Prendre congé; se séparer; renoncer (selon contexte)
ἀποτάσσω porte l’idée de se séparer, “mettre à distance”, prendre congé. Dans un contexte simple, c’est l’action de dire adieu avant de partir. Mais la logique du verbe permet aussi un usage plus fort : se détacher, renoncer. Dans Lc 14,33, la structure est explicite : “quiconque ne renonce pas (ἀποτάσσεται) à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple.” Le grec fait du verbe un pivot d’exigence : non seulement partir, mais se séparer de ce qui possède le cœur. La logique du passage est celle du coût : on ne suit pas Jésus avec une attache dominante concurrente. Le mot lie donc l’idée de départ (adieu) à celle de renoncement (détachement). Il exprime une séparation décisive qui reconfigure les priorités. Ainsi, ἀποτάσσω sert à rendre concret le discipulat : il implique une rupture réelle avec certaines sécurités.
Dans l’arrière-plan biblique, répondre à l’appel de Dieu implique souvent un départ : quitter une maison, une terre, une sécurité (Abraham). La logique d’alliance demande une loyauté première : Dieu avant les biens, avant les attaches qui deviennent idoles. Le geste de “prendre congé” peut donc devenir image d’un détachement plus profond : se séparer d’un ancien maître pour servir le Seigneur. Les prophètes dénoncent l’attachement aux richesses et aux sécurités humaines; la sagesse enseigne que l’on ne peut pas servir deux maîtres. Ainsi, le verbe, appliqué aux possessions, résonne avec la notion de “renoncer” pour marcher dans une nouvelle fidélité. L’image dominante est celle de l’exode personnel : quitter ce qui rassure pour suivre la parole de Dieu. Cela ne nie pas l’amour des proches, mais place Dieu au premier rang. Le mot s’inscrit donc dans une logique d’alliance : séparation d’avec ce qui rivalise avec Dieu.
On peut entendre “renoncer” comme une forme d’ascétisme extrême, ou “dire adieu” comme une simple politesse. Le NT utilise ἀποτάσσω pour une séparation; le co-texte décide si elle est sociale (congé) ou disciplinale (détachement des possessions). Clarification : en Lc 14, Jésus parle d’un coût réel : les biens ne doivent pas gouverner le disciple. Le contresens serait soit de réduire à un symbole (sans effet concret), soit de transformer en règle légaliste uniforme (tout vendre pour tous). Le texte vise une loyauté première : être prêt à se séparer de ce qui empêche de suivre. Le mot aide donc à lire l’appel avec sérieux et lucidité : suivre Jésus implique une rupture avec certaines sécurités qui dominent le cœur.
Verbe : prendre congé, se séparer, dire adieu; parfois, par extension, se détacher/renoncer. Dans Lc 14,33, le mot exprime renoncer à tout ce qu’on possède (dans la logique du discipulat).
Selon le passage, ἀποτάσσω signifie prendre congé/se séparer (dire adieu) ou, dans un contexte de discipulat, renoncer/se détacher (notamment des possessions).
Toujours préciser l’objet de la séparation (à qui/à quoi dit-on adieu ?) et si le contexte est social ou disciplinal. Ne pas réduire Lc 14 à une simple politesse : là, le mot vise un renoncement réel. Ne pas durcir hors contexte : d’autres passages parlent d’un congé normal (voyage).
Peut signifier dire adieu (Lc 9) ou renoncer/se détacher (Lc 14,33) dans le cadre du coût du discipulat.
s’attacher; garder; rester; s’agripper
prendre congé; se séparer; dire adieu; renoncer (selon contexte)
ἀφίημι (laisser, pardonner) ; χωρίζω (séparer) ; παραιτέομαι (refuser, décliner).
prendre congé
Lc 9,61; Lc 14,33; Ac 18,18
G0657
apotassomai — « a-po-tas-so-maï » (approx.)
apotassomai
Registre relationnel et de détachement : se séparer de quelqu’un/quelque chose, prendre congé, couper un lien. Selon le contexte, l’idée peut être simplement sociale (dire adieu) ou éthique (se détacher/renoncer) quand il s’agit de possessions ou de priorités.