Fondation; (fig.) commencement (« fondation du monde »).
Le nom καταβολή renvoie à l’idée de « fondation » ou d’« établissement d’un commencement ». Dans des expressions comme « depuis la fondation du monde », il fonctionne comme une borne temporelle : il place ce qui est dit dans une antériorité radicale. La logique de l’expression est argumentative. Si quelque chose est vrai « dès la fondation », alors ce n’est pas improvisé, ni accidentel, ni fragile. Le mot sert donc à stabiliser une affirmation : il donne une profondeur de temps qui rend l’énoncé plus fort. Dans Jn 17,24, l’enjeu est de montrer que l’amour du Père et le dessein divin ne sont pas apparus tardivement. Le terme ne demande pas d’imaginer un chantier cosmique, mais de suivre l’usage du passage : un repère d’origine. Grammaticalement, la construction « depuis » + καταβολή établit une continuité : ce qui suit est pensé comme valable à travers toute l’histoire. Le co-texte sert de garde-fou : si le passage parle de création, l’accent est sur l’origine; s’il parle de plan ou d’élection, l’accent est sur l’antériorité d’un dessein. Ainsi, καταβολή est un mot de structure. Il organise le temps, il renforce l’argument, et il invite le lecteur à percevoir la solidité d’une intention qui précède les événements, au lieu de lire l’histoire biblique comme une suite de réactions.
L’Ancien Testament présente Dieu comme celui qui fonde et établit : il crée, il ordonne, il fixe des limites, et il soutient l’existence par sa parole. Parler de « fondation » ne renvoie donc pas seulement à un point de départ chronologique. Cela évoque un acte souverain : Dieu pose un cadre stable où la vie peut se déployer. Dans ce contexte, l’expression « depuis la fondation du monde » rappelle que l’histoire n’est pas sans intention. Dieu n’est pas un acteur tardif qui corrige après coup. La pensée biblique insiste sur une fidélité ancienne : ce que Dieu promet, il le prépare; ce qu’il accomplit, il l’avait déjà voulu. Cette perspective éclaire aussi la notion d’alliance. Dans la Bible, l’alliance n’est pas une improvisation pour gérer une crise, mais un dessein enraciné dans le caractère de Dieu. Pour un lecteur occidental moderne, souvent habitué à penser en termes de hasard, de nécessité, ou de simple évolution, ce repère est décisif. Il affirme que la réalité a un fondement, et que la relation avec Dieu s’inscrit dans une intention qui précède. Ainsi, le langage de la « fondation » soutient la confiance : la foi n’est pas une construction fragile, mais une réponse à un Dieu qui a établi, dès l’origine, un cadre de vie, de promesse, et de salut, et qui reste fidèle à ce qu’il a fondé.
Un lecteur moderne peut entendre « fondation du monde » comme une formule poétique, ou comme une image cosmique difficile à relier à la vie quotidienne. La clarification est que, dans les Évangiles, cette expression sert surtout à donner de la profondeur et de la solidité à une affirmation. Dire « depuis la fondation » revient à dire : ce qui suit n’est pas né d’un hasard récent, ni d’une réaction à une situation imprévue. C’est ancré dans une intention ancienne. Un contresens fréquent serait de transformer l’expression en débat technique sur la chronologie de la création, alors que le passage vise la confiance et la cohérence du dessein de Dieu. Un autre contresens serait de fataliser : si tout est décidé d’avance, rien n’a d’importance. Le texte ne pousse pas vers l’inertie, mais vers l’assurance : Dieu n’improvise pas, et sa fidélité ne dépend pas des circonstances. Pour aujourd’hui, la lecture reste sobre : repérer comment le terme fonctionne dans l’argument (antériorité, stabilité, continuité), puis recevoir l’effet recherché sur le lecteur (sécurité, confiance, ancrage). La « fondation » devient alors un langage qui réoriente : la vie n’est pas suspendue au chaos, elle repose sur un fondement, et ce fondement est la parole et la fidélité de Dieu.
Nom : fondation; commencement (ex. “fondation du monde”).
Nom : fondation/base posée; par extension commencement/origine. Dans les formules “depuis la fondation du monde”, il sert de borne d’antériorité : ce qui est dit est présenté comme voulu dès l’origine, donc stable et intentionnel dans le dessein de Dieu.
Selon le passage, “fondation” peut être concrète (bâtir) ou temporelle (origine du monde) : le co-texte tranche.
Terme de repère d’origine (souvent “fondation du monde”), ou fondation au sens d’établir une base, selon le passage.
fin
fondation; commencement
ἀρχή (commencement) : terme plus général; ici “fondation” insiste sur le fait d’établir/poser une base (ou l’origine).
fondation
Jn 17,24
G2602
ka-ta-bo-lè (approx.)
katabolē
Règle : identifier l’axe du passage : construction (fondement), création (origine), ou plan (antériorité). Éviter de glisser vers une idée morale (“fondements”) si le texte parle de chronologie/cosmologie.
- Peut désigner (A) acte de fonder, (B) base/fondement, (C) repère temporel (depuis l’origine). - L’expression cosmique sert souvent à soutenir la confiance : Dieu n’improvise pas.
Registre origine/fondation : soit fondation au sens de base posée (bâtir), soit repère d’origine (début d’un ordre, “du monde”) selon le passage. Sert à situer un point de départ.