fortifier; renforcer; rendre plus fort (donner de la force)
ἐνισχύω signifie fortifier, rendre plus fort, donner de la vigueur. En Lc 22,43, le verbe décrit l’action de l’ange envers Jésus : il ne parle pas, il fortifie. Exégétiquement, cela montre que la scène est orientée vers l’endurance dans l’obéissance : Jésus va boire la coupe, et il reçoit une force pour persévérer. Le verbe souligne aussi la réalité de la faiblesse assumée : Jésus n’est pas présenté comme un acteur insensible; il est dans l’agonie, et il est fortifié. La logique du passage tient ensemble deux pôles : volonté du Père (non retirée) et soutien du ciel (accordé). ἐνισχύω devient ainsi un mot clé pour lire la théologie de l’épreuve : Dieu peut soutenir sans supprimer l’épreuve. Dans Luc, l’idée de fortification revient souvent comme manière de décrire l’œuvre de Dieu qui rend capable d’accomplir une mission. Ici, la mission est la passion elle-même. Le verbe met donc en relief la finalité : maintenir Jésus dans la prière et dans l’obéissance jusqu’au bout.
L’AT connaît le motif de Dieu qui “fortifie” son serviteur : il donne la force à ceux qu’il appelle, surtout dans la faiblesse. Les Psaumes parlent du Seigneur comme force et refuge; les récits montrent des serviteurs relevés pour accomplir une tâche difficile. On trouve aussi l’idée d’être “affermi” pour tenir dans l’épreuve, non par héroïsme, mais par l’aide de Dieu. Luc 22 s’inscrit dans ce registre : Jésus, Serviteur fidèle, est soutenu dans l’heure où la coupe est assumée. La pensée sémitique ne voit pas la fortification comme un accessoire; elle signifie que Dieu est proche et actif, même quand il n’enlève pas la souffrance. L’ange qui fortifie renvoie à une assistance divine qui permet d’aller au bout de la volonté de Dieu. Ainsi, ἐνισχύω se comprend comme un acte de fidélité divine : Dieu soutient son Messie pour que l’alliance et la délivrance s’accomplissent, même si l’accomplissement passe par la douleur.
On peut penser que “fortifier” signifie supprimer toute faiblesse ou donner une émotion de confiance. Le texte dit simplement : l’ange le fortifie. Clarification : la fortification n’annule pas l’agonie, puisque Luc décrit ensuite une prière plus instante et une sueur comme du sang. Cela aide à lire le passage avec précision : la grâce soutient l’obéissance, mais elle ne court-circuite pas l’épreuve. Pour la prédication exégétique, ἐνισχύω permet de souligner la cohérence : Jésus se soumet à la volonté du Père, reçoit un soutien du ciel, puis persévère dans la prière. On reste dans le texte : fortification, agonie, prière, et accomplissement de la passion imminente, sans glisser vers une application simpliste sur “être fort”.
Dans le passage, ἐνισχύω décrit une action de renforcement : quelqu’un est rendu plus fort (physiquement ou intérieurement), souvent pour tenir dans une épreuve ou accomplir une mission.
Ne pas confondre avec ἐνδυναμόω (rendre puissant) : proche. Ici, l’idée reste ‘renforcer’ par force donnée.
fortifier
G1765
enischuo
Option A : fortifier physiquement (reprendre des forces). Option B : fortifier intérieurement/spirituellement (par Dieu, par une visite, par une parole). L’indice est l’agent (Dieu/ange) et le contexte (fatigue, épreuve, mission). Ne pas réduire à ‘encourager’ si le texte parle de force réelle donnée.
- Lc 22,43 — un ange ‘le fortifia’ : renforcement pour l’épreuve; indice : agonie au jardin. - Ac 9,19 (thème possible) — reprendre des forces : contexte de nourriture/repos.
Registre force/soutien : donner de la force à quelqu’un. Dans les récits, peut décrire une aide divine (ange qui fortifie Jésus) ou un soutien dans l’épreuve.