Prétexte; apparence; motif invoqué
πρόφασις désigne ce qui est “mis en avant” comme raison : un prétexte. La logique est celle du décalage entre extérieur et intérieur : on montre une justification, mais l’intention réelle est autre. Dans Mc 12,40, la structure est accusatrice : ils dévorent les maisons des veuves et, pour prétexte, font de longues prières. Le grec juxtapose injustice concrète et piété d’apparence : la πρόφασις sert de couverture. Le mot fonctionne donc comme révélateur : la religion peut être instrumentalisée pour masquer l’exploitation. Dans un autre contexte (Ph 1,18), le mot peut être plus neutre (motifs), mais la logique reste : motivation réelle vs motif affiché. Ainsi, πρόφασις aide à lire les textes en distinguant l’acte visible et la motivation. Il souligne que Dieu juge le cœur : le prétexte ne trompe pas Dieu. Le terme renforce l’appel à l’intégrité : prière et justice doivent aller ensemble.
L’arrière-plan prophétique dénonce fortement l’hypocrisie : sacrifices et prières sans justice, piété de façade qui cache l’oppression du pauvre. Cette tradition éclaire πρόφασις : un “prétexte” religieux pour couvrir l’injustice. La pensée d’alliance insiste que le culte véritable est inséparable de la justice et de la compassion. L’image dominante est le masque : on se couvre de paroles pieuses pendant qu’on dévore les faibles. Le prophète arrache ce masque. Ainsi, le mot s’inscrit dans une logique d’alliance : Dieu voit au-delà de l’apparence, et il condamne le culte qui sert d’alibi à l’exploitation. Cela donne une portée forte aux reproches de Jésus : il parle comme un prophète, en défendant les veuves. Le terme appelle à une repentance qui unit culte et justice.
On peut entendre “pour l’apparence” comme un détail moral. Le texte vise une réalité grave : utiliser la religion comme couverture d’injustice. Clarification : πρόφασις est un prétexte, un motif affiché qui masque l’intention réelle. Le contresens serait de croire que de longues prières sont mauvaises en soi; Jésus dénonce plutôt leur usage comme masque pendant qu’on exploite. Le mot aide à discerner l’intégrité : la prière authentique ne sert pas d’alibi, elle va avec la justice. Il met en lumière un danger permanent : se donner une apparence pieuse tout en gardant un cœur injuste. Ainsi, le terme appelle à la vérité devant Dieu : pas de masque, mais une repentance réelle.
Nom : prétexte / apparence, raison invoquée pour masquer une vraie intention. Dans les reproches de Jésus, désigne une piété d’apparence qui cache l’injustice.
Selon le passage, πρόφασις signifie prétexte/apparence : raison invoquée pour couvrir une intention; souvent utilisé pour dénoncer l’hypocrisie religieuse (prière comme masque).
Toujours identifier ce qui est masqué et quel est le “prétexte” dans le passage. Ne pas confondre avec une raison légitime : le mot peut être neutre, mais dans Mc 12 il dénonce l’hypocrisie. Ne pas moraliser sans co-texte : préciser l’intention (apparence vs réalité).
Souligne une apparence/prétexte (prière pour paraître) ou un motif invoqué; peut dénoncer l’hypocrisie religieuse (Mc 12).
sincérité; vérité; transparence
prétexte; excuse; apparence; justification
ὑπόκρισις (hypocrisie) ; σκῆμα (apparence) ; αἰτία (cause).
pour l'apparence
Mc 12,40; Lc 20,47; Ph 1,18
G4392
prophasis — « pro-fa-sis » (approx.)
prophasis
Registre de justification et d’hypocrisie : motif affiché publiquement pour couvrir une intention réelle différente. Dans le NT, souvent lié à une religiosité d’apparence (prière “pour l’apparence”) ou à des excuses utilisées pour éviter l’obéissance.