Condamnation, verdict de culpabilité.
κατάκριμα signifie condamnation, verdict défavorable, sentence. Le mot est lié au champ de κρίνω (juger) avec le préfixe κατά- qui intensifie ou marque le sens “contre” : un jugement contre quelqu’un. Logiquement, κατάκριμα décrit un statut juridique : être sous condamnation, sous un verdict de culpabilité. Dans Paul, le terme est crucial car il permet de dire ce que l’Évangile change : en Christ, il n’y a pas de condamnation. Le mot sert donc à structurer le contraste : condamnation (ancienne position) vs justification/acceptation (nouvelle position). Il met en relief l’objectivité : ce n’est pas seulement un sentiment de culpabilité, c’est une réalité de jugement. Ainsi, κατάκριμα permet de clarifier le problème humain : le péché place sous condamnation. Et il clarifie aussi la grâce : Christ enlève la condamnation en portant le jugement. Le terme se distingue d’une discipline : la condamnation est verdict final, tandis que la correction peut être pédagogique. En somme, κατάκριμα désigne la sentence contre le pécheur, le statut de condamnation dont l’Évangile libère, en établissant un nouveau verdict en Christ.
La Bible pense la condamnation dans le cadre du tribunal de Dieu : le juge rend un verdict, et la culpabilité appelle un jugement. La pensée sémitique comprend que Dieu est juste : il ne peut pas simplement ignorer la faute. Les psaumes et les prophètes parlent de la culpabilité, du jugement, et de la nécessité du pardon. Le système sacrificiel montre que la faute doit être traitée : il y a expiation, substitution, purification. Ainsi, κατάκριμα résonne avec le langage d’alliance : la désobéissance entraîne une sentence, et l’homme est exposé au jugement. Mais l’AT révèle aussi la miséricorde : Dieu pourvoit à une voie de pardon, et il promet une restauration. Dans le NT, cette promesse s’accomplit en Christ : la condamnation est portée et levée. La pensée sémitique aide donc à comprendre que la condamnation n’est pas un concept abstrait; elle est l’enjeu réel du jugement de Dieu, et la bonne nouvelle est qu’une délivrance est donnée. Le verdict change parce que Dieu a agi dans l’alliance, en accomplissant la justice et la miséricorde.
Aujourd’hui, “condamnation” est souvent ressentie comme un jugement social ou comme une culpabilité psychologique. κατάκριμα, bibliquement, désigne surtout un verdict : être sous sentence devant Dieu. Clarification : ce n’est pas seulement “se sentir mal”, c’est une situation objective que l’Évangile traite. Le mot aide aussi à distinguer condamnation et correction : le NT peut corriger et discipliner, mais il annonce qu’en Christ le verdict final de condamnation est levé. En prédication exégétique, κατάκριμα permet d’expliquer la puissance de Romains 8 : l’Évangile ne promet pas seulement du réconfort; il annonce un changement de statut. Cela corrige un contresens moderne où le salut serait uniquement thérapeutique. Le terme met en avant la dimension juridique et relationnelle : la condamnation est enlevée, la paix avec Dieu est donnée, et la vie peut être vécue sans vivre sous un verdict écrasant.
Le verdict qui déclare coupable et expose à une peine juste.
La condamnation est réelle et objective; l’Évangile annonce qu’elle est levée pour ceux qui sont en Messie.
Ne pas réduire à “sentiment de culpabilité”: c’est un verdict.
Contraste “condamnation” vs “aucune condamnation” en Messie.
justification; acquittement
condamnation; verdict; culpabilité judiciaire
krima (jugement en général)
condamnation
Rm 5,16; Rm 8,1
G2631
katakrinō
ka-ta-kri-ma
katakrima