Repères automatiques — 2S 3,1; Job 11,9; Jr 29,28
H0752
Long par sa durée ou son étendue.
La durée se fait sentir dans les récits bibliques par des situations qui continuent alors que les personnes doivent vivre, lutter ou attendre. Arokh qualifie la guerre entre les maisons de Saül et de David : le conflit se prolonge, pendant que leurs forces évoluent (2 Samuel 3.1). Dans la correspondance concernant les exilés, la captivité longue explique pourquoi la vie à Babylone ne peut être pensée comme une attente de quelques jours (Jérémie 29.28). Le mot rend ainsi perceptible une durée qui modifie l'horizon humain. Il peut aussi quitter la succession des jours pour entrer dans une comparaison d'étendue. Tsophar parle d'une mesure plus longue que la terre lorsqu'il évoque la sagesse divine (Job 11.9). Cette formulation garde son caractère de parole prononcée dans le débat du livre. L'adjectif exprime l'ampleur de ce dont on parle ; il ne résout pas toutes les questions de cette discussion. Sa contribution reste celle d'une longueur reconnue, dans le temps ou dans une image de mesure.
Arokh qualifie une étendue considérée dans sa longueur ou une situation qui se prolonge dans le temps. Le mot ne donne pas à lui seul une mesure précise. Il indique que la durée ou la dimension dépasse ce qui serait court dans le cadre évoqué. Une guerre est dite longue parce qu'elle se poursuit, et une captivité parce qu'elle ne doit pas être comprise comme un épisode bientôt terminé (2 Samuel 3.1 ; Jérémie 29.28). Dans Job 11.9, la longueur sert à parler, par comparaison avec la terre, d'une réalité qui dépasse la mesure humaine. Ces emplois relèvent d'une même manière d'exprimer l'étendue, appliquée à des domaines différents. L'adjectif ne signifie donc pas automatiquement pénible, interminable ou éternel. La guerre et l'exil peuvent être difficiles, mais cette appréciation vient de leur nature et de leur contexte. Le mot apporte une indication de prolongement ou d'ampleur, que les autres éléments de la phrase rendent plus concrète pour le lecteur.
« Long » est un mot simple, mais il dépend toujours de ce qui est mesuré. Arokh peut qualifier la durée d'une guerre ou d'un exil, puis être employé dans une comparaison d'étendue. Il n'a pas besoin de changer complètement de sens pour passer de l'espace au temps : dans les deux cas, quelque chose se prolonge. Le lecteur ne doit cependant pas en tirer une durée chiffrée que le passage ne donne pas. Une captivité longue n'est pas nécessairement sans fin, et une guerre longue n'est pas définie par ce seul mot comme la plus longue de toutes (Jérémie 29.28 ; 2 Samuel 3.1). L'adjectif fournit une appréciation de longueur à l'intérieur d'un cadre. Les dates, les comparaisons ou les événements permettent ensuite de la préciser. Cette lecture conserve la portée ordinaire du mot, tout en comprenant pourquoi il peut avoir un poids important dans des textes où l'attente, le conflit ou la petitesse de la mesure humaine sont en jeu.
Guerre, exil et mesure. Ce qui dure modifie l’horizon humain ; une comparaison peut aussi dépasser la mesure terrestre.
Conserver le sens ordinaire de longueur et la voix du locuteur dans Job.
Long ne signifie ni éternel ni pénible à lui seul ; aucune durée chiffrée ne vient de l’adjectif.
La durée totale chiffrée et le jugement sur les événements, fournis ailleurs.
BDB distingue durée et étendue figurée ; trois formes féminines dans la concordance.