Avoir honte (de); être gêné de (confesser).
Dans Mc 8,38, le verbe apparaît dans une structure conditionnelle : si quelqu’un a honte de Jésus et de ses paroles, alors le Fils de l’homme aura honte de cette personne à sa venue. La logique est de correspondance : l’attitude présente envers Jésus anticipe la reconnaissance (ou non) au jour du jugement. Le grec lie explicitement honte et confession : être honteux, c’est refuser l’identification publique. Le mot sert donc de test d’allégeance : quel regard compte le plus, celui de la génération présente ou celui du Seigneur qui vient dans la gloire ? Ainsi, le verbe rend l’avertissement concret : la honte n’est pas neutre, elle révèle une priorité. Il met en tension le temps présent (pression sociale) et le temps futur (gloire du Fils).
L’arrière-plan biblique associe souvent honte et alliance : la honte peut être le signe d’infidélité (peur des hommes, idolâtrie) ou le résultat d’une faute exposée. Les prophètes opposent « craindre les hommes » et « craindre Dieu » : la honte sociale devient un piège qui détourne de la fidélité. Dans le langage biblique, Dieu peut aussi ôter la honte en restaurant son peuple (salut). Ainsi, dans les Évangiles, la honte de confesser Jésus résonne avec cette logique d’alliance : choisir l’approbation du monde plutôt que la fidélité à Dieu. Le mot rappelle que l’identité du peuple de Dieu n’est pas d’abord une réputation, mais une appartenance. Confesser le Messie peut coûter socialement, mais l’alliance promet une gloire supérieure. On garde la sobriété : le texte traite d’allégeance, pas d’estime de soi moderne.
On peut comprendre la honte comme une simple timidité. Ici, c’est plus profond : c’est refuser d’être identifié à Jésus par peur du jugement des autres. Clarification : le texte ne demande pas une personnalité “sans gêne”, mais une loyauté claire. Un contresens courant est de psychologiser (“j’ai honte donc je suis nul”) ; l’Évangile parle plutôt d’allégeance : qui est Seigneur, et quel regard gouverne ? Le verbe sert à mettre en lumière une tentation réelle : préférer l’acceptation sociale à la confession. Lire ainsi garde le texte christocentrique : le point central est Jésus et sa gloire future.
Verbe : avoir honte de / être gêné de s’identifier à quelqu’un (par crainte du regard ou du jugement). Dans les Évangiles, vise souvent la honte vis-à-vis de Jésus et de ses paroles.
Dans Mc 8,38 (et Lc 9,26), le verbe décrit la honte de s’identifier à Jésus et à ses paroles au milieu d’une génération hostile. Le mot vise un refus de confession motivé par la peur du regard humain.
Ne pas réduire à une émotion passagère : dans les Évangiles, la honte décrit souvent une posture (refus de confession). Distinguer honte sociale (peur) et honte morale (rougir de ses fruits) selon le passage (Rm 6,21).
Employé pour la honte vis-à-vis de Jésus/Évangile (Mc 8,38; Rm 1,16) et aussi pour rougir des œuvres passées (Rm 6,21).
confesser; assumer; se glorifier en Christ; assurance
rougir; être gêné; se cacher; ne pas assumer
Ne pas confondre avec « crainte » (phobos) : la honte est liée au regard/identité. Ne pas confondre avec « gloire » : ici l’opposé est souvent la confession ouverte.
avoir honte
Mc 8,38; Lc 9,26; Rm 1,16
G1870
epaischunomai — « ep-aï-skhü-no-maï » (approx.)
epaischunomai
Le verbe peut exprimer (Option A) la honte sociale : peur d’être associé à quelqu’un/quelque chose, ou (Option B) le rougissement moral : honte de ses actes. Pour choisir, relever l’objet (« de moi et de mes paroles » → A) et le contexte (« génération adultère et pécheresse » → pression sociale). Dans Rm 6,21, l’objet est « des fruits dont vous rougissez » → B. On n’impose donc pas un sens unique : le passage contraint. On reste explicatif : identifier le déclencheur de la honte et ce que le texte appelle à faire (confesser / ne pas rougir).
- Mc 8,38 — honte de Jésus/de ses paroles : la nuance est relationnelle et publique (assumer/refuser l’identification). - Indice de co-texte : lien direct avec “quand il viendra” (jugement/venue du Fils de l’homme) → la honte présente anticipe une évaluation future, pas une simple gêne psychologique.
Registre social et relationnel : réputation, appartenance, peur du jugement des autres. Le co-texte précise si la honte vise Jésus/l’Évangile (confession) ou les œuvres passées (rougir).