Adjectif : muet, privé de parole, incapable de parler ou d’exprimer une parole audible.
Dans les évangiles, ἄλαλος (“muet”) qualifie une incapacité à parler, souvent liée à une souffrance ou à une oppression. La logique du passage contraint la nuance : est-ce une impossibilité physique, une conséquence d’une maladie, ou une situation attribuée à une action spirituelle (selon les récits) ? Le co-texte tranche par la scène : présence d’un démon, geste de guérison, réaction de la foule. Exégétiquement, le mot “muet” n’est pas un détail médical ; il sert à rendre visible un enfermement : l’être humain ne peut pas exprimer, demander, confesser. Quand Jésus guérit un muet, le récit met en avant la restauration de la communication : le royaume redonne la voix. La nuance utile est donc : privé de parole, incapable d’articuler. Pour comprendre, il faut suivre la conséquence de l’action de Jésus : le muet parle, et cela devient signe. Le récit souligne souvent une réaction : étonnement, opposition, accusation. Ainsi, ἄλαλος fonctionne comme un repère de conflit : quand Jésus rend la parole, certains reconnaissent l’œuvre de Dieu, d’autres la contestent. Exégétiquement, le mot révèle aussi un thème : la parole est centrale dans l’évangile. La guérison du muet n’est pas seulement un confort ; elle permet de louer, de témoigner, de participer. Le lecteur doit éviter de sur-spiritualiser : le texte montre une souffrance réelle. Mais il doit aussi éviter de réduire à un “cas” : le récit vise un signe du royaume. ἄλαλος rend donc le signe concret : la parole revient. Et ce retour de la parole annonce que le règne de Dieu libère, restaure et permet de répondre à Dieu.
Dans l’univers biblique de l’Ancien Testament, la bouche et la parole sont liées à la louange, au témoignage et à l’alliance. Le repère principal est simple : Dieu donne la parole, et la bouche est faite pour bénir et dire la vérité. L’AT connaît aussi l’expérience du silence forcé : la détresse peut “fermer la bouche”, et Dieu est celui qui ouvre les lèvres. Ce repère éclaire les guérisons de muets : rendre la parole, c’est restaurer une capacité fondamentale. L’AT associe également les signes de guérison à l’action de Dieu : quand Dieu visite, les infirmités sont relevées. Si un écho est utile, il reste bref : Dieu ouvre la bouche pour la louange et libère de l’oppression. Ainsi, ἄλαλος, dans un récit évangélique, s’inscrit dans une espérance biblique : le Dieu qui crée la bouche peut la restaurer. L’exégèse reste sobre : on suit la scène de guérison, mais l’arrière-plan AT donne la couleur : la restauration de la parole est un signe de salut. Elle permet à la personne de reprendre place dans la communauté et dans l’adoration. Elle montre aussi que Dieu renverse ce qui écrase. Le muet devient alors un témoin de la compassion de Dieu. ἄλαλος est donc un repère d’univers biblique : incapacité réelle, restauration réelle, et vocation retrouvée de la bouche : dire, bénir, confesser.
Pour un lecteur moderne, “muet” peut être lu uniquement comme un diagnostic médical, ou comme une métaphore (“muet de peur”). Le risque est de choisir l’un sans écouter le récit. La clarification utile est : ἄλαλος décrit une incapacité réelle à parler dans la scène, et le texte montre une restauration par l’action de Jésus. Exégétiquement, il faut observer : la guérison rend la parole, et cette parole retrouvée devient un signe. Cela évite un contresens moderne : traiter l’épisode comme une simple illustration symbolique. Le récit parle d’une personne concrète, enfermée dans le silence. On reste descriptif : comment le texte présente-t-il la cause (maladie, oppression), et quel est le résultat (il parle) ? Ensuite, on voit l’effet narratif : la foule réagit, les adversaires accusent, la question “d’où vient cette puissance ?” surgit. Ainsi, ἄλαλος sert le conflit central : reconnaître ou refuser le royaume. Pour le lecteur moderne, le mot rappelle aussi la dimension relationnelle de la guérison : retrouver la parole, c’est retrouver l’accès à la relation, à la demande, à la louange. Mais on ne fait pas d’application thérapeutique ; on reste dans l’exégèse : le récit présente Jésus comme celui qui libère, et la libération se voit dans une bouche qui s’ouvre. Le mot rend ce signe simple et visible.
Adjectif qui désigne quelqu’un privé de parole. Dans les évangiles, il sert à montrer une souffrance réelle que Jésus vient renverser.
Dans les passages liés à cette fiche, ἄλαλος désigne une incapacité réelle à parler, qui devient lieu de guérison et de manifestation du royaume.
Ne pas spiritualiser le terme au point d’effacer la souffrance réelle. Le mot parle d’abord d’une incapacité concrète à parler.
Le mot sert à rendre visible une incapacité réelle que Jésus vient guérir, en rouvrant la bouche au témoignage et à la parole.
parlant ; délivré ; bouche ouverte
sans parole ; muet
Un simple silence volontaire. Ici, la personne est réellement privée de parole.
muet
G0216
a-la-los
alalos
Option A : incapacité concrète à parler. Option B : état rendu plus dramatique dans un contexte de souffrance ou d’oppression. Les passages liés montrent que le mot reste d’abord concret : la personne ne parle pas. Il ne faut donc ni le réduire à une simple image psychologique, ni oublier la portée de la restauration opérée par Jésus.
- Mc 8,1–10 et Mc 9,14–41 : le terme met en relief l’incapacité concrète à parler et la restauration qui suit l’intervention de Jésus. - La nuance dominante unit donc souffrance réelle et signe visible du royaume par la parole retrouvée.
Le mot active un registre de souffrance, de guérison et de restauration. Il appartient à l’univers des infirmités concrètes où le royaume se manifeste en redonnant la parole. Le silence subi devient lieu de révélation de la puissance de Jésus.