Faire du commerce; négocier; faire fructifier (gérer activement)
Dans Lc 19, le verbe est au cœur de la logique d’attente : absence du maître → mission donnée aux serviteurs → évaluation au retour. Le grec montre que l’attente n’est pas passive : elle comporte une action responsable avec ce qui est confié. Le mot met en relief une fidélité mesurable : on “fait valoir” et cela produit un résultat. Le contraste narratif est clair : serviteur actif vs serviteur qui cache. Ainsi, πραγματεύομαι sert la structure morale de la parabole : la vraie fidélité travaille dans le temps présent en vue du retour du Roi.
L’arrière-plan biblique associe souvent la fidélité à la gérance : Dieu confie, l’humain administre, puis Dieu demande compte. Cette logique d’alliance implique responsabilité, justice et diligence. Dans les récits sapientiels, la paresse mène à la perte, tandis que la diligence garde et fait fructifier ce qui est confié. Le Royaume reprend ce schéma : on attend Dieu, mais on sert avec sérieux. L’image dominante est donc l’intendance : agir maintenant selon la volonté du Roi, en sachant qu’il reviendra juger avec justice.
On peut entendre “faites-les valoir” comme un appel à la réussite financière. Le passage vise plutôt la fidélité : ne pas laisser inactif ce qui est confié par le maître. Clarification : l’action demandée est une gérance responsable dans l’attente du retour, pas une idolâtrie du rendement. Le contresens est de spiritualiser en passivité (“attendre = ne rien faire”) ou de matérialiser en cupidité. Le mot aide à lire la parabole : la foi se manifeste par une fidélité active, orientée vers le Roi qui revient.
Verbe : exercer une activité (commerce/gestion), “faire fructifier”, s’occuper d’une affaire jusqu’au retour du maître (Lc 19,13).
Dans Lc 19,13, le maître confie une somme et dit : “faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne”. Le verbe décrit une gestion active (travailler avec ce qui est confié) pendant l’absence du maître.
Ne pas réduire à une “spiritualité de profit” : dans la parabole, l’enjeu est la fidélité et la responsabilité devant le maître. Toujours relier au co-texte (attente du retour).
Utilisé surtout dans une parabole pour exprimer la gestion active de ce qui est confié en vue du retour du maître (responsabilité).
enterrer; laisser inactif; négliger; gaspiller
faire fructifier; négocier; gérer; faire valoir; s’occuper d’une affaire
ἐργάζομαι (travailler) ; οἰκονομέω (gérer/administrer) — nuances proches, ici l’idée est “faire valoir” dans une affaire.
faites-les valoir
Lc 19,13–15
G4231
pragmateuomai — « prag-ma-té-ou-maï » (approx.)
pragmateuomai
Le verbe peut être traduit par “faire du commerce” ou “faire valoir”. Pour trancher, observer : (1) objet confié (argent/biens), (2) cadre (parabole, gestion), (3) horizon (jusqu’au retour). Dans Lc 19, l’ordre “jusqu’à ce que je revienne” contraint le sens : gestion active et fidèle. On évite donc de moraliser “commerce = mondain” ou de transformer en théorie économique : le texte vise la fidélité dans l’attente du Royaume.
Registre économique et de responsabilité : gérer des biens, négocier, faire fructifier ce qui est confié. Dans les paraboles, ce registre sert à parler de fidélité dans l’attente du Royaume : agir avec sérieux, pas enterrer ce qui est confié.