Mt 5,13; Rm 1,22
G3471
devenir insipide; (fig.) devenir fou/stupide
Le sel, dans l’AT, peut évoquer alliance (sel comme signe durable), offrande, et conservation. Perdre la “saveur” peut donc résonner avec la fidélité : ce qui devait être stable et distinctif devient inutile. La pensée hébraïque relie souvent l’identité du peuple à son témoignage : être “mis à part” pour Dieu. L’image du sel rejoint ce cadre : vocation de sainteté et de distinction. Ainsi, la perte de saveur peut se lire comme infidélité ou compromis, selon le passage. Mais on reste gouverné par le co-texte : l’enseignement vise la vocation et le témoignage.
Le grec μωραίνω décrit un passage d’état : ce qui avait une qualité la perd (saveur), ou ce qui avait une prétention la contredit (sagesse → folie). Dans Mt 5, l’argument est analogique : identité (“vous êtes le sel”) → risque (“si le sel devient insipide”) → conséquence (inutile). Le verbe porte la logique : dégradation → perte de fonction. Ainsi, le mot sert à rendre visible une contradiction : être sel et ne plus saler, c’est perdre sa vocation.
On peut entendre “saveur” comme préférence personnelle. Ici, c’est fonction : le sel sert à conserver et à saler. Jésus utilise l’image pour parler du rôle distinctif du disciple. Le verbe aide à entendre la gravité : perdre sa fonction rend inutile. Garder l’arrière-plan (alliance/sainteté) évite de réduire à une question de style ou d’originalité.
Registre goût/usage : saveur, conservation (sel). Dans l’enseignement de Jésus, l’image devient éthique : perdre sa “saveur” = perdre son rôle distinctif. Le co-texte détermine si c’est une image alimentaire ou une critique de la folie.
devenir insipide; perdre sa saveur; devenir insensé (selon contexte)
Option A : devenir insipide/perdre sa saveur (image du sel). Option B : devenir fou/insensé (sens figuré, lié à “moros”). Le co-texte tranche : si le passage parle de sel/saveur → A. Si le passage parle de sagesse/folie → B. En Mt 5,13, l’objet est explicitement le sel : A. Ne pas glisser vers B sans indices, même si le mot est apparenté à l’idée de folie.