Joue (partie du visage)
σιαγών est un terme concret (la joue), mais dans Mt 5,39 il sert une logique d’exemple : gifle → réponse non-vengeance. Le grec construit une série d’illustrations (joue, manteau, mille pas) pour montrer un même principe : ne pas rendre le mal par le mal, mais répondre d’une manière qui rompt l’escalade. La joue renvoie à l’affront visible : être frappé au visage touche l’honneur. L’instruction “tendre l’autre” ne vise pas l’humiliation recherchée, mais une liberté intérieure : refuser de se laisser gouverner par la revanche. Le mot sert donc à concrétiser une éthique du Royaume : la justice du Royaume n’est pas la vengeance immédiate, mais une réponse qui ouvre un autre chemin. La logique grecque est volontaire : “si… alors…” — cela montre une décision de cœur. Ainsi, σιαγών devient un repère d’un enseignement radical sur l’amour et la non-résistance au mal dans ce cadre.
Dans l’arrière-plan biblique, frapper la joue est un geste d’insulte et d’humiliation (atteinte à l’honneur). La Torah et les Prophètes dénoncent la violence et appellent à la justice, mais la sagesse biblique appelle aussi à ne pas répondre par la vengeance (laisser à Dieu le jugement). L’enseignement de Jésus s’inscrit dans cette logique de dépassement : il appelle à une justice qui ne reproduit pas la violence. L’image dominante est celle du shalom : une paix qui se construit par un cœur non dominé par l’offense. Le “tendre l’autre joue” peut aussi évoquer la patience du juste qui confie sa cause à Dieu. Cela ne nie pas la justice; cela déplace la réaction : au lieu de l’escalade, une réponse qui laisse Dieu être juge. Ainsi, la joue devient un symbole d’honneur remis entre les mains de Dieu, et d’un amour qui ne rend pas le mal.
On peut entendre “tendre l’autre joue” comme une invitation à se laisser écraser ou comme une morale naïve. Le texte vise plutôt à briser le cycle de la vengeance : répondre à l’affront sans rendre l’offense. Clarification : la Bible ne justifie pas l’abus; l’enseignement de Jésus doit être lu dans son cadre (amour des ennemis, non-vengeance) et avec discernement pastoral. Le contresens est d’en faire une règle qui oblige à rester dans la violence. Le mot aide à comprendre l’exemple : l’affront au visage devient le terrain d’une décision de cœur. Il révèle une justice du Royaume : force intérieure, liberté face à l’honneur, et confiance que Dieu juge. Ainsi, la joue est une image concrète d’un amour qui renonce à la revanche.
Nom : joue. Dans l’enseignement de Jésus, sert dans une image de non-résistance / renoncement à la vengeance (“tendre l’autre joue”), selon le co-texte.
Mt 5,39; Lc 6,29 : σιαγών désigne la joue, utilisée dans un exemple d’affront (gifle) pour enseigner la non-vengeance et l’amour des ennemis.
Toujours lire le co-texte (Mt 5 / Lc 6) : l’image vise la non-vengeance et la radicalité de l’amour, pas la passivité face à toute injustice sans discernement. Ne pas isoler du cadre “ne rendez pas le mal pour le mal”. Éviter de l’utiliser pour justifier l’abus : l’enseignement vise le cœur et la réponse au mépris, et doit être lu avec l’ensemble de l’Écriture.
Utilisé dans l’enseignement de Jésus sur la non-vengeance et l’amour des ennemis (tendre l’autre joue).
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joue
πρόσωπον (visage) ; στόμα (bouche) ; ῥάπισμα (gifle, acte).
la joue
Mt 5,39; Lc 6,29
G4600
siagōn — « si-a-gôn » (approx.)
siagon
Registre corporel et relationnel : partie du visage associée à l’affront (gifle) et à l’honneur. Dans Mt 5, l’image de la joue sert à parler de la réponse au mépris/violence : rompre le cycle de la vengeance.