Créer (acte divin)
Le verbe בָּרָא est hébreu et désigne l’acte de créer, avec une force particulière lorsqu’il a Dieu pour sujet. Sa logique n’est pas celle d’une simple fabrication à partir de matériaux déjà disponibles. Le mot met l’accent sur l’initiative souveraine de Dieu, capable de faire exister, d’établir un ordre ou d’ouvrir une réalité nouvelle. Pour l’expliquer correctement, il faut demander qui crée, quoi, et dans quel cadre. Dans l’Ancien Testament, בָּרָא a très souvent Dieu comme sujet, ce qui lui donne une portée théologique forte : la création dépend de sa parole, de sa volonté et de sa puissance. Le mot peut concerner le monde, un peuple, un cœur pur, ou une situation nouvelle. Sa nuance centrale est celle d’un acte créateur divin qui fonde une réalité. Il ne faut donc pas le réduire à « faire » au sens humain ordinaire. בָּרָא invite à lire la création comme une action qui établit, distingue et donne existence. Le mot rend visible la différence entre Dieu, qui crée souverainement, et la créature, qui reçoit son être et son ordre.
Dans l’univers biblique, בָּרָא ouvre la pensée de la création comme acte de Dieu. Dès le commencement, Dieu crée les cieux et la terre. Cette création n’est pas présentée comme une lutte entre forces égales, ni comme une transformation impersonnelle. Elle vient de Dieu, de sa parole et de sa volonté. Cette sensibilité éclaire toute utilisation du mot. Créer, dans la pensée hébraïque, c’est établir une réalité qui dépend de Dieu et qui reçoit de lui sa bonté, ses limites et sa vocation. Pour un lecteur moderne, créer évoque souvent inventer, produire, imaginer ou fabriquer. La Bible donne au mot une profondeur plus fondamentale : Dieu donne l’existence et l’ordre. בָּרָא peut aussi parler d’une œuvre nouvelle dans l’histoire ou dans le cœur humain. Le mot rappelle donc que Dieu n’est pas seulement réparateur ; il est Créateur. Il peut faire surgir ce qui n’était pas, renouveler ce qui semblait fermé, et fonder une réalité que l’homme ne pouvait pas produire. La création biblique porte ainsi dépendance, confiance et émerveillement devant Dieu.
Un lecteur moderne peut comprendre בָּרָא à partir de la créativité humaine : produire une œuvre, inventer une idée, lancer un projet. Cette comparaison est limitée. Le mot biblique parle d’abord de l’action de Dieu qui crée. La clarification principale est donc de distinguer fabrication humaine et acte créateur divin. L’être humain travaille avec ce qu’il reçoit ; Dieu fonde l’existence et l’ordre. Dans une culture marquée par la technique, on pense souvent créer parce qu’on transforme la matière ou l’information. בָּרָא rappelle que la création biblique touche une profondeur que la technique ne possède pas : donner l’être, établir une réalité sous la souveraineté de Dieu. Il faut aussi éviter de réduire le mot au seul débat moderne sur les origines. Le mot peut parler du commencement, mais aussi du renouvellement que Dieu opère. Sa nuance centrale est l’initiative souveraine de Dieu qui fait exister ou fait surgir du nouveau. בָּרָא aide donc à recevoir le monde, le salut et la transformation comme dons, non comme simples produits humains.
Créer par l’action souveraine de Dieu ; dans l’AT, souvent réservé à Dieu comme sujet.
Acte créateur attribué à Dieu : faire exister, ordonner et établir, particulièrement dans des contextes de commencement ou de nouveauté.
Tirer des conclusions techniques non portées par le texte ; oublier la finalité : gloire de Dieu et bonté de la création.
Genèse 1 ; et usage métaphorique : Dieu recrée et restaure (Ps 51).
détruire, défaire
créer, façonner (selon contexte)
simple fabrication humaine ; création comme recyclage seulement ; hasard impersonnel
créer
Gn 1.1; Es 45.18; Ps 51.12
H1254
ברא
ba-RA
bara’