Avare; ami de l’argent (attaché aux richesses)
φιλάργυρος combine l’idée d’amour (φίλος/φιλ-) et celle d’argent/argent métal (ἄργυρος). La logique est donc claire : ce n’est pas seulement “posséder”, c’est “aimer” l’argent, en faire un objet d’affection et de confiance. Dans les passages où il apparaît, le terme sert souvent de diagnostic moral : l’amour de l’argent explique certaines attitudes (mépris, hypocrisie, injustice). Le grec met en lumière la dynamique intérieure : ce qu’on aime gouverne ce qu’on choisit. Ainsi, le mot n’accuse pas d’abord une quantité de biens, mais une orientation du cœur qui peut se traduire en conduite. Il s’insère naturellement dans des listes de vices : l’amour de l’argent se lie à l’égoïsme et à la dureté. Le terme prépare donc un contraste biblique : servir Dieu ou servir Mammon.
Dans l’arrière-plan biblique, la richesse est un don possible, mais l’argent peut devenir une idole : on s’appuie sur lui, on l’aime, on cherche la sécurité en lui. Les prophètes dénoncent souvent l’injustice qui accompagne l’amour du gain : oppression du pauvre, corruption, balance fausse. La pensée d’alliance insiste sur la justice et le soin des faibles; l’amour de l’argent détourne le cœur de cette fidélité. Le thème sapientiel souligne aussi le piège : la convoitise et l’avarice ferment le cœur et détruisent la paix. Ainsi, “ami de l’argent” se comprend comme un cœur attaché à une fausse sécurité, qui finit par produire injustice et hypocrisie. L’image dominante est celle de deux maîtres : Dieu, source de vie, et l’argent, faux refuge qui asservit.
On peut réduire “avare” à un trait de personnalité ou à une simple économie. Le NT vise plus profond : l’argent devient objet d’amour et de confiance, et cela déforme les relations et la justice. Clarification : le problème n’est pas d’avoir des biens, mais d’être gouverné par eux (servir Mammon). Le contresens fréquent est de culpabiliser toute réussite ou, à l’inverse, de banaliser l’avarice comme “pragmatisme”. Le mot aide à discerner une idole : quand l’argent dicte les choix, la compassion et la vérité se tordent. Il appelle donc à un cœur libre, content, et généreux.
Adjectif : “ami de l’argent”, avide/attaché aux richesses. Désigne un cœur gouverné par l’argent plutôt que par Dieu; peut caractériser des personnes ou des attitudes à éviter.
Selon le passage, φιλάργυρος décrit une personne attachée à l’argent (“ami de l’argent”), dont l’amour des richesses influence attitudes et choix, souvent au détriment de la justice et de la piété.
Ne pas confondre avec la simple prudence financière : le mot vise un attachement idolâtre. Ne pas moraliser sans contexte : préciser comment l’argent est lié à l’injustice, au mépris, ou à l’hypocrisie selon le passage (ex. Lc 16). Ne pas réduire à “avoir beaucoup” : c’est l’amour de l’argent (orientation) qui est visé.
Décrit l’attachement à l’argent (Lc 16,14) et figure parmi les traits de la corruption des derniers temps (2 Tm 3,2). Opposé au contentement et à la générosité (1 Tm 6).
généreux; détaché; contentement; libéralité
avare; cupide; amoureux de l’argent; attaché aux richesses
πλεονεξία (cupidité, désir d’avoir plus) ; φιλαυτία (amour de soi) ; πλούσιος (riche, descriptif).
avares
Lc 16,14; 1 Tm 6,10; 2 Tm 3,2
G5366
philarguros — « fi-lar-gu-ros » (approx.)
philarguros
Registre économique et moral : relation à l’argent (possession, gain, sécurité). Le mot décrit une orientation du cœur où l’argent devient objet d’amour/confiance, ce qui affecte les choix, la justice et les relations.