Ressemblance, similitude, forme qui rappelle une autre réalité.
Le verbe ὁμοιόω signifie rendre semblable, comparer ou assimiler selon un rapport précis. Sa logique grecque ne dit pas forcément que deux réalités sont identiques en tout. Elle établit plutôt une ressemblance utile entre elles. Pour comprendre le mot, il faut donc demander : semblable en quoi ? sur quel point ? et jusqu’où la comparaison va-t-elle ? Le danger serait de transformer une analogie en équivalence totale. ὁμοιόω fonctionne souvent comme un outil pédagogique : une réalité connue éclaire une réalité moins visible. Le mot peut décrire une ressemblance de nature, de fonction, d’effet ou de forme. Le co-texte décide. Sa force est de mettre en relation deux éléments sans les confondre. Il permet de voir un trait commun, mais il laisse aussi subsister les différences. Dans une lecture précise, il faut repérer le point de comparaison et ne pas ajouter d’autres ressemblances non indiquées. Le mot enseigne donc une logique de correspondance limitée : deux choses se répondent sur un aspect déterminé, afin de rendre le sens plus clair.
La pensée biblique emploie beaucoup les comparaisons concrètes : arbre, chemin, eau, feu, berger, pierre, lumière. Ces images ne cherchent pas toujours à expliquer tout un système ; elles mettent en évidence un trait décisif. Cette sensibilité éclaire ὁμοιόω. Rendre semblable ou comparer, dans l’univers biblique, sert souvent à faire voir une vérité par une image accessible. Le mot invite à respecter le point de ressemblance choisi. Dans l’Ancien Testament, les comparaisons peuvent être fortes, mais elles restent attachées à un aspect : stabilité, fragilité, fécondité, jugement, protection. Pour un lecteur moderne, la comparaison peut être prise soit trop faiblement, comme une illustration décorative, soit trop fortement, comme une identité complète. La pensée biblique demande un chemin plus sobre. L’image donne une lumière réelle, mais elle ne dit pas tout. ὁμοιόω aide donc à écouter la comparaison comme un acte de sagesse : une réalité visible devient repère pour comprendre une autre réalité. Le mot enseigne à discerner précisément la ressemblance voulue, sans forcer l’image au-delà de son rôle.
Un lecteur moderne peut mal gérer les comparaisons. Parfois, on les réduit à de simples illustrations sans force. Parfois, on les pousse trop loin, comme si deux réalités comparées étaient identiques sur tous les points. Le mot ὁμοιόω aide à corriger ces deux excès. Il indique une mise en ressemblance, mais cette ressemblance doit être définie par le contexte. La question essentielle est : quel aspect est comparé ? Une comparaison peut porter sur la fonction, l’effet, la forme, la direction ou la conséquence. Elle ne permet pas automatiquement d’importer tous les détails d’une réalité dans l’autre. Cette précision est importante pour éviter des interprétations excessives. Le mot montre aussi que le raisonnement biblique peut être très concret : une réalité visible sert à comprendre une réalité morale, spirituelle ou relationnelle. Ce n’est pas une faiblesse intellectuelle ; c’est une pédagogie. ὁμοιόω invite donc à lire avec attention et mesure. La comparaison donne un vrai éclairage, mais un éclairage ciblé. Pour comprendre le mot, il faut honorer à la fois la ressemblance affirmée et les limites que le passage laisse en place.
Le terme désigne une correspondance ou une ressemblance entre deux réalités.
Maudire un humain contredit la reconnaissance de sa ressemblance avec Dieu.
Ne pas réduire à une apparence physique ; la ressemblance signale la dignité devant Dieu.
Employé pour évoquer une similitude ou une image représentative.
dissemblance, opposition, défiguration
ressemblance, similitude, image, correspondance
Identité absolue ou simple imitation superficielle.
image
Jc 3,9
G3669
ὁμοιόω / ὅμοιος
ho-moi-O-o
homoiōsis
Option A : rendre semblable, comparer. Option B : égaliser totalement. Dans Jc 3,1–12, Jacques compare la langue à un feu et à de petits instruments qui dirigent de grandes réalités ; le co-texte favorise l’Option A. La comparaison éclaire une fonction, sans dire que les réalités comparées sont identiques en tout.
- Jc 3,1–12 — Jc 3,5–6 : Option A : comparer pour éclairer une puissance disproportionnée ; Option B : identifier totalement deux réalités. Les images du mors, du gouvernail et du feu font préférer l’Option A. La nuance est pédagogique : la comparaison rend visible l’influence de la langue sans réduire le passage à une métaphore unique.
Domaine théologique et éthique. L’anthropologie biblique devient une règle pour la parole.