frapper; gifler (soufflet)
Le grec ῥαπίζω vise l’action de frapper le visage (soufflet/gifle), ce qui porte une charge d’humiliation. En Mt 5, l’exemple concret (“joue”) sert à définir un cas-type : l’affront personnel. La logique de Jésus est de rompre l’escalade : ne pas répondre à l’insulte par la réciprocité violente. En Mt 26, le verbe s’insère dans une chaîne de dérision : la violence sert la moquerie et l’injustice. Le mot aide donc à entendre : humiliation + injustice, pas simple “coup”.
Dans l’arrière-plan biblique, frapper le visage est un geste d’humiliation et de mépris : il vise l’honneur, pas seulement le corps. Les psaumes et les récits de persécution évoquent souvent les outrages, les crachats et la honte publique infligée au juste. La Torah place aussi la question de la vengeance sous le regard de Dieu : ne pas rendre le mal pour le mal, mais laisser à Dieu la justice (logique d’alliance). Dans les prophètes, le serviteur souffrant est parfois décrit comme recevant l’insulte et les coups sans se détourner, dans une obéissance fidèle. Cela donne un arrière-plan fort à Mt 5 (non-escalade) et à la passion (Jésus humilié) : l’enjeu n’est pas seulement la violence, mais l’honneur, la justice et la fidélité devant Dieu.
On peut lire “tendre l’autre joue” comme passivité totale. Le co-texte montre plutôt une non-vengeance : refuser la logique de l’escalade et laisser Dieu rendre justice. Dans la passion, les gifles font partie de l’humiliation injuste subie par Jésus. Le mot rappelle que l’enjeu est aussi l’honneur (insulte) et la dignité du juste, pas seulement un “petit coup”.
Frapper / gifler : frapper la joue (soufflet) ou avec un bâton. (Mt 26,67)
Dans Mt 5,39, Jésus enseigne une non-vengeance active : répondre à l’insulte par la douceur, sans rendre coup pour coup.
À distinguer de mastigoō (flageller) : rhapizō = soufflet/gifle (plutôt sur le visage).
Mt 5,39 : “si quelqu’un te frappe sur la joue…”. Mt 26,67 : Jésus reçoit des coups et des soufflets.
caresser; épargner
gifler; frapper; donner un soufflet
mastigoō (flageller); typtein (frapper) : plus général.
frapper
Mt 5,39; Mt 26,67
G4474
vient d’un dérivé de rhepō (selon lueur)
hrap-id’-zo
rhapizō
Option A : frapper/gifler (soufflet) = insulte/humiliation personnelle. Option B : frapper au sens plus général (coups violents) sans nuance d’honneur. En Mt 5,39, l’indice est “sur la joue droite” : c’est un affront (soufflet), donc A. En Mt 26,67, l’indice est la scène de dérision (coups au visage, crachats) : A aussi (humiliation), même si la violence est réelle. Le co-texte gouverne donc : atteinte à l’honneur + violence, pas simple “toucher”.
Registre relationnel / honneur-honte : la gifle vise l’humiliation publique. Dans la passion, c’est aussi un registre judiciaire illégitime : violence et moquerie contre l’accusé. Dans l’enseignement de Mt 5, le registre est celui de la non-vengeance face à l’affront.