Nom : allégresse, joie intense et débordante, souvent liée à l’œuvre de Dieu ou à sa présence.
ἀγαλλίασις exprime une joie forte, débordante, plus intense qu’une simple satisfaction paisible. Le mot appartient au champ de l’exultation : la joie n’est pas seulement ressentie, elle déborde et se manifeste. Exégétiquement, cela compte beaucoup. Le terme ne décrit pas une émotion légère ou privée, mais une joie qui prend de l’ampleur parce qu’elle est liée à un événement ou à une action de Dieu. Dans les contextes bibliques, l’allégresse accompagne souvent une visitation, un salut, une délivrance ou la reconnaissance d’une œuvre divine. La logique du mot est donc dynamique : ce qui est reçu de Dieu provoque une réponse de joie intense. Il faut éviter de le réduire à un simple synonyme générique de “joie”. ἀγαλλίασις insiste davantage sur l’éclat et l’intensité. Le terme peut aussi avoir une portée communautaire : une joie qui se partage, qui se voit, qui appartient au peuple de Dieu. Ainsi, le mot sert à rendre lisible un état intérieur devenu visible. Il montre que certaines réponses à l’action de Dieu dépassent la retenue ordinaire. L’exégèse reste sobre : le contexte précisera pourquoi cette joie éclate. Mais lexicalement, l’idée centrale demeure une exultation forte, portée par la reconnaissance de l’œuvre de Dieu.
L’arrière-plan biblique de cette allégresse se trouve dans la joie du salut, de la délivrance et de la présence de Dieu. L’Ancien Testament montre souvent un peuple qui se réjouit lorsque Dieu agit : il délivre, visite, restaure, donne la paix, accomplit sa promesse. Cette joie n’est pas superficielle ; elle est réponse à une œuvre réelle de Dieu. Cela éclaire ἀγαλλίασις : l’allégresse n’est pas seulement une émotion spontanée, mais une reconnaissance profonde que Dieu a fait du bien à son peuple. Dans la pensée biblique, la joie peut devenir publique, chantée, partagée. Elle entre dans la louange, dans la fête, dans la mémoire des œuvres de Dieu. Le lecteur doit donc entendre un univers d’alliance : la joie vient parce que Dieu s’est montré fidèle. Cette perspective corrige une lecture psychologique isolée. La joie biblique n’est pas d’abord l’expression d’un bien-être intérieur autonome ; elle naît d’un Dieu qui agit. Ainsi, ἀγαλλίασις se laisse entendre comme une exultation de salut. Le mot donne une intensité à la réponse croyante : quand Dieu intervient, la joie n’est pas froide. Elle peut devenir visible, collective et adorante.
Dans le langage moderne, “joie” peut désigner aussi bien un sentiment discret qu’un enthousiasme passager. ἀγαλλίασις demande plus de précision. Le mot ne parle pas d’une bonne humeur ordinaire, mais d’une allégresse intense, débordante, provoquée par l’action de Dieu. La clarification utile est donc de distinguer cette exultation biblique d’un enthousiasme émotionnel vide. L’allégresse n’est pas ici une agitation artificielle ni une recherche de sensation. Elle est une réponse à quelque chose que Dieu a réellement fait ou promis. Un contresens moderne serait de psychologiser totalement le terme, comme si la Bible parlait seulement d’un état émotionnel. Un autre serait de confondre allégresse et divertissement. Le mot biblique garde une gravité lumineuse : la joie est forte parce que le salut, la visite ou la fidélité de Dieu sont réels. Ainsi, ἀγαλλίασις corrige une vision plate de la joie religieuse. Le texte biblique connaît une joie qui déborde sans perdre son ancrage. Elle ne nie pas le monde réel ; elle proclame que Dieu agit réellement dans ce monde. Le mot aide donc à lire la joie comme une réponse intense, sobrement fondée dans l’œuvre de Dieu.
Nom grec désignant une joie vive, forte et manifeste. Le terme exprime une exultation plus intense qu’une simple satisfaction intérieure.
Dans ses contextes bibliques, le mot désigne une joie intense liée à l’action de Dieu, à sa délivrance ou à la proximité de son salut. Il ne s’agit pas d’une simple humeur positive, mais d’une exultation provoquée par Dieu.
Ne pas confondre allégresse biblique et simple euphorie émotionnelle. Ne pas affaiblir le mot en simple « satisfaction intérieure ».
Le terme sert à exprimer une joie forte, souvent communautaire ou liturgique, en réponse à l’action de Dieu.
tristesse ; abattement ; plainte
allégresse ; exultation ; joie débordante
χαρά : joie au sens large ; ἀγαλλίασις insiste davantage sur l’éclat et le débordement de la joie.
allégresse / joie
Lc 1,14 ; Ac 2,46 ; Jd 24
G0020
a-gal-li-a-sis
agalliasis
Option A : joie générale. Option B : allégresse débordante liée à l’action de Dieu. Les contextes relevés font préférer l’option B, car le mot apparaît dans des scènes de grâce, de salut ou de louange où la joie déborde et se partage. Il ne faut donc pas réduire le terme à un simple état d’esprit agréable. Le co-texte montre une joie intensifiée, souvent visible et communautaire.
- Ac 2,42–47 : le terme décrit une joie partagée dans la vie communautaire, liée à la faveur et à l’œuvre de Dieu parmi les croyants. Le co-texte de communion, de pain rompu et de reconnaissance donne au mot une tonalité collective et visible. - Hé 1,5–14 : l’usage est plus exalté et doxologique, dans un passage de majesté et de règne. Le contexte fait ressortir une allégresse liée à l’honneur et à la supériorité du Fils.
Le mot active un registre de salut, de louange et de vie communautaire. Il appartient à l’univers des réponses fortes à l’œuvre de Dieu : réjouissance visible, gratitude partagée, joie de la visitation divine. Le registre n’est pas celui du divertissement, mais celui d’une joie théologiquement motivée.