Abandonner : laisser, délaisser.
Dans la logique du passage (et dans la manière dont le grec rend souvent cette dynamique), “abandonner” est un verbe de rupture : il marque un avant/après. Es 55 ne propose pas seulement d’ajouter Dieu à une vie déjà orientée ailleurs; il appelle à quitter une voie et à changer de direction. La structure est nette : abandonner → revenir → recevoir compassion et pardon. Le mot sert donc d’articulation logique : tant que la voie mauvaise est gardée, le retour reste théorique; quand elle est abandonnée, le retour devient réel. Le grec met ainsi en évidence une conversion concrète : on laisse un chemin pour en prendre un autre.
En arrière-plan hébraïque, “abandonner” évoque l’infidélité d’alliance : quitter l’Éternel, c’est quitter la source de vie et la protection du Roi. Les prophètes décrivent souvent cela comme un peuple qui délaisse la “source d’eau vive” pour des citernes fissurées : l’image est celle d’un échange absurde. Dans Es 55, l’abandon concerne d’abord la voie (le chemin choisi) et les pensées (l’orientation intérieure) : ce n’est pas seulement un geste extérieur. Abandonner revient donc à renoncer à une loyauté trompeuse et à revenir dans la fidélité. L’arrière-plan implicite est : Dieu accueille le retour, mais il appelle à rompre avec ce qui détruit.
Un lecteur occidental peut entendre “abandonner” comme un effort moral pour “être meilleur”. Le texte vise plus profond : il parle de quitter une direction de vie qui mène loin de Dieu, pour revenir vers lui. Es 55 ne présente pas cela comme un paiement pour acheter le pardon, mais comme la réponse cohérente à une grâce ouverte : Dieu accueille, donc on se détourne de ce qui s’oppose à lui. La clarification utile est : abandonner n’est pas s’auto-sauver; c’est reconnaître qu’un chemin est mauvais et accepter de changer de route. Le passage tient ensemble vérité et miséricorde : quitter le mal et recevoir un pardon abondant.
Abandonner l’Éternel mène au désordre; revenir à lui restaure. (Jg 2,12; 2 Ch 15,2)
Quitter, laisser; peut décrire abandon de Dieu (péché) ou le fait de laisser quelque chose; le contexte décide.
Contexte : laisser (neutre) vs abandon (moral). Sobriété : repérer l’objet abandonné. Priorité au passage : alliance. Prudence : pastoral.
Quitter, laisser; abandonner Dieu; laisser un héritage; relation/obedience.
demeurer, s’attacher
quitter, délaisser, laisser
shuv (revenir) : mouvement de retour; ‘āzab = acte de quitter/abandonner.
abandonner
Jg 2,12; 2 Ch 15,2; Ps 37,28; Es 1,4
H5800
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a-zav
‘āzab