chaleur ardente, canicule ; vent brûlant
καιρός (kairos) signifie « moment », « temps opportun », « saison » au sens qualitatif. Le mot ne décrit pas d’abord une durée mesurable, mais une période ou un instant qui a une signification : le “bon moment”, l’occasion, la fenêtre. Il se distingue de χρόνος, qui peut insister sur le temps qui passe ou la quantité de temps. La logique de καιρός est celle de la convenance : ce moment est approprié pour une action, ou ce temps est marqué par un événement. Le garde-fou est de ne pas traduire uniformément par “temps” neutre. Souvent, καιρός implique qu’il y a quelque chose à reconnaître : une saison, une opportunité, un moment décisif. Le terme suggère aussi qu’un moment peut être manqué : la fenêtre se ferme. Ainsi, καιρός est un mot de “timing” : le moment juste, la saison significative, le temps qui compte.
L’arrière-plan biblique parle de saisons et de temps fixés : semer, récolter, fêtes, jours déterminés. Le temps n’est pas seulement une ligne; il est rythmé et porteur de sens. Cela éclaire καιρός : un moment peut être qualitatif, chargé de signification. L’Ecclésiaste évoque un “temps pour” : temps de construire, temps d’abattre, temps de pleurer, temps de rire. Cette vision correspond à l’idée d’un moment approprié, non interchangeable. La Bible parle aussi de visites de Dieu, de jours de jugement ou de délivrance : des moments où la situation change. Reconnaître le temps, dans cette perspective, consiste à comprendre dans quelle saison on se trouve. Pour un lecteur moderne habitué à penser le temps en planning et en minutes, cet horizon rappelle un autre registre : le temps comme opportunité et comme responsabilité. Le “moment” a une portée : il appelle une lecture juste. Ainsi, καιρός s’inscrit dans une pensée biblique où le temps est donné, structuré, et parfois décisif. Le mot reste simple, mais il suppose un discernement : reconnaître la saison et ce qu’elle signifie.
Le lecteur occidental moderne mesure le temps (heures, délais) et peut perdre la notion de “moment opportun”. καιρός renvoie précisément à ce temps qualitatif : l’occasion, la fenêtre, la saison. La clarification est de distinguer quantité et pertinence : on peut avoir beaucoup de temps (chronos) sans que ce soit “le moment” (kairos). Un contresens courant est de traduire systématiquement “temps” et de passer à côté de l’idée de fenêtre. Un autre contresens est d’en faire un terme mystérieux. Le mot est concret : le bon moment. Pour un lecteur moderne, καιρός aide à comprendre qu’il existe des moments décisifs : une opportunité, une période, une saison, qui ne se répète pas forcément. Il met en avant le caractère non interchangeable du moment : ce n’est pas “n’importe quand”. Comprendre καιρός, c’est donc comprendre un temps significatif : le moment juste, la saison qui porte une importance particulière.
Chaleur ardente annoncée par un vent ; exemple de discernement météo dans Lc 12.
Ne pas confondre avec “feu” de 12,49 : ici c’est météo (chaleur), pas image de jugement. Garder l’exemple concret.
Terme rare, souvent lié à une chaleur forte (jour de travail, vent chaud). Sert parfois d’image d’épreuve, selon contexte.
fraîcheur, froid
canicule, chaleur, brûlure (au sens d’air brûlant)
πῦρ — feu (autre image) ; θερμαίνω — réchauffer (verbe)
chaleur ardente
G2742
Voir l’étymologie/forme sur lueur (καύσων, G2742).
kow-sone
kauson
Chaleur intense liée à un phénomène météorologique (vent du midi). Dans le contexte de Luc 12,55, le terme indique la capacité d’interpréter les signes naturels pour prévoir une canicule, soulignant un discernement pratique plutôt qu’une métaphore morale. Les occurrences parallèles (ex. Mt 20,12 ; Jc 1,11) confirment l’usage du mot pour désigner une chaleur extérieure, souvent associée à un vent chaud, sans connotation de jugement ou de feu spirituel.
Registre climatique : canicule, chaleur écrasante, air brûlant. Dans Lc 12, ce registre sert une illustration : lire des signes naturels pour prévoir ce qui vient.