Manquer; être en défaut / en arrière; être privé de
ὑστερέω signifie manquer, être en défaut, ne pas avoir ce qui est nécessaire. Dans Lc 22,35, Jésus demande : “Avez-vous manqué de quelque chose ?” et les disciples répondent : “De rien.” Exégétiquement, le verbe sert à établir un constat : lors de l’envoi précédent, dans un contexte d’accueil, ils n’ont pas été en manque. Ce constat prépare le contraste “maintenant” : la situation change, non parce que Dieu cesse de pourvoir, mais parce que l’opposition et la crise de la passion arrivent. Le verbe λειτουργe comme repère rhétorique : il fait mémoire d’une provision réelle pour interpréter la transition. Ainsi, ὑστερέω n’est pas une promesse de prospérité, mais un élément de logique du discours : Jésus rappelle une expérience concrète de provision afin d’annoncer une nouvelle étape où la mission sera plus exposée. Le mot aide à lire le passage sans caricature : on passe d’un temps de dépendance visible à un temps de tension, sans quitter l’horizon du dessein de Dieu.
La Bible connaît le motif du “manque” comme test de confiance : au désert, le peuple manque, Dieu pourvoit, et l’alliance forme un peuple dépendant. Les envoyés et serviteurs de Dieu expérimentent aussi la provision au fil de la route. Dans Luc, l’envoi sans provisions rappelle ce motif : Dieu soutient. Dans Luc 22, Jésus fait mémoire : ils n’ont manqué de rien, signe d’une provision fidèle. La pensée sémitique comprend alors que la provision de Dieu ne nie pas la crise : l’heure du Messie passe par l’opposition. Le verbe “manquer” sert à rappeler la fidélité de Dieu avant d’entrer dans la nuit. Ainsi, ὑστερέω devient une balise d’alliance : Dieu a pourvu, et il conduit maintenant vers l’accomplissement, même si les conditions deviennent plus dures.
Le risque moderne est de transformer “vous n’avez manqué de rien” en slogan de confort, ou, inversement, de lire “maintenant prenez” comme une panique. Clarification : Jésus utilise ὑστερέω pour rappeler un fait du passé (provision pendant l’envoi) afin de préparer un tournant narratif (opposition liée à la passion). En prédication exégétique, cela aide à garder le texte dans sa logique : mémoire d’une provision réelle, annonce d’une nouvelle phase, et accomplissement des Écritures. Le mot “manquer” sert donc à cadrer la transition, pas à établir une règle universelle sur la réussite matérielle.
Verbe : manquer, être en défaut (ne pas atteindre, ne pas avoir assez). Peut décrire un manque matériel (besoin), ou un “manquer à” (ne pas atteindre la gloire de Dieu), selon le contexte.
Selon le passage, ὑστερέω signifie manquer/être en défaut : soit manque concret (ressources), soit ne pas atteindre une norme (ex. gloire de Dieu).
Toujours préciser “manquer de quoi” selon le passage : argent, temps, justice, gloire, etc. Ne pas traduire automatiquement par “être pauvre” : le verbe est plus général. Ne pas moraliser un manque matériel sans indice; et inversement, ne pas réduire un manque spirituel à de la logistique.
Peut décrire un manque concret (besoins) et un manque spirituel/moral (Rm 3,23 : privés/manquent de la gloire de Dieu).
abonder; suffire; être comblé; atteindre
manquer; être privé; faire défaut; être en retard; ne pas atteindre
λείπω (manquer/laisser) ; ἐνδεής (dans le besoin, adjectif) ; ὑστέρημα (manque, nom).
manquer
Rm 3,23; 2 Co 11,9; Mt 19,20
G5302
ὑστερέω
hystereō — « hu-sté-ré-o » (approx.)
hustereo
- (A) manquer matériellement (besoin/ressources) ou (B) manquer à une norme (être privé, ne pas atteindre). - Rm 3,23 : registre moral/spirituel (‘manquer de la gloire’). - Le complément (‘de quoi’) est indispensable pour fixer la nuance.
Registre de déficit et de mesure : manquer d’une ressource, être en retard, ne pas atteindre un niveau. Le mot peut fonctionner dans un registre matériel (besoin) ou moral/spirituel (ne pas atteindre la norme), selon le co-texte.