Corban : offrande consacrée à Dieu (קָרְבָּן / κορβᾶν — korban).
κορβᾶν (corban) désigne une offrande “consacrée” à Dieu, un bien déclaré donné au temple. Le terme est un emprunt araméen/hébreu passé dans le grec du NT. Logiquement, κορβᾶν met en relief un statut religieux attribué à un bien : on le déclare “à Dieu”, donc indisponible pour d’autres usages. Dans le NT, Jésus critique l’usage détourné de ce principe : déclarer un bien “corban” pour éviter d’aider ses parents. Ainsi, κορβᾶν révèle un danger : utiliser une règle religieuse pour contourner l’amour et la justice. En somme, κορβᾶν désigne l’offrande consacrée, mais le NT l’emploie pour dénoncer la manipulation du sacré au détriment du devoir d’honneur et de compassion.
L’arrière-plan est le système des offrandes : consacrer à Dieu, donner au sanctuaire. La pensée sémitique comprend que ce qui est consacré appartient à Dieu et doit être traité avec crainte. Mais elle comprend aussi que l’obéissance (honorer père et mère, pratiquer la miséricorde) est prioritaire à un ritualisme. Les prophètes dénoncent les offrandes qui masquent l’injustice. Ainsi, κορβᾶν résonne avec cette critique : on peut “sanctifier” un bien pour se justifier, tout en violant l’alliance relationnelle.
Aujourd’hui, on peut spiritualiser des excuses (“c’est pour Dieu”) pour éviter des responsabilités. κορβᾶν met en lumière une hypocrisie possible : le sacré utilisé comme écran. Clarification : Jésus ne condamne pas le don à Dieu; il condamne le détournement qui annule le commandement d’amour et d’honneur. En prédication exégétique, κορβᾶν aide à parler de priorités : la religion ne doit jamais servir à fuir la compassion. Le mot corrige un contresens moderne : croire qu’un acte religieux compense l’injustice relationnelle. Le NT appelle à une piété vraie, qui honore Dieu en honorant aussi les proches.
Ici, le terme grec « korban » (translittéré korban), rendu en français par « don », correspond au Strong G5491 et désigne un sacrifice rituel offert.
Cas d’école : une pratique religieuse détournée pour annuler un commandement moral.
don
Mc 7,11
G5491
korban
Dans Marc 7, corban est dénoncé comme prétexte religieux pour éviter d’honorer père/mère. Ne pas le présenter seulement comme “don pieux” : le co-texte met en cause l’hypocrisie et l’abus.