Indignation; irritation profonde (ἀγανάκτησις — aganaktēsis).
ἀγείρω (ageirō) signifie « rassembler », « réunir », « assembler ». Le verbe décrit l’action de faire venir des éléments dispersés pour former un groupe. Sa logique est centripète : on amène vers un centre, on regroupe. Le garde-fou est de ne pas confondre ἀγείρω avec une simple “addition” neutre. Le verbe implique souvent une intention et un mouvement : quelqu’un rassemble, soit des personnes, soit des objets, soit des ressources. Il se distingue d’un simple “être ensemble” : ἀγείρω est actif, il provoque le rassemblement. Selon le contexte, il peut concerner une foule, une assemblée, ou même un ensemble d’objets. Comprendre ἀγείρω, c’est donc comprendre un verbe de regroupement : ce qui était séparé est mis ensemble. Le mot met en lumière le passage de la dispersion à l’unité. Lexicalement, il insiste sur l’acte de constituer un ensemble. Dans un texte, il peut donc signaler une mobilisation (rassembler des gens), une collecte (rassembler quelque chose), ou une convocation. La nuance exacte vient du contexte, mais le noyau reste : réunir en un seul lieu ou en un seul groupe.
L’Ancien Testament raconte un peuple souvent dispersé puis rassemblé : rassemblements au Sinaï, convocations pour les fêtes, assemblées pour écouter la Loi, et plus tard dispersion en exil puis promesse de rassemblement. Cet arrière-plan éclaire ἀγείρω : rassembler n’est pas seulement logistique, c’est un acte qui constitue une communauté. La Bible voit le rassemblement comme moment de parole : on se réunit pour entendre, pour répondre, pour renouveler l’alliance. Les prophètes annoncent aussi un rassemblement final : Dieu ramène, réunit, restaure. Ainsi, l’idée de rassembler porte une dimension de restauration : ce qui était séparé est remis ensemble. Mais elle peut aussi porter une dimension de jugement : certains rassemblements sont des convocations où Dieu met en lumière. Pour un lecteur moderne, cet horizon corrige une vision individualiste : la Bible pense la foi en termes de peuple rassemblé. Le verbe de rassemblement évoque donc une dynamique collective : Dieu rassemble, les responsables rassemblent, le peuple se réunit. ἀγείρω, dans ce cadre, renvoie à l’acte de constituer une assemblée autour d’une parole et d’une réalité commune.
Le lecteur occidental moderne pense “rassembler” comme organiser une réunion. ἀγείρω correspond bien, mais la clarification est que le verbe insiste sur l’action de réunir des éléments dispersés pour faire un ensemble. Un contresens serait de le réduire à “être ensemble” sans agent : ἀγείρω est actif, il y a quelqu’un ou quelque chose qui provoque le regroupement. Un autre contresens serait de l’entendre seulement au sens social. Le verbe peut aussi concerner des ressources ou des objets : regrouper, collecter. Pour un lecteur moderne, ce mot aide à lire la dynamique biblique de dispersion/rassemblement : rassembler, c’est créer un corps, une foule, une assemblée. Cela met en évidence la puissance d’un acte de convocation : ce qui était séparé devient un groupe. Comprendre ἀγείρω, c’est donc comprendre un verbe de constitution : former une unité, regrouper, réunir. Le terme invite à regarder le contexte : qui rassemble, quoi, et pour quel but (écouter, agir, se mobiliser) ? Lexicalement, le noyau reste : réunir en un même ensemble.
Indignation : une colère profonde qui surgit face à une injustice violant l’alliance ou la loi divine. Elle signale le moment où la patience se brise et appelle à la restauration de la justice.
Terme rare : met l’accent sur la réaction d’indignation; à discerner selon le motif.
indignation
2 Co 7,11 (ex.)
G0024
aganaktesis
Nom (émotion/réaction). Peut être juste ou charnelle. Le co-texte tranche (injustice vs jalousie). Ne pas justifier automatiquement.