désirer ardemment ; convoiter
ἐπιθυμέω signifie désirer ardemment, convoiter, tendre fortement vers. Le verbe exprime une intensité : un désir qui tire. Logiquement, ἐπιθυμέω peut être neutre/positif (désirer un bien, désirer manger la Pâque) ou négatif (convoitise). Le sens dépend de l’objet : le désir peut être orienté vers Dieu ou vers l’idole. Dans le NT, il sert à nommer la convoitise comme dynamique du péché, mais aussi des désirs bons. Ainsi, ἐπιθυμέω met en relief l’orientation du cœur : ce qui domine. En somme, ἐπιθυμέω = désirer fortement : énergie intérieure à discipliner.
La Bible parle des désirs du cœur : ils peuvent conduire à la sagesse ou à la chute. La pensée sémitique comprend que l’idolâtrie commence souvent par un désir désordonné. Les commandements touchent la convoitise (désirer ce qui ne t’appartient pas). Ainsi, ἐπιθυμέω résonne avec l’appel à aimer Dieu de tout son cœur, et à ordonner les désirs.
Aujourd’hui, on sacralise le désir (“si je le veux, c’est vrai”). ἐπιθυμέω corrige : le désir n’est pas automatiquement bon; il doit être orienté. Clarification : le problème n’est pas d’avoir des désirs, mais de laisser un désir devenir maître. En prédication exégétique, ἐπιθυμέω aide à parler de sanctification : transformer les désirs, apprendre à désirer Dieu et le bien, et résister à la convoitise.
Regarder pour convoiter = adultère du cœur : Jésus appelle à une pureté radicale. (Mt 5,27–30)
Dans Mt 5,28, le désir est un regard volontaire pour posséder l’autre; Jésus vise la convoitise sexuelle qui réduit la personne à un objet.
Ne pas confondre tentation et convoitise : Jésus parle d’un regard nourri “pour désirer”, pas d’une pensée involontaire. Ne pas minimiser en disant “pas d’acte, pas de péché” : le passage vise l’intention du cœur. Ne pas appliquer le mot hors contexte pour condamner tout désir : ici il s’agit du désir qui transgresse l’alliance.
Verbe de désir intense. Selon le contexte, peut exprimer un désir légitime ou une convoitise pécheresse. Dans Mt 5,28, il s’agit d’un désir nourri pour posséder (convoitise).
maîtrise de soi, contentement, pureté (selon contexte)
désirer fortement, convoiter, aspirer (selon contexte)
ἐπιθυμία — désir/convoitise (nom) ; πειράζω — tenter/éprouver (processus) ; ὄρεξις — appétit (autre registre)
désirer fortement
Mt 5,28 ; Jc 1,14–15 ; Ga 5,17
G1937
epi (sur) + thumos (désir/ardeur)
é-pi-thu-mé-o
epithumeō
Dans Mt 5,28, le co-texte (regarder pour convoiter, adultère dans le cœur) impose un désir orienté vers la possession sexuelle, pas un simple attrait. Donc éviter de remplir “désirer” de manière neutre. Dans Jc 1, le désir enfante le péché. Règle : identifier l’objet du désir et la logique du passage (regard → convoitise → péché) pour préciser.
- Mt 5,27–30 — “désirer/covoiter” (G1937) : le verbe vise un désir intentionnel qui objectifie l’autre et conduit au péché dans le cœur. L’indice est le lien direct “a déjà commis l’adultère dans son cœur”. - Mt 5,27–30 — Option A (attirance involontaire) / Option B (convoitise entretenue) : le co-texte tranche vers B : Jésus parle d’un regard qui “désire” (intention), puis appelle à des mesures radicales pour couper la source.
Registre désir/convoitise : le verbe décrit un désir fort, et dans Mt 5 il se situe dans un registre moral/sexuel : convoiter une femme, vouloir posséder. Il active l’univers intérieur des intentions et de la maîtrise de soi. Le mot touche donc aux mouvements du cœur qui précèdent l’acte.