Oindre; consacrer (mettre à part)
χρίω décrit l’action d’oindre : appliquer de l’huile, et, dans l’usage biblique, mettre à part pour une mission. Le verbe est important car il relie un geste concret à une signification : l’onction n’est pas seulement une marque extérieure, elle signale un mandat. Dans le NT, la logique est souvent : Dieu oint → la personne est mandatée → la mission se déploie (par l’Esprit). Par exemple, Ac 10,38 associe explicitement l’onction et l’Esprit : Jésus est “oint” et il fait le bien, délivre, guérit. Le grec rend donc clair le lien entre consécration et action : l’onction conduit à une œuvre. Le verbe aide aussi à comprendre le titre “Christ” : le Christ est “l’oint”, donc χρίω sert de base sémantique au messianisme. La structure implicite est : choix divin → consécration → envoi.
Dans l’arrière-plan hébraïque, l’onction est un acte majeur d’alliance : on oint des rois, des prêtres (et parfois des prophètes) pour signifier que Dieu choisit, équipe et met à part. L’huile évoque bénédiction, joie, et présence de Dieu, mais surtout une mise à part pour servir. Le mot “Messie” (māšîaḥ) signifie “oint” : l’attente messianique est donc liée à l’idée d’une personne consacrée par Dieu pour régner et sauver. Cette pensée donne une profondeur : l’onction n’est pas un simple rituel religieux, c’est un signe public du mandat de Dieu. Dans le NT, Jésus apparaît comme l’accomplissement : oint par l’Esprit, il inaugure le Royaume et accomplit les promesses. L’image dominante est donc celle d’un Roi-Serviteur consacré par Dieu, dont l’autorité vient de Dieu et non des humains.
On peut entendre “oindre” comme une coutume ancienne ou comme une notion vague (“avoir de l’onction”). La Bible utilise l’onction comme un langage de mandat : Dieu met à part pour une mission. Clarification : χρίω n’est pas d’abord une expérience émotionnelle, mais un acte de consécration qui se voit et qui implique une responsabilité. Dans le NT, l’essentiel est christologique : Dieu a oint Jésus, ce qui signifie qu’il est le Messie et qu’il agit par l’Esprit. Le contresens fréquent est de confondre le geste (oindre) et le titre (Christ) ou de projeter des usages modernes; le texte vise plutôt l’accomplissement des promesses et l’autorité reçue de Dieu. Le mot aide donc à lire “Christ” comme “le consacré/mandaté” et à comprendre la mission de Jésus comme enracinée dans l’alliance.
Verbe : oindre (avec de l’huile), au sens concret et, bibliquement, au sens de consacrer/mandater. Sert notamment à parler de l’onction messianique (Messie = “oint”).
Selon le contexte, χρίω désigne soit l’onction concrète (huile), soit l’acte par lequel Dieu consacre/mandate (Jésus oint par l’Esprit).
Ne pas confondre l’acte d’oindre (χρίω) avec le titre “Christ” (Χριστός) : le titre dérive de l’onction mais n’est pas le geste. Ne pas réduire à un rituel : l’onction signifie mandat et consécration. Ne pas projeter automatiquement une “onction” moderne : rester sur les indices du passage.
Utilisé pour l’onction/consécration, surtout pour dire que Dieu a “oint” Jésus (mandaté par l’Esprit) et, par extension, que Dieu consacre son peuple.
profane; non consacré; laisser ordinaire
oindre; consacrer; dédier; mandater (selon contexte)
Χριστός (Christ, titre) ; ἀλείφω (oindre/enduire, souvent plus “cosmétique” ou funéraire) ; μύρον (parfum/huile, nom).
avoir oint
Lc 4,18; Ac 10,38; 2 Co 1,21
G5548
chriō — « kri-o » (approx.)
chrio
Registre cultuel et royal : geste d’onction (huile) qui signifie mise à part, consécration, mandat. Dans le NT, le verbe peut être employé littéralement (onction) et surtout théologiquement (Dieu a “oint” le Messie, et l’Esprit marque ce mandat).