🇬🇷

considérer — ἡγέομαι — hēgeomai

Sens (principal)

Estimer, considérer, tenir pour.

Pensée grecque (logique / structure) — 200–250 mots

ἡγέομαι signifie considérer/estimer/tenir pour, verbe de jugement intérieur qui attribue une valeur. Dans l’usage grec, il sert à exprimer une décision d’évaluation : on pèse, puis on conclut. Dans Jc 1,2, “considérez comme une joie” met en place une logique paradoxale : l’épreuve est interprétée à la lumière de ce qu’elle produit; l’action demandée est d’abord une relecture, pas un changement d’émotion instantané. Dans Ph 3,7–8, Paul utilise ἡγέομαι pour renverser l’échelle de valeurs : ce qui était gain est reclassé comme perte à cause de Christ; le verbe porte une décision de comptabilité spirituelle. Ainsi, ἡγέομαι n’est pas une simple opinion, c’est une estimation qui oriente la conduite. Il aide à lire les passages : ce que l’on “tient pour” vrai et précieux détermine la manière de traverser une crise (Jacques) ou de renoncer à des avantages (Philippiens). Le mot souligne donc le rôle de l’interprétation : la foi se manifeste aussi dans la manière d’évaluer la situation, selon le cadre que Dieu donne.

Pensée hébraïque (repères AT : univers biblique / arrière-plan) — un mot de vie auprès de Dieu qui éclaire la pensée hébraïque pour un lecteur occidental moderne — 200–250 mots

Dans la pensée biblique, le cœur “compte” et “évalue” : ce qu’un être humain estime devient la direction de sa vie. La sagesse d’Israël appelle à “compter” correctement les jours, à discerner ce qui a vraiment du poids, et à ne pas se laisser tromper par l’apparence. Dans ce cadre, l’idée de “considérer / estimer” rejoint une dynamique d’alliance : on apprend à évaluer la réalité selon la parole de Dieu plutôt que selon le regard du monde. Jacques demande de considérer l’épreuve comme un lieu où Dieu produit une constance; Paul, en Philippiens, requalifie ses gains à cause de Christ. La pensée sémitique voit là une relecture : l’exil, l’épreuve, ou la perte peuvent être interprétés à la lumière de l’œuvre de Dieu. Ainsi, ἡγέομαι s’inscrit dans un registre de sagesse : l’acte de foi passe aussi par une estimation juste, qui refuse l’idolâtrie du prestige et choisit ce que Dieu appelle bon. Cette perspective rejoint l’arrière-plan de Luc 22 : les disciples évaluent la grandeur selon le monde; Jésus les appelle à reconsidérer selon le Royaume, où le service devient le critère. Le verbe met en lumière la dimension intérieure du disciple : l’alliance transforme l’échelle de valeurs.

Pensée moderne (clarification occidentale) — 200–250 mots

Une confusion moderne consiste à entendre “considérer/estimer” comme une autosuggestion, comme si la foi consistait à se convaincre que tout ira bien. Le NT parle plutôt d’une relecture fondée sur une vérité : Jacques relie l’épreuve à la persévérance, Paul relie la valeur de Christ à la requalification de ses gains. Clarification : ἡγέομαι ne nie pas la réalité, il la lit selon un cadre. Cela rejoint Luc 22 : les disciples évaluent la grandeur selon le rang; Jésus demande implicitement une autre estimation, où la grandeur est mesurée par le service. En prédication exégétique, ce verbe aide à montrer que beaucoup de tensions viennent d’une mauvaise échelle de valeurs : ce qu’on estime grand devient objet de rivalité. Jésus renverse l’échelle, et la communauté est appelée à estimer autrement. Ainsi, le mot “considérer” sert à expliquer la logique interne du texte : changer de cadre d’évaluation, ce n’est pas nier la réalité, c’est adopter le critère du Royaume tel que Jésus l’énonce. Cela montre aussi que la conversion demandée est intérieure (valeurs) avant d’être extérieure (gestes).

Courte description — (aide remplissage)

Considérer: évaluer et tenir quelque chose pour vrai/important.

Définition réelle (en contexte) — (aide remplissage)

La foi change l’échelle de valeurs: considérer selon Dieu, pas selon l’apparence.

Pièges lexicaux

Ne pas traduire mécaniquement: parfois “penser/estimer”, parfois “tenir pour”.

Usage biblique (mini)

Réorientation des valeurs; joie dans l’épreuve; choix spirituels.

Antonymes / contrastes (FR)

mépriser; négliger

Synonymes / proches (FR)

considérer; estimer; tenir pour; compter

À ne pas confondre avec…

logizomai (compter/imputer) plus technique parfois

Chapitres (suivi de lecture) occurrences complètes
Testament
Nouveau Testament
Langue — NOYAU
Grec
Catégorie (pédago)
Sagesse / cœur
Nature
Verbe
Terme FR (Ostervald 1996 — passage) — NOYAU

considérer

Versets clés (liste)

Ph 3,7–8; Jc 1,2; He 11,26

Code ACHL
Strong (H####/G####) — NOYAU

G2233

Lemme / racine (optionnel)

hēgemon (chef) lié étymologiquement

Prononciation — (aide remplissage)

hē-gé-o-mai

Translit. — NOYAU

hēgeomai

Vérifiable
Champs sémantiques
Foi
Garde-fou anti-“dictionnaire automatique” (règles) — choisir le sens uniquement à partir du co-texte — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Option A : “considérer” = simple opinion passagère. Option B : “tenir pour / estimer” = choix évaluatif profond qui oriente la conduite. L’indice est la construction “considérer X comme Y” (compter comme perte/joie), souvent dans un contexte d’exhortation. Ne pas psychologiser : il s’agit d’une évaluation volontaire (foi) plus que d’un ressenti.

Nuances Strong (en contexte) — notes de sens

- Jc 1,2 — “regardez comme une joie” : le verbe exprime une décision de perspective de foi (pas la négation de la douleur). - Ph 3,7–8 — “j’ai considéré… comme perte” : réévaluation radicale des gains humains à la lumière de Christ.

Registre / domaine concret (2–3 phrases) — quel “univers” le mot active ici ? (juridique, cultuel, relationnel, etc.) — Sources : lueur (OST) / Segond+Strong / Strong (lueur)

Registre de l’évaluation/choix : peser une valeur, décider d’un critère, tenir quelque chose pour prioritaire. Dans le NT, sert à décrire une reconfiguration des valeurs (joie dans l’épreuve, perte vs Christ).