Sens (court): peur soudaine et totale qui paralyse, décrivant une terreur extrême où la personne est « hors d’elle »; l’indice de co‑texte est le passage qui souligne la perte de maîtrise face à un événement effrayant.
ἔκφοβος signifie hors de lui, terrifié, saisi de peur extrême. L’adjectif intensifie la peur : ce n’est pas une inquiétude légère, mais une frayeur qui bouleverse. Logiquement, ἔκφοβος met en relief un dépassement : la personne est “hors d’elle” sous l’effet d’un événement. Dans le NT, ce terme apparaît dans des contextes de manifestation divine (tombeau, apparition, miracle) : la peur est une réaction à l’inattendu et au sacré. Ainsi, ἔκφοβος souligne la distance entre l’humain et l’irruption du divin : cela secoue. En somme, ἔκφοβος désigne la terreur : peur intense face à un événement qui dépasse.
La pensée biblique connaît la “crainte” devant Dieu : réaction à la sainteté et à la gloire. Elle distingue la crainte révérencielle (respect) et la peur panique. Les récits de théophanies (Sinaï, anges) produisent une frayeur, puis une parole de paix : “ne crains pas”. Ainsi, ἔκφοβος résonne avec ce motif : face à Dieu, l’homme tremble, puis il est relevé par la parole.
Aujourd’hui, on évite la peur et on la pathologise. ἔκφοβος aide à lire les récits : la peur n’est pas forcément incrédulité, elle peut être réaction à la surprise du sacré. Clarification : l’Évangile ne laisse pas l’homme dans la terreur; il donne une parole qui rassure et oriente. En prédication exégétique, ἔκφοβος permet de parler d’un Dieu qui bouleverse, mais qui console : l’ange dit “ne craignez pas”. Le mot corrige un contresens moderne : croire que Dieu ne dérange jamais; la présence de Dieu peut d’abord effrayer avant de pacifier.
Ici, le terme décrit une peur soudaine, totale et paralysante qui plonge la personne dans une terreur extrême, au point d’en être « hors d’elle ». C’est l’expression d’une perte totale de maîtrise face à un danger saisissant.
Ne pas affadir en “un peu peur”. Le mot décrit un saisissement extrême. Ne pas moraliser trop vite : Marc décrit une réaction humaine face à l’irruption de Dieu.
Mc 16,8 : les femmes fuient du tombeau, saisies de tremblement et de frayeur.
rassuré; en paix; confiant
terrifié; saisi de frayeur; épouvanté
φόβος (peur générale) et τρόμος (tremblement) : ἔκφοβος est un intensif (hors de soi).
hors de lui / très effrayé
Mc 16,8
G1630
ek-fo-bos (approx.)
ekphobos
Repérer le contexte (épiphanie/ange/événement divin). Traduire par “saisi de frayeur / hors de soi de peur”, pas seulement “peu inquiet”.
Registre émotion/réaction : frayeur extrême, saisissement. Dans Marc 16, lie l’annonce de la résurrection à une stupeur qui réduit au silence.