Nom : Abaddon = « destruction » ; en Apocalypse 9,11, nom donné au roi de l’abîme, figure destructrice associée au jugement.
Ἀβαδδών est ici un nom propre conservé dans le texte grec, mais d’origine hébraïque. La logique du passage est importante : Jean ne donne pas simplement une étiquette, il identifie le roi des sauterelles démoniaques. Le terme n’est donc pas utilisé comme un nom de lieu vague, mais comme un nom personnel qui concentre la fonction de destruction. Le texte précise ensuite l’équivalent grec, Apollyon, ce qui renforce l’idée que le nom est interprété par sa portée : celui qui détruit. Exégétiquement, il faut éviter deux erreurs. La première serait de spiritualiser le mot sans tenir compte du récit : Abaddon apparaît dans une scène de jugement précise. La seconde serait de réduire le mot à une simple définition lexicale. Dans Apocalypse 9, le nom sert la progression dramatique : l’abîme s’ouvre, les sauterelles surgissent, puis leur roi est nommé. Le nom fixe donc la nature de leur pouvoir. Il ne décrit pas seulement un caractère général, mais donne un visage narratif à la destruction. Dans cette scène, Abaddon fonctionne comme un repère de souveraineté destructrice sous jugement divin. Le mot aide à lire la scène non comme un chaos sans chef, mais comme une destruction ordonnée, limitée et identifiée.
L’arrière-plan hébraïque d’Abaddon renvoie à l’idée de destruction, de ruine, et parfois au domaine de la perdition. Dans l’Ancien Testament, ce vocabulaire est lié au jugement et à ce qui échappe à la sécurité humaine. La profondeur du mot ne vient pas d’une mythologie détaillée, mais d’un repère biblique simple : il existe un domaine où la destruction et la mort sont associées au jugement de Dieu. Lorsque l’Apocalypse reprend ce nom, elle ne crée pas une figure indépendante de l’Écriture ; elle intensifie un motif déjà connu. Le lecteur doit donc entendre un univers de ruine, de limite et de terreur, mais toujours sous la souveraineté de Dieu. Cela est essentiel : Abaddon n’est pas un contre-dieu. Le cadre biblique interdit d’en faire une puissance autonome. Même dans le jugement, Dieu reste celui qui fixe les limites. Ainsi, le nom sert à montrer la gravité de la scène, non à produire une fascination pour le mal. Dans une pensée d’alliance, la destruction n’est jamais un jeu. Elle signale le sérieux du rejet de Dieu et l’horreur du jugement. Le mot aide donc à entendre l’Apocalypse avec sobriété : le mal détruit, mais Dieu n’abandonne pas son trône.
Pour un lecteur moderne, Abaddon peut évoquer soit un nom exotique, soit une figure de fiction apocalyptique. La clarification utile est de revenir au texte : ici, le mot sert à nommer le roi de l’abîme dans un passage de jugement. Il ne faut donc pas l’employer comme un simple symbole vague du mal, ni comme un détail spectaculaire destiné à impressionner. Le passage l’utilise pour rendre la destruction lisible et identifiable. Un autre contresens serait de traiter Abaddon comme un “satan bis”, autonome et rival de Dieu. Or, l’Apocalypse montre au contraire que même les scènes de terreur restent encadrées par la souveraineté divine. Le nom indique la nature de l’action : destruction, ravage, jugement. Il ne faut pas non plus transformer ce mot en concept psychologique du type “mes zones de destruction intérieure”. Ce serait sortir le terme de sa scène. L’exégèse demande de rester fidèle au niveau du récit. Abaddon désigne ici un agent destructeur dans une vision de jugement. La portée pastorale éventuelle ne vient qu’après cette lecture sobre. Ainsi, le mot corrige une lecture sensationnaliste et une lecture trop allégorique : il faut entendre le sérieux du jugement, sans perdre la souveraineté de Dieu sur toute la scène.
Nom propre d’origine hébraïque conservé en grec dans l’Apocalypse. Le terme désigne en Ap 9,11 le roi de l’abîme, caractérisé par la destruction et le jugement.
Dans Apocalypse 9,11, Abaddon n’est pas un simple concept abstrait ni seulement un lieu. Le mot désigne le roi des sauterelles démoniaques, associé à l’abîme et à une œuvre de destruction dans le cadre du jugement.
Éviter de transformer le mot en simple image psychologique de ruine intérieure. Éviter aussi d’en faire une puissance autonome rivale de Dieu : le passage la montre sous limites.
Le terme apparaît en Apocalypse 9,11, où il nomme le roi de l’abîme. Le contexte insiste sur la destruction, la terreur et la logique de jugement.
vie ; salut ; délivrance ; restauration
destruction ; perdition ; ravage (selon contexte)
Apollyon : équivalent grec donné dans le même verset, et non un second personnage distinct.
Abaddon
Ap 9,11
G0003
a-ba-dôn
Abaddon
Option A : domaine de destruction / perdition. Option B : nom personnifié du roi de l’abîme. En Apocalypse 9,11, le co-texte fait préférer clairement l’option B, car le terme est présenté comme le nom du roi des sauterelles démoniaques et mis en parallèle avec Apollyon. Le passage ne décrit pas seulement un lieu, mais une figure identifiée. Le mot doit donc être lu à partir de la scène de jugement et de son acteur.
- Ap 9,11 : le mot ne désigne pas ici seulement la destruction comme idée, mais le roi de l’abîme lui-même. Le parallèle explicite avec Apollyon et la mention du “roi” orientent vers une lecture personnifiée. La nuance dominante est donc destructrice et judiciaire, non géographique au sens strict. - Arrière-plan biblique : dans d’autres contextes bibliques, Abaddon peut évoquer le domaine de perdition. Ici, le co-texte resserre le sens sur l’agent de destruction plutôt que sur le lieu.
Le mot active un registre apocalyptique et judiciaire : abîme, fléau, jugement, destruction. Dans la scène, il sert à nommer une autorité destructrice placée dans le cadre d’un jugement divin. L’univers du terme n’est donc ni pastoral ni relationnel, mais celui du ravage sous permission souveraine.