Acheter (du grain); parfois vendre (du grain).
La formulation grecque met bien en valeur l’argument par contraste : d’abord la logique normale de l’achat (payer pour obtenir), puis l’absurdité révélée (dépenser pour ce qui ne nourrit pas), puis la solution (recevoir sans payer). Cette progression est persuasive : elle déconstruit une fausse stratégie de vie et propose une autre voie. Le grec rend ainsi la cohérence du message : on abandonne la transaction pour entrer dans le don. Le verbe “acheter” garde la force de l’image : l’invitation paraît impossible, donc elle oblige à comprendre que Dieu parle de grâce. La logique est donc : quitter l’économie du mérite → accueillir la gratuité de Dieu.
Dans l’univers hébraïque, acheter du grain renvoie à la survie : famine, prix, dépendance, recherche de provision. En Es 55, cette image touche le cœur : on “s’épuise” à obtenir ce qui ne nourrit pas vraiment. Le contraste “acheter” / “sans argent” rappelle que la vie du peuple dépend ultimement de la provision de Dieu, comme au désert. C’est aussi une critique des idoles et des faux appuis : on paie cher pour ce qui n’a pas de substance. L’image du marché devient ainsi un appel d’alliance : revenir à Dieu, c’est revenir à la vraie nourriture donnée par lui.
Un lecteur occidental peut entendre “acheter” comme une métaphore morale : faire des efforts pour mériter Dieu. Or le texte s’en sert pour renverser cette idée : Dieu invite à recevoir sans paiement. Cela ne supprime pas l’obéissance, mais clarifie l’ordre : la vie et l’alliance commencent par un don, pas par une performance. Le passage corrige une spiritualité de consommation (“je paye donc je possède”). Ici, on vient pauvre, on reçoit, et seulement ensuite on apprend à vivre selon cette grâce.
Acheter / vendre du grain (selon la forme). En Es 55, l’ironie sert à montrer qu’on ne peut pas “payer” ce que Dieu donne gratuitement.
En Es 55,1, le langage de l’achat est utilisé volontairement pour être renversé : venez “acheter” sans argent, donc recevoir ce que Dieu donne.
Ne pas transformer l’image en “mérite spirituel” : le texte critique précisément l’idée de payer. Ne pas oublier le contexte concret (marché / nourriture) qui porte l’argument.
Terme du commerce (souvent grain) : acheter/procurer; en Es 55, sert à contraster la logique de paiement avec le don gratuit de Dieu.
recevoir; donner; gratuitement; offrir
acheter; acquérir; obtenir; se procurer
D’autres verbes plus généraux pour acheter/vendre (commerce) qui n’ont pas nécessairement la nuance “grain/approvisionnement”.
achetez
Es 55,1–2; Gn 41,56; Am 8,5
H7665
שבר (š-b-r)
sha-var
shabar