Dans Mt 19,23, δυσκόλως exprime la difficulté réelle (pas l’impossibilité absolue) d’entrer dans le royaume quand on est riche, parce que la richesse tend à produire une sécurité qui résiste à la dépendance envers Dieu.
Le grec fait porter l’accent sur le mode d’entrée: “entrer difficilement” décrit un passage contrarié, comme une porte étroite face à un obstacle intérieur. La logique du discours crée un effet d’étonnement: diagnostic de Jésus → réaction des disciples → clarification sur l’impossibilité humaine; l’adverbe prépare cette montée en tension. Il ne sert pas seulement à “nuancer” l’énoncé, mais à déclencher la question: si même les riches peinent, alors le salut ne dépend pas d’un statut visible. Ainsi le mot fonctionne comme un levier rhétorique qui déplace la confiance du mérite ou des ressources vers la puissance de Dieu.
Dans l’arrière-plan biblique, la richesse peut être vue comme bénédiction, mais aussi comme tentation d’orgueil et d’oubli de Dieu; la Torah avertit de l’endurcissement du cœur quand on est rassasié. Le langage d’“entrer” dans le royaume évoque un passage d’alliance: être du peuple de Dieu implique une dépendance et une fidélité, pas seulement une réussite. Jésus parle donc à l’intérieur de cette tension sémitique: les biens peuvent devenir un rival du Dieu vivant si le cœur s’y accroche. Cela donne un cadre: la difficulté n’est pas morale au sens “argent = mauvais”, mais relationnelle au sens “à quoi mon cœur s’appuie-t-il?”.
Un lecteur moderne peut entendre “difficilement” comme une simple probabilité sociologique; le texte vise plutôt une dynamique spirituelle: la richesse rend la dépendance plus dure. La clarification utile est de lier l’adverbe à la suite: la difficulté met à nu l’impossibilité humaine et la nécessité de la grâce. Cela évite aussi de transformer le passage en discours anti-matériel ou en promesse de pauvreté obligatoire; le point est la confiance et l’entrée dans le royaume. Lire ainsi aide à garder la force du mot: il décrit un obstacle sérieux qui révèle où se situe la vraie puissance de salut.
Adverbe de difficulté: qualifie l’entrée dans le royaume comme un passage ardu pour celui qui s’appuie sur ses richesses.
Dans Mt 19,23, “difficilement” s’inscrit dans la discussion du salut après l’épisode du jeune homme riche: il expose un obstacle spirituel réel qui conduit à la question “qui peut être sauvé?” et prépare la réponse sur la possibilité de Dieu.
Piège: transformer le mot en règle mécanique (“les riches ne peuvent pas être sauvés”) alors que le texte conduit à “Dieu rend possible”. Piège: moraliser la richesse sans tenir compte de la logique du cœur exposée dans le récit du jeune homme riche.
Adverbe qui qualifie une entrée ou une action comme difficile, souvent pour souligner un obstacle sérieux plutôt qu’un simple inconfort.
facilement; aisément
avec difficulté; péniblement; ardu
Ne pas confondre “difficilement” avec “jamais”: le passage ouvre ensuite la porte à l’action de Dieu. Ne pas confondre non plus la difficulté liée à la richesse avec une condamnation de la création matérielle en soi: le contexte vise l’attache et la confiance qu’elle produit.
difficilement
Mt 19,23
G1423
δυσκόλως
dus-ko-lôs (approx.)
duskolos
Le co-texte immédiat est la conversation sur la richesse et le salut: Jésus ne parle pas d’une difficulté “technique” mais d’un obstacle spirituel qui surprend les disciples (“qui peut donc être sauvé?”). Option A (difficilement = avec difficulté mais possible) / Option B (difficilement = presque impossible) : le développement (“aux hommes impossible, à Dieu possible”) montre que la difficulté est réelle et profonde, et qu’elle ne se résout pas par simple effort humain. Ainsi, le mot doit être lu en connexion avec la dépendance envers Dieu, non comme une statistique sociale.
- Mt 19,23–26 — “entrera difficilement” : Option A (difficile mais possible) / Option B (quasi impossible par ressources humaines). Le co-texte “qui peut donc être sauvé?” puis “aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est possible” fait pencher vers une difficulté profonde qui révèle l’impossibilité humaine sans l’action de Dieu. La nuance est donc spirituelle (attache/confiance), pas simplement pratique.
Registre d’accès et d’obstacle: “entrer” dans le royaume est décrit comme un passage difficile. Le mot active l’univers de la résistance intérieure et de la dépendance, en lien direct avec la richesse comme attache.