. Option B : faire l’expérience effective d’une réalité spirituelle ou existentielle. Les passages liés montrent les deux dimensions : le verbe garde l’idée de contact concret, même lorsqu’il devient image d’une expérience plus profonde.
- Lc 14,15–24 et Ac 10,9–16 : le verbe garde une base concrète liée à la nourriture et à l’acte de goûter. - Hé 6,1–8 et Col 2,20–23 : la nuance devient figurée, en parlant d’une expérience réelle d’un don ou d’une règle touchant la vie. - Le mot relie donc le concret et l’expérientiel dans une même logique de contact effectif.
Le mot active un registre de contact, d’expérience et de participation. Il appartient à l’univers de ce qu’on ne connaît pas seulement par discours, mais par expérience réelle. Le goût devient ici porte d’entrée vers une connaissance vécue.