Jeter dehors; chasser; expulser.
ἐκβάλλω (ekballō) signifie « jeter dehors », « faire sortir », « expulser ». Le verbe est énergique : il combine l’idée de sortir (ballō, lancer) avec l’idée de “hors de” (ek). Sa logique est celle d’un mouvement forcé vers l’extérieur : quelque chose ou quelqu’un est déplacé hors d’un lieu, parfois avec autorité, parfois avec urgence. Dans le grec biblique, ἐκβάλλω peut s’employer pour chasser (un démon), expulser (quelqu’un), ou faire sortir/évacuer (selon l’objet et la scène). Le garde-fou est de ne pas figer le mot dans un seul usage. Ce n’est pas automatiquement un “exorcisme” : la nuance dépend de ce qui est expulsé. Mais le point commun reste : un acte qui fait passer du dedans au dehors. Le terme souligne souvent une décision nette : on ne “déplace” pas doucement, on “met dehors”. Il peut donc porter une nuance de rupture : on retire, on évacue, on élimine ce qui encombre ou ce qui menace. Par contraste, d’autres verbes plus neutres décrivent un simple départ; ἐκβάλλω insiste sur l’action exercée. Ainsi, ἐκβάλλω est un mot de force et de direction : expulser vers l’extérieur, marquer une séparation, produire un “dehors”. Dans le langage biblique, cela peut servir des scènes de jugement, de délivrance, ou de réorganisation, mais toujours avec la même dynamique : sortir de manière décisive.
La Bible utilise souvent l’image du “dehors” pour parler de séparation : expulser l’impur, chasser l’ennemi, ôter ce qui détruit. Sans transposer mécaniquement, cela éclaire ἐκβάλλω : c’est le verbe d’une action qui sépare et qui met à distance. La pensée biblique connaît aussi la délivrance comme un “sortir” : sortir d’Égypte, être arraché à une oppression, être mis hors d’un piège. Le mot de vie auprès de Dieu, ici, est de comprendre que certaines réalités ne se réforment pas par simple ajustement : elles doivent être “mises dehors”. Cela reste descriptif : la langue biblique nomme parfois des ruptures nécessaires. Le verbe évoque aussi l’autorité : celui qui expulse a pouvoir de décider du dedans et du dehors. Dans la perspective de l’alliance, cette autorité appartient ultimement à Dieu : Dieu juge, Dieu délivre, Dieu retire ce qui corrompt. Pour un lecteur occidental moderne, cela corrige une vision où tout se règle par compromis. Le vocabulaire biblique rappelle qu’il existe des séparations réelles : vérité/mensonge, justice/injustice, sainteté/impureté. ἐκβάλλω porte cette énergie : faire sortir, clarifier, trancher. Le mot de vie auprès de Dieu est donc une lucidité : certaines choses doivent être retirées, pas seulement gérées. Le verbe met des mots sur des actes décisifs dans la vie et dans l’histoire.
Le lecteur moderne peut entendre “jeter dehors” comme une violence gratuite, ou comme un langage excessif. ἐκβάλλω est effectivement un verbe fort, mais il décrit une action précise : expulser vers l’extérieur. La clarification est qu’il ne dit pas seulement “sortir”, mais “faire sortir” : il y a une force exercée. Un contresens moderne est de réduire le mot à un seul registre (par exemple, seulement religieux : “chasser un démon”). Le terme est plus large : il peut s’appliquer à des personnes, des choses, des réalités qu’on évacue. Mais dans tous les cas, l’idée centrale est la séparation nette. Un autre contresens est de le lire comme une émotion (“se débarrasser”) sans structure. Le verbe décrit une action objective : du dedans vers le dehors. Pour un lecteur occidental moderne, cela aide à nommer une dynamique : parfois, on ne fait pas “un compromis”, on expulse; on retire; on met dehors. Cela peut être une action de protection (évacuer un danger) ou de clarification (mettre hors du lieu ce qui n’y a plus sa place). La correction biblique est de ne pas romantiser : ἐκβάλλω décrit un geste décisif. Le mot invite donc à respecter la force de certaines scènes bibliques : quand il est utilisé, le texte veut faire sentir une rupture réelle, pas une simple transition.
Faire sortir/chasser : mouvement vers l’extérieur, souvent énergique (selon co-texte).
Faire sortir/mettre dehors (selon l’objet du passage); mouvement vers l’extérieur, souvent énergique.
Ne pas plaquer automatiquement le sens “exorciser” : ekballō est plus large. Toujours vérifier l’objet et la scène. Ne pas tirer une doctrine du mot seul : le passage décide la nuance.
Jeter dehors, faire sortir, expulser. Dans Lc 12,18, le riche parle d’abattre ses greniers et d’en bâtir de plus grands : le verbe sert la scène d’action concrète et énergique (changement radical) au service de l’accumulation.
faire entrer, accueillir, laisser dedans
mettre dehors, chasser, expulser, évacuer
ἐξέρχομαι — sortir (mouvement sans contrainte) ; ἀπολύω — renvoyer/libérer (nuance différente)
jeter dehors
Lc 12,18
G2817
ek-bal-lo
ekballō
Option A : chasser/expulser (force, autorité) ; Option B : faire sortir/metttre dehors (action concrète). L’indice déterminant est l’objet et la scène : si le texte parle de personnes/démons → A; si le texte parle d’un mouvement matériel/gestion concrète → B. Dans la péricope de Lc 12, l’usage dans la parabole vise l’action concrète (faire sortir/évacuer) et non un exorcisme : on retient donc l’option B.
- Évangiles — ekballō peut être Option A (chasser par autorité) quand l’objet est un démon, ou Option B (mettre dehors/évacuer) quand l’objet est matériel ou narratif. L’indice est toujours le co-texte (objet direct + scène).
Registre expulsion/mouvement forcé : pousser dehors, chasser, faire sortir. Dans les Évangiles, ce registre sert aussi bien à décrire une action physique (mettre dehors) qu’à exprimer une autorité (chasser).