grenier ; lieu de stockage (réserves)
ἀποθήκη désigne un grenier/entrepôt de stockage. En Lc 12,18, le mot sert à matérialiser une stratégie : accumuler → agrandir les greniers → se dire en sécurité. La logique du récit repose sur ce mot concret : la sécurité recherchée est externalisée dans des réserves. Dans Mt 6,26, l’idée de réserve (greniers) sert au contraire à relativiser l’anxiété : les oiseaux n’amassent pas dans des greniers et pourtant Dieu nourrit. Le terme structure donc un contraste : stockage comme illusion de contrôle vs dépendance confiante. Il rend visible la tentation : confondre réserves et vie.
Dans l’imaginaire biblique sémitique, les greniers renvoient à la bénédiction des récoltes, mais aussi au risque de croire que l’abondance garantit la vie. Les Proverbes et les prophètes rappellent que la prospérité peut endurcir le cœur si elle devient une “forteresse”. Le vocabulaire de “réserve” touche aussi la logique de “manger/boire/reposer” comme sécurité. L’arrière-plan aide donc à lire Lc 12 comme une sagesse biblique : la vie est reçue, elle n’est pas possédée par stockage.
Un lecteur moderne peut entendre “grenier” comme un détail rural. Dans la parabole, c’est le cœur du projet : augmenter sa capacité de stockage pour se garantir le futur. Le mot clarifie la tentation occidentale classique : convertir l’abondance en contrôle. Lc 12 ne condamne pas le fait de stocker en soi, mais la prétention de “sécuriser sa vie” par les réserves. La scène devient très actuelle : planification sans Dieu, identité fondée sur l’accumulation.
Lieu où l’on met les récoltes ; dans la parabole, symbole d’accumulation et de sécurité illusoire.
Lc 12,18 : “grenier/entrepôt” concret, agrandi pour stocker ; il symbolise la logique d’accumulation sécuritaire du riche.
Ne pas réduire à “argent” : c’est le stockage (récolte, biens) et la logique de sécurité qui est en vue. Éviter d’en faire un symbole automatique : dans d’autres contextes, un grenier peut être neutre.
Le terme évoque le stockage des récoltes. Dans une parabole, il porte souvent une valeur illustrative : ce que l’on protège, ce que l’on accumule, ce qui devient “sécurité”.
dépenser, distribuer, laisser sans stock
grenier, entrepôt, réserve, magasin
θησαυρός — trésor (accent sur valeur) ; πλοῦτος — richesse (accent sur abondance)
grenier
Lc 12,18 ; Mt 6,26 ; Jc 5,3
G0596
Voir l’étymologie/forme sur lueur (ἀποθήκη, G596).
a-po-thay-kay
apotheke
Option A : bâtiment/annexe de stockage (greniers, celliers) ; Option B : “réserve” au sens plus abstrait. En Lc 12,18, l’indice décisif est l’action concrète : « j’abattrai mes greniers, j’en bâtirai de plus grands, et j’y amasserai… ». Le co-texte parle de récolte, de biens, de construction : on est sur l’option A, un lieu réel de stockage. Donc le mot sert l’image d’accumulation sécuritaire, pas une “réserve” vague.
- Lc 12,18 : Option A (lieu concret) est imposée par les verbes “abattre/bâtir/amasser”. Le mot sert l’image d’une sécurité construite sur les réserves.
Registre agricole et économique : stockage de la récolte, gestion des surplus, sécurité matérielle. Lc 12 utilise ce domaine concret pour révéler une logique de confiance déplacée (sécurité par accumulation).