Régler ou examiner des comptes avec quelqu’un; faire le bilan d’une dette, d’une obligation ou d’une gestion.
Dans une lecture grecque simple, συναίρω demande de partir de la scène concrète. Le verbe peut évoquer le fait de rassembler ou de prendre ensemble, puis, dans un cadre financier, de régler des comptes. La logique n’est donc pas seulement celle d’un calcul numérique. Il s’agit d’un examen organisé : les éléments d’une gestion ou d’une dette sont mis devant l’autorité concernée. Dans Matthieu 18, le mot est entouré par “roi”, “serviteurs”, “devait”, “talents” et “payer”. Ces indices orientent clairement vers le sens de règlement de comptes. Le verbe introduit un moment où ce qui était dû devient visible et doit être reconnu. Il ne porte pas à lui seul toute l’interprétation de la parabole; il décrit d’abord l’ouverture d’un bilan. Le lecteur doit donc éviter de le traduire trop faiblement par “compter des choses” ou trop fortement par une conclusion doctrinale complète. συναίρω met en place une relation asymétrique : une autorité examine les comptes d’un serviteur. Le mot sert la structure du récit en faisant passer la scène du service ordinaire au moment de vérification.
Même si συναίρω est un mot grec, l’univers biblique qu’il rejoint est très concret : dette, responsabilité, maître, serviteur, bilan. Dans l’Ancien Testament, rendre compte n’est pas d’abord une idée abstraite; c’est une réalité vécue dans les relations d’alliance, de justice, de gestion et de fidélité. Les biens confiés, les dettes, les mesures justes et les responsabilités devant une autorité appartiennent au monde quotidien de la Bible. Le mot permet donc de sentir qu’un compte n’est pas seulement une opération de chiffres. Il met en lumière une situation relationnelle : quelqu’un doit répondre de ce qui est dû ou confié. Dans Matthieu 18, le cadre de la parabole utilise cet arrière-plan de manière narrative. Le roi n’est pas seulement en train de calculer; il examine une relation de dette avec ses serviteurs. Pour un lecteur occidental, il est utile de garder cette matérialité biblique : une dette a un poids, un paiement est attendu, un compte peut être ouvert. Le mot prépare ainsi le terrain du récit sans se substituer au message complet de la parabole. Il dit simplement qu’un bilan sérieux commence.
Un lecteur moderne peut entendre “compter” comme une action très neutre : additionner, mesurer, établir un total. Ce sens existe en français, mais il est trop étroit pour συναίρω dans Matthieu 18. Le contexte ne parle pas d’un simple exercice de calcul; il décrit une autorité qui commence à régler des comptes avec des serviteurs. La nuance importante est donc administrative et relationnelle. Les comptes ne sont pas seulement des chiffres sur une page : ils révèlent une dette, une responsabilité et une situation à traiter. Cette clarification évite deux contresens. Le premier serait de banaliser le verbe, comme si le roi faisait seulement une vérification comptable sans enjeu. Le second serait de charger le mot seul d’une signification spirituelle complète. Le verbe donne le cadre concret; c’est l’ensemble de la parabole qui développe ensuite la portée du pardon et de la dette remise. Pour expliquer συναίρω, il faut donc commencer par la scène : un responsable examine les comptes de ceux qui dépendent de lui. Le mot aide à voir le passage d’une relation ordinaire de service à un moment de bilan, où ce qui était caché ou différé apparaît clairement.
Verbe grec lié au fait de régler des comptes : on rassemble les éléments d’une gestion ou d’une dette pour les examiner.
Dans Mt 18,24, “compter” signifie commencer l’examen des comptes avec les serviteurs. Le co-texte parle d’un roi, de serviteurs, d’une dette et du paiement attendu; il s’agit donc d’un règlement de comptes, non d’un simple calcul abstrait.
Ne pas réduire le mot à “faire une addition”. Ici, le co-texte impose l’idée de règlement de comptes. Ne pas confondre avec λογίζομαι, qui peut signifier compter, considérer ou imputer dans d’autres contextes, notamment plus théologiques.
Le verbe apparaît dans des contextes où une autorité examine ce qui a été confié ou dû. Il aide à décrire une scène de bilan : les comptes sont ouverts, les dettes apparaissent, et la responsabilité de chacun est mise en évidence.
régler des comptes; examiner les comptes; faire le bilan; calculer; rendre compte; solder
À distinguer de λογίζομαι, souvent lié à compter/considérer/imputer. συναίρω, ici, décrit plutôt l’action d’ouvrir ou régler des comptes dans une relation de dette et de responsabilité.
Mt 18,23-24; Mt 25,19
G4868
su-naï-rô
synairō
Option A : compter au sens de calculer ou dénombrer. Option B : régler/examiner des comptes avec quelqu’un. Dans Mt 18,23-24, les indices décisifs sont le roi, les serviteurs, la dette de dix mille talents et la question du paiement. Il faut donc retenir “régler des comptes”, sans transformer le mot seul en doctrine complète du jugement ou du pardon.
- Mt 18,23-24 — “compter avec ses serviteurs” puis “commencé de compter” : Option A serait dénombrer; Option B est régler des comptes. Les mots voisins “roi”, “serviteurs”, “devait”, “talents” et “payer” font préférer l’Option B. - Mt 25,19 — le maître “règle compte” avec ses serviteurs après une longue absence. Le co-texte parle de biens confiés et de retour du maître; la nuance est celle d’un bilan de gestion, non d’un simple calcul.
Le mot active le registre administratif, financier et judiciaire : on examine une gestion ou une dette devant une autorité. Il évoque une scène de bilan où les montants dus et les responsabilités deviennent visibles. Dans une parabole, ce vocabulaire reste concret avant de servir l’enseignement du récit.
Dans le Nouveau Testament, συναίρω décrit l’action de régler des comptes, notamment dans une relation maître-serviteur ou roi-serviteur.