Un « fosse » : cavité creusée délibérément, servant de réceptacle (ex. puits ou citerne) dans le texte.
Dans Mt 12,11, βόθυνος (“fosse”, “trou”) désigne une cavité où l’on peut tomber, utilisée par Jésus dans un raisonnement par l’évidence. La logique du passage est analogique : si quelqu’un agit spontanément pour sauver un animal tombé dans un trou, alors il est cohérent d’agir pour faire le bien à un humain, même le jour du sabbat. Exégétiquement, le mot est important non parce qu’il aurait une symbolique cachée, mais parce qu’il rend l’exemple concret, incontestable et immédiatement compréhensible. La nuance utile est donc : fosse/trou (danger concret), servant d’illustration. Pour comprendre, on repère le mouvement de l’argument : (1) cas pratique, (2) conclusion morale. Le “trou” met en scène une urgence : une chute, une détresse, et la nécessité d’intervenir. Le terme permet à Jésus de démasquer un légalisme : on accepte une exception quand cela touche à ses intérêts (un mouton), mais on refuse la compassion quand cela touche une personne. Exégétiquement, βόθυνος sert donc à révéler la priorité du bien : la loi n’est pas annulée, mais elle est lue à la lumière de la miséricorde. Le lecteur doit éviter de sur-spiritualiser “la fosse” ici : le but du texte n’est pas d’écrire une parabole de l’enfer, mais d’enseigner sur la cohérence et la compassion. Cela dit, le mot, dans la Bible, peut évoquer ailleurs la détresse (tomber dans un piège), ce qui rend l’image encore plus parlante : une chute réclame secours. Exégétiquement, l’exemple montre aussi un principe rhétorique fréquent chez Jésus : prendre un cas que tous approuvent, puis étendre la logique vers ce que certains refusent. Ainsi, βόθυνος devient un repère de méthode : Jésus enseigne en rendant visible l’évidence morale. Le trou est un détail concret, mais il porte la force de l’argument : il faut retirer de la fosse. Et si l’on le fait pour un animal, combien plus pour un humain. Le mot soutient donc une théologie pratique : la compassion est conforme à la volonté de Dieu.
Dans l’univers biblique, la “fosse” est une image fréquente de détresse : tomber dans une fosse, être pris dans un piège, être au bord de l’abîme. Les psaumes parlent d’être relevé de la fosse, et la sagesse met en garde contre les fosses creusées par l’injustice. Le repère principal est simple : Dieu relève et il appelle son peuple à la justice et à la compassion. Cela éclaire βόθυνος : dans Mt 12, l’exemple est surtout concret, mais il résonne avec une mémoire biblique où la chute appelle secours. L’arrière-plan de la Torah souligne aussi l’importance de la compassion envers les animaux et la protection des biens d’autrui : on ne laisse pas un animal en détresse. Ainsi, l’argument de Jésus s’inscrit dans une logique de loi comprise comme protection de la vie. Exégétiquement, Jésus ne détruit pas le sabbat ; il le lit à la lumière du Dieu qui sauve. Le sabbat, dans l’AT, est un jour de repos donné pour la vie, pas un instrument pour empêcher la miséricorde. Le fait de retirer de la fosse rejoint aussi une théologie d’exode : Dieu délivre. Ainsi, l’exemple d’un trou devient une leçon d’alliance : l’alliance produit une miséricorde concrète. L’arrière-plan prophétique rappelle enfin que Dieu critique une religion qui garde des rites mais oublie la justice. Ainsi, “fosse” devient un repère : quand quelqu’un est en danger, on agit. Dieu est le libérateur, et son peuple doit refléter son caractère. Le mot, simple, soutient donc une sagesse biblique : ne pas utiliser la loi contre la compassion, mais pour la vie.
Pour un lecteur moderne, une “fosse” peut sembler un détail rural. La clarification utile est : βόθυνος sert ici à rendre un argument moral très concret. Exégétiquement, Jésus ne parle pas d’un symbole, mais d’une situation évidente : un animal tombe dans un trou, on le retire. Le lecteur moderne comprend alors la force : si on agit naturellement pour un animal, on doit agir encore plus pour une personne. Cela évite un contresens moderne : penser que Jésus “relativise” la loi ou qu’il “autorise tout”. Il montre plutôt la finalité : faire le bien. Le mot “fosse” met en scène une urgence : on n’attend pas parce que c’est le “mauvais jour”. Exégétiquement, l’application est claire : la compassion ne se met pas en pause. Le lecteur moderne peut aussi y entendre une critique de la cohérence : on peut être strict sur des principes quand cela concerne les autres, mais flexible quand cela concerne nos intérêts. Jésus met cela en lumière. βόθυνος, petit mot concret, rend cette hypocrisie visible. Il invite à une foi qui agit : quand quelqu’un est “dans un trou” (au sens concret ou figuré), l’évangile appelle à aider. Mais l’exégèse reste fidèle : l’image vient d’une fosse réelle. L’application figurée doit rester secondaire et prudente. Le sens principal demeure : un trou = une détresse, et la miséricorde doit intervenir.
Image d’un trou où un animal peut tomber; sert d’argument sur le sabbat (agir pour sauver).
Mt 12,11 (thème)
G0999
bothynos
Mot concret : fosse/trou. Le co-texte tranche : (A) trou/piège (danger) ou (B) puits/citerne (lieu d’eau) selon la scène. Ne pas lui donner une portée spirituelle sans indice explicite du passage.
Registre quotidien / danger : cavité creusée, risque de chute, piège. Dans l’argumentation, sert d’exemple concret pour raisonner sur la compassion et l’action permise.