accomplir, achever ; mener à son terme
τελέω (teleō) signifie « accomplir », « mener à terme », « achever ». Le verbe porte l’idée d’un processus qui atteint son but (telos = fin, but). Sa logique est donc téléologique : une action ou un plan avance vers une fin et, avec τελέω, la fin est atteinte. Le garde-fou est de ne pas réduire ce verbe à “finir” au sens mécanique. τελέω implique souvent l’idée d’accomplissement : ce qui devait être fait l’est, ce qui était prévu est réalisé. Il peut donc s’appliquer à des tâches, à des promesses, à des rites, à des obligations, selon le contexte. Le verbe se distingue de “commencer” ou “faire” : il met l’accent sur l’achèvement. Il se distingue aussi de verbes qui signifient simplement “être complet” : τελέω est actif, il décrit l’acte de mener à terme. Ainsi, c’est un mot de finalisation. Il rappelle que les choses ont une direction. Comprendre τελέω, c’est comprendre la notion de but : l’action n’est pas errante, elle vise une fin. Le mot peut aussi porter une nuance d’aboutissement attendu : on attend que cela soit accompli. Mais cette attente vient du contexte. Lexicalement, τελέω dit : c’est mené à son terme. C’est donc un verbe de conclusion, mais une conclusion chargée de sens : la fin correspond au but. Dans le grec biblique, ce verbe est important pour parler d’achèvement d’une œuvre. Il ne décrit pas seulement que le temps est passé; il décrit que l’objectif est atteint. τελέω est donc un mot de réalisation : accomplir, achever, mener à terme.
L’arrière-plan biblique est rempli d’accomplissements : Dieu accomplit sa parole, réalise ses promesses, mène à terme son plan. Cette fidélité éclaire τελέω : l’accomplissement n’est pas seulement finir, c’est réaliser ce qui était promis. La pensée d’alliance insiste : Dieu est fiable. Ce qu’il dit, il l’accomplit. Cela donne une vision du temps : l’histoire va vers un but. Pour un lecteur moderne, cela corrige une vision du temps comme simple succession; la Bible parle d’un dessein. τελέω renvoie à la réalisation de ce dessein, à l’aboutissement attendu. Le verbe peut aussi rappeler la responsabilité humaine : mener à terme une tâche, être fidèle jusqu’au bout. Mais l’accent biblique majeur est souvent : Dieu mène à terme. Ainsi, τελέω devient un verbe de confiance : il annonce un aboutissement, une fin qui correspond au but, et non une fin vide. L’accomplissement est un signe de fidélité.
Le lecteur occidental moderne entend “finir” comme fermer une tâche, cocher une case. τελέω est plus riche : accomplir, mener à terme, atteindre le but. La clarification est que le verbe contient l’idée de telos : la fin comme objectif. Un contresens moderne serait de réduire τελέω à une simple cessation (“ça s’arrête”). Ce verbe parle d’achèvement, de réalisation. Un autre contresens serait de sur-spiritualiser le mot; il peut aussi servir pour des tâches ordinaires. Mais, dans tous les cas, il met l’accent sur la finalité : quelque chose est mené jusqu’au bout. Pour un lecteur moderne, cela aide à penser la différence entre interrompre et accomplir. On peut “finir” par fatigue; on accomplit quand on atteint l’objectif. τελέω nomme cette différence. La correction biblique est d’entendre l’histoire comme orientée : il y a un but, et Dieu mène à terme. Mais lexicalement, on doit garder la force simple : achever, accomplir. Le mot invite aussi à une persévérance : mener à terme demande constance. Dans une culture de zapping, τελέω rappelle la valeur d’aller au bout. Comprendre τελέω, c’est donc comprendre l’achèvement comme réalisation : ce qui devait être fait est accompli.
Aller jusqu’au bout, accomplir : l’épreuve/mission doit atteindre son terme (Lc 12).
Lc 12,50 : accomplir = mener l’épreuve/mission jusqu’à son terme, sans rester inachevé.
Ne pas isoler du co-texte en “tout est accompli” comme slogan : ici, c’est l’achèvement d’un événement précis. Ne pas confondre avec “eulogeō” (bénir) ou d’autres verbes de rite : teleō est un verbe de terme/fin.
Accomplir/achever : mener à son terme. Dans Lc 12,49–53, Jésus dit être tendu/angoissé jusqu’à ce que son “baptême” soit accompli : étape décisive à mener jusqu’au bout.
interrompre, laisser inachevé, abandonner
achever, accomplir, terminer, réaliser
πληρόω — remplir/compléter (autre nuance) ; τελειόω — rendre parfait/mener à maturité
accomplir
Lc 12,50; Jn 19,30
G5055
De τέλος (terme/fin).
tel-eh-o
teleo
Option A : achever un discours/une action (finir) ; Option B : accomplir une parole/écriture (réaliser ce qui est écrit) ; Option C : payer (dans certains contextes). En Lc 12,50, l’indice est clair : « jusqu’à ce qu’il soit accompli » après l’annonce d’un “baptême” (épreuve) à venir. Le mot vise la notion de terme : une étape doit aller jusqu’au bout. Donc on retient l’option A/B : mener à sa fin, accomplir pleinement (dans une logique de mission).
- Lc 12,50 : usage d’achèvement d’un événement : le “baptême” doit être mené à son terme ; l’indice est “jusqu’à ce que”. - Jn 19,30 : “tout est accompli” : même verbe, mais contexte différent (achèvement de l’œuvre au point culminant).
Registre de l’achèvement : terminer un processus, mener une tâche à son terme. Dans Lc 12, ce registre sert la mission : une étape décisive doit être pleinement accomplie avant la suite.