Prendre plaisir, agréer, vouloir favorablement ; ici, ce que Dieu reçoit ou ne reçoit pas dans le culte.
Le verbe « prendre plaisir » structure la fin du Psaume 51 par un contraste précis. David affirme d’abord que Dieu ne prend pas plaisir aux sacrifices si ceux-ci remplacent la repentance réelle. Puis, après la mention de Sion, des murs de Jérusalem et des sacrifices de justice, le même verbe réapparaît positivement : Dieu prendra plaisir aux sacrifices. La logique du mot est donc dynamique, non négative seulement. Il ne signifie pas que le culte serait rejeté en lui-même, mais que le culte n’est agréable à Dieu que dans un ordre juste. Le cœur brisé et contrit vient avant le rite restauré. Dans la structure du psaume, ce verbe aide à tenir ensemble repentance intérieure et culte public. Pour la prédication, il est essentiel de ne pas faire dire au texte que Dieu méprise tout sacrifice. David critique le sacrifice comme substitut à la vérité intérieure, puis il annonce un culte que Dieu agréera quand Sion sera restaurée. Le mot permet donc d’exposer une théologie équilibrée de l’adoration : Dieu ne reçoit pas une pratique religieuse qui cache le péché, mais il prend plaisir à un culte qui vient d’un cœur vrai, dans une communauté restaurée.
Ḥāp̄ēṣ exprime le fait de prendre plaisir, vouloir favorablement ou agréer. Dans l’Ancien Testament, ce vocabulaire touche souvent ce que Dieu désire ou reçoit avec faveur. Dans le Psaume 51, le mot est lié au culte : sacrifices, holocauste, sacrifices de justice. La pensée hébraïque ne sépare pas le rite de la disposition du cœur. Le sacrifice n’est pas un mécanisme automatique ; il doit correspondre à la vérité devant Dieu. David sait que Dieu ne se laisse pas acheter par une offrande. Pourtant, le psaume ne détruit pas le langage cultuel. Après la restauration de Sion, Dieu prendra plaisir aux sacrifices de justice. Le mot montre donc l’ordre biblique : Dieu agrée d’abord la vérité du cœur, puis le culte retrouve sa place. Pour un lecteur occidental, souvent tenté soit par le ritualisme, soit par le rejet des formes, ḥāp̄ēṣ donne une nuance importante. Dieu n’est pas opposé au culte visible ; il refuse le culte qui remplace la repentance. Le mot devient un repère de discernement : ce qui plaît à Dieu n’est pas une performance religieuse, mais une adoration conforme à sa justice, portée par un cœur brisé et restauré.
Un lecteur moderne peut comprendre « prendre plaisir » comme une préférence personnelle, un goût ou une satisfaction émotionnelle. Dans le Psaume 51, le verbe a une portée plus forte : il parle de ce que Dieu agrée dans le culte. Cette clarification est importante, car le passage pourrait être mal lu. Certains pourraient conclure que les rites, les sacrifices ou les formes d’adoration n’ont aucune valeur. D’autres pourraient penser qu’un acte religieux suffit à obtenir la faveur divine. Le psaume corrige les deux erreurs. Dieu ne prend pas plaisir au sacrifice quand il sert à contourner un cœur brisé ; mais il prendra plaisir aux sacrifices de justice dans une restauration juste. Pour la prédication, le mot permet de parler du culte sans moralisme ni anti-ritualisme. Ce qui plaît à Dieu n’est pas l’intensité visible, le coût de l’offrande ou la beauté de la forme en elle-même. Ce qui compte, c’est l’accord entre le cœur, la justice et l’adoration. Le verbe aide aussi à interroger nos pratiques modernes : chants, dons, services, paroles publiques peuvent être justes ou devenir des écrans. « Prendre plaisir » rappelle que Dieu regarde la vérité de ce qui lui est présenté.
Ce que Dieu agrée ou refuse dans le culte : rite vide ou adoration restaurée.
Dans le Psaume 51, ḥāp̄ēṣ apparaît d’abord négativement à propos des sacrifices, puis positivement à propos des sacrifices de justice. Le co-texte montre que Dieu agrée le culte quand il correspond à un cœur brisé et restauré.
Ne pas comprendre ce plaisir comme une préférence arbitraire. Ici, il est lié à la vérité du cœur et à la justice du culte.
Verbe qui exprime le plaisir, le désir, l’agrément ou la volonté favorable selon le contexte. Il peut parler de ce que Dieu veut ou reçoit avec faveur.
rejeter ; mépriser ; refuser ; ne pas agréer
prendre plaisir ; agréer ; vouloir ; recevoir favorablement
Goût personnel ; émotion divine capricieuse ; acceptation automatique d’un rite ; plaisir humain.
H2654
ḥā-fēṣ
ḥāp̄ēṣ
Option A : aimer ou préférer au sens général. Option B : agréer favorablement un acte cultuel. Le co-texte privilégie l’option B, car l’objet est le sacrifice ou l’holocauste. Le mot doit donc être lu dans la logique du culte accepté ou refusé par Dieu.
- Ps 51,18.21 — ḥāp̄ēṣ marque d’abord ce que Dieu ne reçoit pas quand le sacrifice remplace le cœur brisé, puis ce qu’il reçoit quand Sion est restaurée. La nuance est cultuelle : l’agrément de Dieu dépend de la vérité du cœur et de la justice du culte.
Registre cultuel et relationnel : le verbe indique ce que Dieu reçoit favorablement dans l’adoration. Dans le Psaume 51, il organise le contraste entre rite insuffisant et culte restauré.
Le Psaume 51 montre que Dieu ne prend pas plaisir à un rite qui remplace la repentance, mais qu’il agrée un culte restauré.
Prendre plaisir / agréer