Puits; cavité profonde (réservoir d’eau)
φρέαρ désigne un puits profond, un creux dont on tire quelque chose (souvent de l’eau). Dans Jn 4, la logique du dialogue est construite sur ce mot : la femme parle du puits profond et du moyen de puiser; Jésus parle d’un don supérieur (eau vive) qui n’est pas limité par la profondeur du puits. Le grec permet ainsi un contraste : ressource limitée, à puiser sans cesse, vs don qui devient source intérieure. Dans un registre apocalyptique (Ap 9), le même mot peut désigner une fosse d’où sort une fumée : la logique devient alors jugement/affliction. Le mot fonctionne donc comme “lieu-source” : ce qui sort du puits (eau ou fumée) détermine la scène. Ainsi, φρέαρ sert à ancrer le récit dans un réel concret (profondeur, besoin, accès) tout en permettant une montée vers un sens plus profond selon le co-texte.
Dans l’arrière-plan biblique, l’eau est un don vital de Dieu et le puits représente la dépendance : on reçoit pour vivre. Les récits de l’AT associent parfois des rencontres décisives aux puits (voyages, alliances, mariages), ce qui donne au lieu une tonalité de providence et de rendez-vous. Le puits évoque aussi une distinction biblique : eau stagnante (citerne) vs eau vive (source), utilisée comme image de la relation à Dieu. Dans Jn 4, cette sensibilité aide à entendre le contraste : une eau qui soutient temporairement vs une eau que Dieu donne pour la vie véritable. Et dans les images de jugement, une “fosse” profonde peut évoquer le shéol, la profondeur, la détresse. L’image dominante est donc : profondeur/besoin → don de Dieu (ou jugement) selon le contexte.
On peut lire “puits” comme un simple décor. Dans plusieurs passages, le puits sert de point d’appui : il met en scène un besoin réel (eau) et ouvre un dialogue sur un don plus profond (Jn 4). Clarification : le mot peut aussi, dans l’Apocalypse, désigner une fosse d’où sort un jugement — le contexte décide. Le contresens est de plaquer un symbolisme unique partout. Mais il serait aussi dommage de réduire Jn 4 à de la logistique : Jésus se sert du puits pour révéler l’eau vive. Le mot aide donc à lire le récit en deux niveaux : concret (besoin, profondeur) et, quand le texte le fait, spirituel (don de Dieu).
Nom : puits/cavité profonde (souvent pour l’eau). Sert dans les récits à situer un lieu de besoin, d’attente ou de rencontre (Jn 4 : puits de Jacob).
Dans Lc 14,5, φρέαρ désigne un puits/une cavité où un fils ou un animal peut tomber : Jésus l’utilise pour montrer qu’on secourt même le sabbat, donc la guérison est cohérente.
Toujours vérifier le co-texte : puits d’eau (quotidien) vs fosse de jugement (apocalyptique). Ne pas imposer un symbolisme “eau vive” quand le passage n’y va pas; et inversement ne pas réduire Jn 4 à de la logistique : Jésus utilise le puits pour révéler un don plus profond.
Peut désigner un puits (Jn 4) ou une fosse profonde (Ap 9). Sert de décor concret et, parfois, de support à une révélation (eau vive).
source jaillissante; eau courante (image)
puits; citerne; fosse (selon contexte)
πηγή (source) ; κρήνη (fontaine) ; ἄβυσσος (abîme) : le registre et le contexte diffèrent.
puits
Jn 4,11–12; Ap 9,1–2
G5421
phrear — « frè-ar » (approx.)
phrear
Lc 14,5 : ‘puits’ = situation d’urgence (tomber dans un puits) utilisée par Jésus pour un raisonnement a fortiori; ce n’est pas ici le registre ‘eau vive’ de Jn 4, mais l’image de secours immédiat.
Registre hydraulique et quotidien : cavité profonde d’où l’on tire de l’eau. Dans les récits bibliques, le puits est aussi un lieu de rencontre et de dépendance (eau, survie), parfois chargé d’une dimension symbolique (eau vive, promesse).