Pardonner; remettre une faute.
Dans la logique du passage, le pardon n’est pas une note finale vague : il est la conséquence directe du retour. Es 55 enchaîne : abandonner → revenir → Dieu aura compassion → il pardonnera abondamment; le pardon est donc présenté comme un acte cohérent de Dieu, pas comme une indulgence automatique. Le grec rend bien cette progression : le pardon répond au mouvement vers Dieu, et il confirme que la porte est réellement ouverte. La formulation “abondamment” ajoute une intensité argumentative : le pardon n’est pas minimaliste, il dépasse ce que l’on imagine. Le mot sert ainsi à établir l’espérance : le retour n’est pas accueilli par un reproche sans fin, mais par une remise réelle. Le pardon devient un pilier logique de l’appel : on peut revenir parce que Dieu pardonne.
Dans l’arrière-plan hébraïque, pardonner est lié à l’alliance et au traitement réel de la faute : Dieu ne fait pas semblant que le mal n’existe pas, il le prend en charge. Le pardon se comprend dans le cadre du Dieu qui fait grâce, qui “porte” et qui enlève la culpabilité de son peuple. Il y a aussi un arrière-plan cultuel (sacrifice / expiation) : le pardon biblique implique purification et restauration de relation, pas seulement un sentiment. En Es 55, le pardon est associé à la compassion : Dieu accueille le pécheur qui revient et restaure. Le mot porte donc une image relationnelle : la relation brisée peut être rétablie parce que Dieu est miséricordieux. Et il rappelle que Dieu agit par fidélité, pas parce que l’humain a mérité.
On peut réduire le pardon à : “ne plus en parler” ou “passer l’éponge” sans justice. Es 55 présente un pardon plus solide : Dieu appelle à abandonner la voie mauvaise, puis annonce qu’il pardonne abondamment. La clarification utile est : le pardon biblique n’excuse pas le mal, il le traite et restaure la relation. Le texte corrige aussi un autre contresens : penser que Dieu pardonne à contrecœur; ici, il pardonne avec abondance, ce qui souligne sa disposition miséricordieuse. Le pardon devient donc un motif de retour, pas une récompense après une perfection morale. C’est une grâce qui ouvre une vraie restauration.
Verbe surtout employé pour le pardon accordé par Dieu : il enlève la faute (dette morale) et restaure la relation d’alliance.
Remettre une faute devant Dieu : Dieu choisit de ne plus tenir la culpabilité contre la personne et rétablit la communion, selon sa miséricorde et son alliance.
Ne pas réduire le pardon à un “oubli” sentimental : il s’agit d’une remise réelle de la faute. Ne pas supposer que le pardon efface toutes les conséquences temporelles : le texte distingue souvent pardon et discipline/conséquences.
Pardon demandé à Dieu et accordé par miséricorde : Dieu remet la faute au pécheur repentant et restaure la relation. Souvent lié à la confession, à l’intercession et à la fidélité de Dieu à son alliance.
condamner; retenir la faute; imputer la faute; garder rancune
pardonner; remettre; faire grâce; absoudre (selon contexte)
kaphar (כָּפַר) : expier/couvrir (moyen, rituel d’expiation) ; nasa’ (נָשָׂא) : “porter/ôter” la faute (expression fréquente)
pardonner
Nb 14,19–20; 1 R 8,30; Ps 25,11; Ps 86,5
H5545
סָלַח (s-l-ḥ)
sé-lakh
selach