Parents (père et mère).
Le nom γονεῖς désigne les parents, père et mère, et il fonctionne dans un récit comme un repère d’origine, d’autorité et de témoignage. Dans Jean 9, le mot n’est pas un simple détail familial : il structure l’enquête. Les autorités cherchent à contester le miracle, et les parents deviennent un pivot logique : ils peuvent confirmer deux faits objectifs (c’est bien notre fils; il était né aveugle), mais ils esquivent la conclusion (qui l’a guéri) et renvoient au fils. Ainsi, γονεῖς met en lumière une distinction essentielle : on peut reconnaître une vérité factuelle et refuser une confession de foi. Le mot sert aussi à montrer comment la pression sociale traverse même la cellule familiale : les parents, censés protéger, choisissent ici une prudence qui évite le risque. Le garde-fou est de ne pas moraliser trop vite : le texte expose une dynamique de peur, pas seulement un manque d’amour. Mais il révèle clairement un mécanisme : peur de l’exclusion → réponse minimale → déresponsabilisation (“il est assez grand”). Logiquement, cela permet au récit de déplacer la confrontation vers le principal témoin, l’homme guéri, dont le témoignage va devenir de plus en plus net. Le mot γονεῖς sert donc la progression : il montre l’environnement familial du miracle et la manière dont la vérité se heurte à des intérêts. Dans Jean, la foi n’est pas seulement une affaire d’individus isolés : elle traverse des réseaux et des risques. En nommant les parents, l’évangéliste rend visible ce coût : reconnaître Jésus publiquement peut entraîner une sanction communautaire. Ainsi, le terme organise une scène où la famille est interrogée et où la peur gouverne la parole. Cela aide le lecteur à suivre le raisonnement : les parents confirment le miracle sans s’engager; le fils portera ensuite l’enjeu confessionnel. Le mot sert donc à montrer la place de la famille comme témoin potentiel et comme lieu de tension spirituelle.
Dans l’arrière-plan biblique, la famille est un lieu de transmission et de protection : les parents enseignent, gardent, et transmettent l’histoire de Dieu. Mais la Bible montre aussi que la peur des hommes peut étouffer la fidélité. Dans Jean 9, la pression communautaire atteint les parents : ils savent, mais ils n’osent pas confesser. Cela rappelle une tension d’alliance : on peut être proche de la vérité, sans entrer dans la fidélité. Un mot de vie auprès de Dieu, ici, est de discerner que la foi a parfois un coût social réel. La peur de perdre sa place peut conduire à des paroles prudentes qui évitent l’engagement. L’arrière-plan hébraïque insiste que Dieu regarde au cœur et qu’il appelle à la vérité, même quand cela expose. Mais il rappelle aussi que Dieu connaît la faiblesse humaine. Le récit ne décrit pas une théorie; il montre une famille prise dans un système religieux où l’exclusion est une arme. La pensée biblique éclaire alors le contraste entre crainte des hommes et crainte de Dieu : la première pousse au silence, la seconde conduit à la vérité. Pour un lecteur occidental moderne, ce repère est éclairant parce que la pression peut être plus subtile aujourd’hui, mais elle existe : réputation, appartenance, rejet. Le texte invite à une fidélité qui ne dépend pas d’un confort social. Il montre aussi que Dieu peut travailler malgré les faiblesses : les parents n’osent pas, mais le fils ira plus loin. Ainsi, γονεῖς devient un miroir : comment réagissons-nous quand la vérité met notre stabilité en danger ? La Bible appelle à une foi qui s’appuie sur Dieu plutôt que sur la protection sociale. Et elle rappelle une grâce : même quand la famille hésite, Dieu peut susciter un témoignage clair. La fidélité d’alliance se manifeste quand la peur ne gouverne plus la parole.
Le lecteur moderne peut juger rapidement les parents : “ils abandonnent leur fils”. La clarification du passage est plus précise : ils confirment ce qu’ils peuvent sans risquer l’exclusion. Le texte expose un mécanisme social : la peur d’une sanction religieuse fait taire. Un contresens moderne serait de lire leur réponse comme neutre. Elle est calculée : ils reconnaissent la réalité, mais ils évitent la conclusion, et ils renvoient la responsabilité au fils. Cela révèle quelque chose d’actuel : on peut soutenir un fait, mais refuser de s’aligner publiquement quand le coût est élevé. Pour aujourd’hui, ce mot aide à discerner comment la pression du groupe influence la parole, même dans la famille. Parfois, la foi met des proches en difficulté : certains préfèrent protéger leur place plutôt que la vérité. Le texte ne demande pas d’insulter ces personnes; il montre simplement la dynamique. Il invite le lecteur à s’interroger : est-ce que la peur gouverne mes paroles ? Est-ce que je me cache derrière des formules prudentes (“je ne sais pas”, “demandez à d’autres”) pour éviter de confesser ce que je crois ? Le passage offre aussi une clarification sur la maturité : l’homme guéri prend la parole et assume un témoignage personnel. La foi devient personnelle et responsable. Enfin, ce récit aide à comprendre que la question n’est pas seulement intellectuelle (a-t-il été guéri ?) mais relationnelle et publique (qui est Jésus, et vais-je le dire ?). Jean montre que l’Évangile pousse à sortir des demi-vérités. Le mot “parents” devient ainsi un outil de lecture : la foi se joue aussi dans des relations proches et sous pression sociale, et Dieu appelle à une parole vraie, même quand cela coûte.
Nom : parents (père et mère).
Nom : voix (son vocal). Sert à désigner une parole rendue audible et publique. Selon le co-texte : (1) voix humaine (cri, appel, témoignage), (2) voix associée à une proclamation d’autorité, ou (3) voix divine si le passage l’indique explicitement.
Garder le sens simple : le mot sert souvent à identifier le cadre familial dans le récit.
Terme narratif pour l’entourage familial immédiat.
(aucun direct)
parents; père et mère
τέκνα (enfants) : relation inverse; ici γονεῖς = parents (père et mère).
parents
Jn 9,18
G1118
go-ne-us (approx.)
goneus
Règle : identifier (1) la source (humaine/divine), (2) la fonction (appel, plainte, proclamation, témoignage), (3) l’effet narratif (obéissance, foi, division). Ne pas écrire “voix de Dieu” si le texte ne le précise pas.
- La “voix” prend son poids de l’agent (qui parle) et du contenu (ce qui est dit). - Dans Jean, le motif de la voix peut structurer la réponse : entendre la voix → suivre / croire / réagir. - Peut être simple donnée narrative (son) ou vecteur de révélation, selon le passage.
Registre familial/identité : relations parentales (père et mère) dans un récit, un témoignage ou une identification sociale. Sert à situer l’origine/autorité familiale.