Repères automatiques — Ge 19,7; Ge 19,9; Ge 21,11; Ge 21,12; Ge 31,7; Ge 38,10; Ge 43,6; Ge 44,5; Ge 48,17; Ex 5,22; Ex 5,23; Lv 5,4; Nb 11,10; Nb 11,11; Nb 16,15; Nb 20,15; Nb 22,34; Dt 15,9; Dt 15,10; Dt 26,6
H7489
Nuire ou devenir mauvais
Dans la Bible, le mal se reconnaît dans ce que des personnes font subir à d'autres, mais aussi dans ce qui déplaît aux yeux de Dieu. À Sodome, la foule menace et Lot nomme l'action mauvaise. Laban change le salaire de Jacob et la relation devient lieu de tort. Pharaon opprime Israël, tandis que Moïse demande pourquoi la situation du peuple s'est aggravée. Une parole peut sembler mauvaise aux yeux d'un père parce qu'elle touche son fils, sans être pour autant injuste devant Dieu. Les formules « aux yeux de » obligent donc à demander qui juge. Le verbe entre dans les maisons, les relations de travail, les décisions royales et l'alliance. Il ne présente pas le mal comme une idée abstraite: quelqu'un est lésé, une confiance est trahie, une conduite détruit. Mais Dieu peut corriger une perception humaine et montrer que ce qui peine n'est pas toujours ce qui est moralement mauvais.
Le verbe raa permet d’analyser une action nuisible, une situation dégradée ou une appréciation défavorable. La structure de la phrase précise la relation : un sujet agit envers quelqu’un, une situation devient pire, ou une chose déplaît à une personne. Cette distinction organise les usages sans faire de leurs conséquences une seule réalité. La menace de traiter Lot plus mal désigne un tort projeté et accompagné de violence (Genèse 19,9). La parole qui déplaît à Abraham décrit sa réaction douloureuse à ce qui concerne son fils (Genèse 21,11). Le premier cadre concerne une action envers autrui ; le second une évaluation située. Le raisonnement gagne donc à identifier agent, personne affectée et évaluateur, puis à suivre le résultat indiqué. Une appréciation peut être rapportée sans devenir la norme du récit. Le verbe conserve un domaine défavorable commun, mais il ne suppose pas un changement effectif dans chaque emploi. Déplaisir, dommage et faute morale restent distincts, et la phrase doit établir qui porte le jugement et selon quelle relation.
Faire du mal, maltraiter, devenir pire et déplaire rendent en français des relations distinctes que raa peut exprimer. Le lecteur gagne à préciser si la phrase nomme une action nuisible, l’aggravation d’une situation ou une appréciation défavorable. La menace envers Lot concerne un tort concret et une violence qui se manifeste dans la scène (Genèse 19,9). La parole qui déplaît à Abraham exprime sa réaction à ce qui touche son fils (Genèse 21,11). Ces appuis éclairent la différence entre dommage infligé et jugement vécu par une personne. Le français mal garde ainsi plusieurs fonctions sans les confondre. Les expressions d’évaluation, notamment aux yeux de quelqu’un, permettent d’attribuer correctement le jugement. La lecture suit donc celui qui agit, celui qui subit et celui qui apprécie la situation. Une souffrance ressentie ne décide pas à elle seule de la faute d’autrui ; inversement, une action nuisible ne se réduit pas à une préférence subjective. La norme du passage reste nécessaire pour nommer le mal moral et distinguer les autres effets défavorables.
Le verbe apparaît dans la rue menacée par une foule, la maison divisée, le travail où un salaire est changé et le pays soumis à l'oppression. Paroles, décisions et gestes ont des effets concrets sur corps, biens et relations. Le regard de Dieu ou d'une personne évalue ensuite ce qui s'est produit. Le dommage peut atteindre corps, travail, famille ou alliance, avec des conséquences visibles et durables.
nuire; maltraiter; déplaire
Vérifier la construction et l'évaluateur avant de conclure à une faute morale; ne pas confondre ce qui déplaît à une personne avec ce que Dieu condamne. La norme morale du passage ne doit jamais être remplacée par une préférence personnelle.
La traduction « mal » peut exprimer faute, dommage, aggravation ou déplaisir. La personne à qui la chose paraît mauvaise doit être identifiée. Une souffrance ressentie n'autorise pas à qualifier automatiquement autrui de mauvais.
À distinguer du nom général « mal »: ce verbe met souvent en avant l'action de nuire, le devenir mauvais ou l'évaluation négative.
Raa peut signifier être mauvais, devenir pire, faire du mal, maltraiter ou déplaire. Les formes causatives accentuent le tort produit; les expressions « aux yeux de » rapportent une évaluation. Le contexte distingue faute morale, dommage concret et réaction douloureuse. Les formes verbales font varier état mauvais, aggravation, action nuisible et jugement défavorable.
Première série — reprise positive et vue d’ensemble du mot — 14 octobre 2026
Relecture rédactionnelle demandée : développer positivement le mot dans l’ensemble de ses usages documentés, avec ses nuances et variations ; les passages servent d’appuis et les limites utiles restent conservées. Cette synthèse ne prétend pas vérifier toutes les occurrences et ne remplace pas une validation humaine.
Les versions antérieures ci-dessous sont conservées intégralement. Les autres propriétés, références, relations et réglages de préparation interne restent inchangés.
Version avant reprise — Pensée grecque
Faire du mal décrit une détérioration produite dans une action, une relation ou une situation. Le verbe peut désigner l'acte mauvais lui-même, le tort infligé à quelqu'un, ou le fait qu'une chose déplaît et paraît mauvaise. Ces emplois partagent l'idée d'un passage vers un état plus mauvais, mais ils ne sont pas interchangeables. Lorsque Lot demande de ne pas faire le mal, l'objet moral est explicite. Quand une parole déplaît à Abraham, le verbe décrit son évaluation douloureuse de la situation plutôt qu'une faute commise par lui. Ailleurs, des maîtres traitent durement, une décision nuit au peuple ou une conduite est mauvaise aux yeux de Dieu. Il faut donc repérer sujet, complément et formule d'évaluation. Le mal peut être intention, action, effet ou jugement porté sur ce qui arrive. Cette distinction empêche de réunir sous une même accusation morale tout ce qui est pénible. Le contexte établit qui nuit, à qui, et selon quelle norme la chose est mauvaise.
Motif : Correction du noyau trop uniforme de détérioration : le déplaisir rapporte une évaluation sans exiger un état devenu pire. Nombre de mots : 159 → 168.
Version avant reprise — Pensée moderne
Le mot mal paraît évident, mais le français moderne lui donne plusieurs fonctions: faute morale, souffrance, dommage ou simple mécontentement. Le verbe hébreu traverse lui aussi plusieurs de ces domaines, ce qui exige de ne pas choisir trop vite. « Cela lui déplut » ne signifie pas nécessairement que l'événement était injuste; la phrase rapporte d'abord la réaction d'une personne. « Faire du mal » peut au contraire nommer une violence ou une tromperie réelle. Dans d'autres passages, devenir mauvais décrit une aggravation de la situation. Le lecteur contemporain risque soit de moraliser toute émotion négative, soit de réduire le mal à un ressenti subjectif. Les textes maintiennent une norme extérieure, particulièrement lorsque Dieu juge les actes, tout en reconnaissant la douleur perçue par les personnes. Il faut donc distinguer agent, victime, conséquence et évaluateur. Cette clarification ne banalise pas le péché; elle permet précisément de le nommer là où le verbe dénonce une action mauvaise, sans accuser là où il exprime seulement déplaisir ou dommage.
Motif : Recentrage positif sur le mot, avec nuances et appuis documentés. Nombre de mots : 166 → 169.